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CHAPELLE DU CHATEAU DE FRESCATI
468. Lettre de Gerbier à R. de Cotte. De Rennes, le 24 janvier 1716 [II] (833).
Il expose son projet de restauration et de reconstruction de l'église et, en même temps, attaque violemment celui de son con- frère Huguet qu'il accuse de mauvais procédés et d'indélicatesses.
Chapelle du château de Frescati {près Met%).
469. Lettre de René Chauveau à R. de Cotte. De Metz, le 14 juillet 1716 [II] (702).
Il lui envoie le plan de la chapelle du château construit par l'évêque de Metz, lui indique l'état des travaux et les critiques qu'en fait l'évêque : trop grosse épaisseur des murs, trop petite dimension des vitraux. Il essaye de les réduire à néant. L'évêque a choisi comme dessus d'autel un bas-relief dont Chauveau a fait le modèle. Enfin il expose différents détails de son plan.
Plans 686. Plan général du château de Frescati, appartenant à M. l'évêque de Metz.— 687-688. Plan du rez-de-chaussée et premier étage dudit château. — 689. Autre plan dudit château et cours. — 690. Elévation de la façade des basses cours. — 691-692. Deux plans de la chapelle dudit château. — 693-694. Élévation de la façade de ladite chapelle et de la porte d'entrée. — 695. Élévation d'un des côtés de ladite chapelle. — 696. Coupe de ladite chapelle et élévation de l'autel. — 697. Coupe idem et élévation de la porte d'entrée. — 698. Coupe de ladite chapelle sur sa longueur. — 699-700. Deux dessins, savoir un de fron- ton, l'autre de dessus de porte.
Notes. René Chauveau est le frère d'Evrard Chauveau. On trouvera des détails sur sa vie et sur ses travaux à Frescati dans la Vie de François Chauveau et de ses deux fils, Evrard, peintre, et René, sculpteur, par Papillon, rééditée par Arnauldet, Chéron, Montaiglon, 1854, p. 34. — Frescati est sur la rive gauche de la Moselle, à six kilomètres de Metz, commune de Moulins-lès-Metz. C'est en 1709 que M. de Coislin le fît commencer, pour donner du travail aux pauvres. Don Sébastien Dieudonné en dit, dans un mémoire manuscrit sur Metz : « Le château et les jardins de Frescati ont coûté plus de douze cent mille livres à Coislin. Le château fut bâti sous l'appareil du sieur Louis le père, l'orangerie et la basse cour par Louis fils. » Il y a aux archives de Metz un devis concernant le château. Le parc était très riche en sculptures. Le château a été complètement démoli en 1802 et reconstruit. — Le bas-relief dont il est question dans cette pièce est dessiné sur le plan n° 696.
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470. Mémoire des ouvrages de peinture sur verre faits pour la chapelle de Monseigneur l'évêque de Metz, duc de Coislin, pair de France, par Audran et Michu, peintres sur verre ordinaires du roi. — Lesdits ouvrages emballés et mis au coche de Metz, à l'adresse de mondit seigneur, le 6 février 1717 (IIJ (.702).
Il s'agit d'armes et d'armoiries peintes sur verre, dont le total
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Note. Audran est Claude Audran, le décorateur, peintre d'arabesques, qui fut le maître de Watteau. Il est probable qu'il donna les modèles et que Michu les exécuta. Michu ou Micheu était peintre verrier : il travailla aux bordures de vitraux des Invalides.
471. Extrait du mémoire de Monseigneur de Metz et de la modération par M. de Cotte [II] (.702).
Il s'agit encore de dessins d'armes et d'écussons, sans doute sur verre. Le mémoire, de 441 1. 5 s., est modéré par de Cotte à 264 1. 5 s.
472. Lettre de l'évêque de Metz à Robert de Cotte. De Metz, le 12 juillet 1717 [IIJ (.702).
Il lui envoie le mémoire de Chauveau qu'il trouve très exagéré. De Cotte avait réglé à 1.500 1. son travail pour la chapelle. Il n'a fait en plus que le tableau en stuc de l'autel, qui ne vaut pas plus de 500 1. et de petites besognes tort peu importantes. Il demande 600 1. pour un travail de huit jours. Il a été logé, chauffé pendant séjour et a eu un garçon à sa disposition. Il faut tenir compte de cela dans le règlement.
.Y .,■ Papillon écrit dans sa Notice sur Chauveau du Dictionnaire de Moréri, t. III. p. 588 : « ... M. l'évêque de Metz, qui le payait par bourse sans faire de marché prétïx, demanda a deux différentes fois a Chauveau combien il voulait gagner par jour. L'habile sculpteur, choqué d'une question qui répondait si peu a la manière dont ceux qui avaient coutume Je l'employer récompensaient ses talents, quitta l'ouvrage et le château »
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468. Lettre de Gerbier à R. de Cotte. De Rennes, le 24 janvier 1716 [II] (833).
Il expose son projet de restauration et de reconstruction de l'église et, en même temps, attaque violemment celui de son con- frère Huguet qu'il accuse de mauvais procédés et d'indélicatesses.
Chapelle du château de Frescati (près Met^).
469. Lettre de René Chauveau à R. de Cotte. De Metz, le 14 juillet 1716
[II] (702).
Il lui envoie le plan de la chapelle du château construit par l'évêque de Metz, lui indique l'état des travaux et les critiques qu'en fait l'évêque : trop grosse épaisseur des murs, trop petite dimension des vitraux. Il essaye de les réduire à néant. L'évêque a choisi comme dessus d'autel un bas-relief dont Chauveau a fait le modèle. Enfin il expose différents détails de son plan.
Plans 686. Plan général du château de Frescati, appartenant à M. l'évêque de Metz. — 687-688. Plan du rez-de-chaussée et premier étage dudit château. — 689. Autre plan dudit château et cours. — 690. Elévation de la façade des basses cours. — 691-692. Deux plans de la chapelle dudit château. — 693-694. Élévation de la façade de ladite chapelle et de la porte d'entrée. — 695. Élévation d'un des côtés de ladite chapelle. — 696. Coupe de ladite chapelle et élévation de l'autel. — 697. Coupe idem et élévation de la porte d'entrée. — 698. Coupe de ladite chapelle sur sa longueur. — 699-700. Deux dessins, savoir un de fron- ton, l'autre de dessus de porte.
Notes. René Chauveau est le frère d'Evrard Chauveau. On trouvera des détails sur sa vie et sur ses travaux à Frescati dans la Vie de François Chauveau et de ses deux fils, Evrard, peintre, et René, sculpteur, par Papillon, rééditée par Arnauldet, Chéron, Montaiglon, 1854, p. 34. — Frescati est sur la rive gauche de la Moselle, à six kilomètres de Metz, commune de Moulins-lès-Metz. C'est en 1709 que M. de Coislin le fit commencer, pour donner du travail aux pauvres. Don Sébastien Dieudonné en dit, dans un mémoire manuscrit sur Metz : « Le château et les jardins de Frescati ont coûté plus de douze cent mille livres à Coislin. Le château fut bâti sous l'appareil du sieur Louis le père, l'orangerie et la basse cour par Louis fils. » Il y a aux archives de Metz un devis concernant le château. Le parc était très riche en sculptures. Le château a été complètement démoli en 1802 et reconstruit. — Le bas-relief dont il est question dans cette pièce est dessiné sur le plan n° 696.
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468. Lettre de Gerbier à R. de Cotte. De Rennes, le 24 janvier 1716 [II] (833).
Il expose son projet de restauration et de reconstruction de l'église et, en même temps, attaque violemment celui de son con- frère Huguet qu'il accuse de mauvais procédés et d'indélicatesses.
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469. Lettre de René Chauveau à R. de Cotte. De Metz, le 14 juillet 1716 [II] (702).
Il lui envoie le plan de la chapelle du château construit par l'évêque de Metz, lui indique l'état des travaux et les critiques qu'en fait l'évêque : trop grosse épaisseur des murs, trop petite dimension des vitraux. Il essaye de les réduire à néant. L'évêque a choisi comme dessus d'autel un bas-relief dont Chauveau a fait le modèle. Enfin il expose différents détails de son plan.
Pîatis 686. Plan général du château de Frescati, appartenant à M. l'évêque de Metz. — 687-688. Plan du rez-de-chaussée et premier étage dudit château. — 689. Autre plan dudit château et cours. — 690. Elévation de la façade des basses cours. — 691-692. Deux plans de la chapelle dudit château. — 693-694. Elévation de la façade de ladite chapelle et de la porte d'entrée. — 695. Élévation d'un des côtés de ladite chapelle. — 696. Coupe de ladite chapelle et élévation de l'autel. — 697. Coupe idem et élévation de la porte d'entrée. — 698. Coupe de ladite chapelle sur sa longueur. — 699-700. Deux dessins, savoir un de fron- ton, l'autre de dessus de porte.
Notes. René Chauveau est le frère d'Evrard Chauveau. On trouvera des détails sur sa vie et sur ses travaux à Frescati dans la Vie de François Chauveau et de ses deux fils, Evrard, peintre, et René, sculpteur, par Papillon, rééditée par Arnauldet, Chéron, Montaiglon, 1854, p. 34. — Frescati est sur la rive gauche de la Moselle, à six kilomètres de Metz, commune de Moulins-lès-Metz. C'est en 1709 que M. de Coislin le fit commencer, pour donner du travail aux pauvres. Don Sébastien Dieudonné en dit, dans un mémoire manuscrit sur Metz : « Le château et les jardins de Frescati ont coûté plus de douze cent mille livres à Coislin. Le château fut bâti sous l'appareil du sieur Louis le père, l'orangerie et la basse cour par Louis fils. » Il y a aux archives de Metz un devis concernant le château. Le parc était très riche en sculptures. Le château a été complètement démoli en 1802 et reconstruit. — Le bas-relief dont il est question dans cette pièce est dessiné sur le plan n° 696.
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468. Lettre de Gerbier à R. de Cotte. De Rennes, le 24 janvier 1716 [II] (833).
Il expose son projet de restauration et de reconstruction de l'église et, en même temps, attaque violemment celui de son con- frère Huguet qu'il accuse de mauvais procédés et d'indélicatesses.
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Chapelle du château de Frescati (près Met^).
469. Lettre de René Chauveau à R. de Cotte. De Metz, le 14 juillet 1716 [II] (702).
Il lui envoie le plan de la chapelle du château construit par l'évêque de Metz, lui indique l'état des travaux et les critiques qu'en fait l'évêque : trop grosse épaisseur des murs, trop petite dimension des vitraux. Il essaye de les réduire à néant. L'évêque a choisi comme dessus d'autel un bas-relief dont Chauveau a fait le modèle. Enfin il expose différents détails de son plan.
Plans 686. Plan général du château de Frescati, appartenant à M. l'évêque de Metz. — 687-688. Plan du rez-de-chaussée et premier étage dudit château. — 689. Autre plan dudit château et cours. — 690. Elévation de la façade des basses cours. — 691-692. Deux plans de la chapelle dudit château. — 693-694. Elévation de la façade de ladite chapelle et de la porte d'entrée. — 695. Élévation d'un des côtés de ladite chapelle. — 696. Coupe de ladite chapelle et élévation de l'autel. — 697. Coupe idem et élévation de la porte d'entrée. — 698. Coupe de ladite chapelle sur sa longueur. — 699-700. Deux dessins, savoir un de fron- ton, l'autre de dessus de porte.
Notes. René Chauveau est le frère d'Evrard Chauveau. On trouvera des détails sur sa vie et sur ses travaux à Frescati dans la Vie de François Chauveau et de ses deux fils, Evrard, peintre, et René, sculpteur, par Papillon, rééditée par Arnauldet, Chéron, Montaiglon, 1854, p. 34. — Frescati est sur la rive gauche de la Moselle, à six kilomètres de Metz, commune de Moulins-lès-Metz. C'est en 1709 que M. de Coislin le fit commencer, pour donner du travail aux pauvres. Don Sébastien Dieudonné en dit, dans un mémoire manuscrit sur Metz : « Le château et les jardins de Frescati ont coûté plus de douze cent mille livres à Coislin. Le château fut bâti sous l'appareil du sieur Louis le père, l'orangerie et la basse cour par Louis fils. » Il y a aux archives de Metz un devis concernant le château. Le parc était très riche en sculptures. Le château a été complètement démoli en 1802 et reconstruit. — Le bas-relief dont il est question dans cette pièce est dessiné sur le plan n° 696.
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470. Mémoire des ouvrages de peinture sur verre faits pour la chapelle de Monseigneur l'évêque de Metz, duc de Coislin, pair de France, par Audran et Michu, peintres sur verre ordinaires du roi. — Lesdits ouvrages emballés et mis au coche de Metz, à l'adresse de mondit seigneur, le 6 février 1717 [II] (702).
Il s'agit d'armes et d'armoiries peintes sur verre, dont le total s'élève à 44 1.
Note. Audran est Claude Audran, le décorateur, peintre d'arabesques, qui fut le maître de Watteau. Il est probable qu'il donna les modèles et que Michu les exécuta. Michu ou Micheu était peintre verrier : il travailla aux bordures de vitraux des Invalides.
471. Extrait du mémoire de Monseigneur de Metz et de la modération par M. de Cotte [II] (702).
Il s'agit encore de dessins d'armes et d'écussons, sans doute sur verre. Le mémoire, de 441 1. 5 s., est modéré par de Cotte à 264 1. 5 s.
472. Lettre de l'évêque de Metz à Robert de Cotte. De Metz, le 12 juillet 1717 [II] (702).
Il lui envoie le mémoire de Chauveau qu'il trouve très exagéré. De Cotte avait réglé à 1.500 1. son travail pour la chapelle. Il n'a fait en plus que le tableau en stuc de l'autel, qui ne vaut pas plus de 500 1. et de petites besognes fort peu importantes. Il demande 600 1. pour un travail de huit jours. Il a été logé, chauffé pendant son séjour et a eu un garçon à sa disposition. Il faut tenir compte de cela dans le règlement.
Note Papillon écrit dans sa Notice sur Chauveau du Dictionnaire de Moréri, t. III, p. 588 : « ... M. l'évêque de Metz, qui le payait par bourse sans faire de marché préfix, demanda à deux différentes fois à Chauveau combien il voulait gagner par jour. L'habile sculpteur, choqué d'une question qui répondait si peu à la manière dont ceux qui avaient coutume de l'employer récompensaient ses talents, quitta l'ouvrage et le château »
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INVENTAIRE
DES
PAPIERS DE ROBERT DE COTTE
ET DE
JULES-ROBERT DE COTTE
MAÇON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS.
DOCUMENTS RELATIFS A L'HISTOIRE DE L'ARCHITECTURE FRANÇAISE
INVENTAIRE
DES PAPIERS MANUSCRITS N
DU CABINET DE
ROBERT DE COTTE
PREMIER ARCHITECTE DU ROI (1656-1735)
ET DE
JULES-ROBERT DE COTTE
(1685-1767)
CONSERVÉS A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE PAR
Pierre MARCEL
PARIS HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR
5, QUAI MALAQUAIS 1906
A Monsieur Henri BOUCHOT
HOMMAGE DE RESPECTUEUSE SYMPATHIE
Pierre MARCEL
INTRODUCTION
L'histoire de l'architecture en France n'est bien connue que jusqu'à la fin du xvie siècle. Trop occupés à combattre la Renaissance au profit du Moyen Age, les historiens, les esthéticiens et les critiques du xixe siècle n'ont pas eu le temps d'étudier le xvne et le xvme siècle. Ils ont constaté la survivance de la tradition gréco-latine, et ils se sont désin- téressés des hommes et des œuvres. Ils ont été logiques avec eux-mêmes d'ailleurs : s'ils méprisaient les hommes de la Renaissance, ilsdevaient mépriser leurs successeurs. Aucune révolution, en effet, n'a profondément modifié l'art architectu- ral du xvie siècle à nos jours; notre système constructif est encore celui de Philibert de L'Orme, et les ordres forment toujours le fondement de notre décoration. Les transforma- tions, dans le style, se sont produites lentement, par une évolution à peine sensible, et elles n'affectent guère que la distribution intérieure et le détail de la décoration.
Un édifice bâti sous le règne de Louis XIV ne peut être confondu, cependant, avec une construction du xvie siècle. Les architectes des deux époques partent des mêmes prin- cipes et, à ne considérer que leur idéal artistique, ils tendent au même but; mais les contemporains de Louis XIV adaptent les formes traditionnelles à des conditions de vie nouvelles. Ils sont directement, étroitement soumis au
VIII INTRODUCTION
souverain. Louis XIV entend faire participer à sa poli- tique et travailler à l'éclat de son règne toutes les activités sociales, y compris l'art; il n'aime que les hommes qui remplissent ce dessein ; il ne goûte que les œuvres qui proclament la majesté de sa personne ou l'étendue de son pouvoir. Son goût, son idéal — si l'on ose dire — s'im- posent aux nobles qui vivent autour de lui, de ses largesses; chacun, dans la mesure de son autorité et de ses moyens, s'efforce d'imiter le Maître ; la mode s'impose de vivre sans cesse en représentation; l'intimité, la vie familiale dispa- raissent; on cache son âme, on rougit de ses sentiments; on a honte d'aimer et de souffrir : une implacable impassi- bilité domine la vie quotidienne. La peinture et la sculpture traduisent alors le goût général dans des allégories ennuyeuses, et les architectes négligent, dans leurs plans, les appartements privés, pour les pièces d'apparat. Le palais ou l'hôtel sont essentiellement composés d'une enfilade de pièces de réception, sans destination précise, aboutissant toutes au salon d'honneur, plus grand, plus somptueuse- ment décoré que les autres salons, cadre admirable pour le roi, les jours d'audience, pour les grands, les soirs de récep- tion. Les appartements sont relégués dans les angles ; les pièces qui les composent sont généralement basses, souvent petites, et, pour les atteindre, il faut presque toujours tra- verser l'enfilade des salons : on y couche, on n'y habite pas. Mais un besoin d'intimité, d'autant plus vif qu'il est con- trarié, se manifeste soudain dans la société, au milieu de l'exaspération de majesté qui marque la fin du règne. Toute la jeune génération se révolte contre la rigueur du proto- cole, et elle trouve un chef dans la famille royale môme. En haine de Mme de Maintenon et des légitimés, le duc de Chartres, bientôt duc d'Orléans, et plus tard Régent, combat
INTRODUCTION IX
tous les goûts du roi, son oncle. Sa politique se trouve être en harmonie avec les aspirations de ses contemporains, et il groupe autour de lui, au Palais-Royal, tous les jeunes seigneurs qui ne s'accommodent plus de l'étiquette suran- née.
Nous avons essayé de montrer, ailleurs, que l'école de peinture traverse alors une des crises capitales de son his- toire : les peintres abandonnent les allégories pompeuses, les mythologies héroïques pour les anecdotes gracieuses et les mythologies galantes; aux tableaux d'histoire, ils substi- tuent les tableaux de genre. L'architecture évolue dans le môme sens ; les longues enfilades de salles de réception dis- paraissent des palais et des hôtels ; les architectes donnent tous leurs soins aux appartements privés : ils ménagent des jolis boudoirs intimes, des petits salons discrets; ils ima- ginent des escaliers dérobés ; au lieu de se surmarcher, îeurs pièces deviennent indépendantes, et donnent toutes sur un couloir central.
L'évolution de l'architecture, au début du xvme siècle, a été signalée beaucoup plus tôt que celle de la peinture. Les tableaux sont trop abondants alors, et trop inégaux, pour permettre une analyse rapide ; les constructions sont assez rares, au contraire, pour que la différence de distribution soit sensible de l'une à l'autre. Dès 1765, Patte écrit dans ses Monuments érigés en France à la gloire de Louis XV : « A l'exemple des bâtiments antiques et de ceux de l'Italie, que « l'on prenoit pour modèles, les intérieurs étoient vastes et « sans commodité (au xvne siècle). Cétoient des salons à « double étage, de spacieuses salles de compagnie, des « salles de festin immenses, des galeries à perte de vue, des « escaliers d'une grandeur extraordinaire ; toutes ces pièces « étoient placées sans dégagement au bout les unes des
X INTRODUCTION
« autres; on étoitlogé uniquement pour représenter, et l'on « ignoroit l'art de se loger commodément et pour soi. « Toutes ces distributions agréables que l'on admire aujour- « d'hui dans nos hôtels modernes, qui dégagent les appar- « tements avec tant d'art, ces escaliers dérobés, toutes ces « commodités recherchées qui rendent le service des domes- « tiques si aisé, et qui font de nos demeures des séjours « délicieux et enchantés, n'ont été inventées que de nos « jours; ce fut au Palais-Bourbon, en 1722, qu'on en fit le « premier essai, qui a été imité, depuis, en tant de « manières '. »
La décoration traditionnelle ne convient plus à cette dis- tribution nouvelle. On n'imagine pas, dans les boudoirs galants et dans les salons intimes, les allégories héroïques peintes jadis aux plafonds, et les bas-reliefs massifs, sculptés aux cheminées des galeries. Les arabesques pompeuses, qui formaient un cadre parfait aux contemporains de Louis XIV, écraseraient les hommes de la Régence ; les guirlandes légères, les palmettes délicates, les rinceaux élé- gants qui courent autour de bois joliment amenuisés et dorés, ou de glaces, les remplacent bientôt 2 : « Ce change- « ment dans nos intérieurs, écrit Patte, fit aussi substituer « à la gravité des ornements dont on les surchargeoit, toutes « sortes de décorations de menuiserie, légères, pleines de « goût, variées de mille façons diverses... On supprima les « solives apparentes des planchers et on les revêtit de ces
1. Texte publié dans Dussieux, Les Artistes français à V étranger, 3e édition, 1876, in-8, p. 118.
2. Si profonde que soit la transformation qui s'accomplit alors, elle n'affecte, remarquons-le bien, ni l'appareil constructif, ni la forme des façades, ni la décora- tion extérieure essentielle. Le système constructif reste fondé sur la stabilité inerte ; les proportions des façades sont toujours simples ; les ordres forment encore le fondement de la décoration.
INTRODUCTION XI
« plafonds qui donnent tant de grâce aux appartements et « que l'on décore de frises et de toutes sortes d'ornements « agréables ; au lieu de ces tableaux et de ces énormes « bas-reliefs que l'on plaçoit sur les cheminées, on les a « décorées de glaces, qui, par leur répétition avec celles « qu'on leur oppose, forment des tableaux mouvants qui « grandissent et animent les appartements, et leur donnent « un air de gaieté et de magnificence qu'ils n'avoient pas \ »
Patte n'est pas le seul critique du xvme siècle à signaler la décoration nouvelle qu'imaginent les architectes, mais il est le seul, peut-être, à la comprendre et à l'aimer. Tous les autres, qui proscrivent cependant les demeures incom- modes de l'âge précédent, protestent contre les transforma- tions normales, nécessaires, que la distribution nouvelle impose à la décoration. Ainsi Caylus, dans son Eloge de Watteau prononcé à l'Académie, déplore que les arabesques, mises à la mode par Claude Audran, aient « fait détruire les « plafonds des appartements que les plus habiles peintres « avaient exécutés » et « que ce changement de mode, « auquel les ornements de plâtre ont succédé..., prive « encore tous les jours (les peintres) d'une occupation qui « [leur] permettoit d'emploïer leur talent dans le grand et « dans l'héroïque 2 » Et La Font de Saint-Yenne attribue ce qu'il appelle, et ce qu'il croit sincèrement être, la décadence de la peinture, à la mode des glaces et des vernis que tous les artistes ont adoptée 3.
Ce sont les successeurs directs de Jules-Hardouin Man- sart : Boffrand, Oppenordt, Leroux, Dorbay, Lassurance
i. Texte publié dans Dussieux, Les Artistes français à l'étranger, 1876, p. 118.
2. Ed. de Goncourt, L'Art du XVIIIe siècle, première série, p. 23.
3. La Font de Saint-Yenne, Réflexions sur quelques causes de l'état présent de la peinture en France, éd. de 1752, Paris, in-12, p. 200-201.
XII INTRODUCTION
père, Robert de Cotte, etc., qui condamnent la distribution et la décoration traditionnelles des édifices civils, et qui réalisent ce qu'on peut appeler le « style Régence », à con- dition de donner à ce terme un sens extrêmement large. Dans cette pléiade d'artistes, Robert de Cotte tient la pre- mière place.
Robert de Cotte est mieux connu que beaucoup de ses contemporains, quoique ni l'histoire de sa vie, ni celle de ses œuvres n'aient été sérieusement étudiées. Il descendait d'une famille d'architectes. Son grand-père était Frémin de Cotte, ingénieur au siège de La Rochelle et auteur d'un ouvrage : Explication briève et facile des cinq ordres d'architec- ture, dédié à Antoine de Mesmes. Les actes d'état civil de son père n'ont pas été retrouvés, mais Jal croit pouvoir affirmer — et avec raison, semble-t-il — que ce père était Charles de Cotte, architecte également, dont plusieurs actes men- tionnent le nom. Charles de Cotte eut un autre fils que Robert, Louis, admis à l'Académie d'architecture le 15 avril 1725, et mort en 1742 : Louis ne paraît pas avoir tenu une bien grande place dans la vie de son frère.
Robert de Cotte naquit vers 1656. Les jeunes artistes s'instruisaient encore volontiers dans l'atelier paternel au milieu du xvne siècle : Charles enseigna les premiers principes à son fils. Mais il eut le double mérite de dis- cerner les dispositions heureuses du jeune homme et de reconnaître son incapacité à les développer; aussi confia- t-il à Jules-Hardouin Mansart une éducation qu'il redoutait de ne pouvoir mener à bonne fin. Mansart était de dix ans à peine plus âgé que son élève, et ne portait pas encore le titre de Premier Architecte du Roi, (il ne l'obtiendra qu'en 1686), mais il occupait déjà une situation importante. Louis XIV l'avait remarqué comme il travaillait à l'hôtel de
INTRODUCTION XIII
Vendôme, sous les ordres de Libéral Bruand, et, dès 1672, il l'avait chargé de grandes constructions. De Cotte s'occupa d'abord obscurément sous les ordres de Mansart. Il ne semble pas avoir bâti sur ses propres plans avant 1681, date où il construisit l'église de Saint-Germain. Sa carrière officielle commence en 1685 ; les Comptes des Bâtiments le nomment, cette année-là, architecte du roi, avec un traitement de 2.400 1. Il portera ce titre pendant quinze ans, quinze ans d'apprentissage, semble-t-il, où ses œuvres personnelles sont encore rares. Mais, en 1700, il est spécialement chargé de la conduite du bureau des dessins, et il cumule les charges d'architecte et contrôleur de Paris, avec une pension de 9.000 1., et d'intendant et ordonnateur général des Bâtiments, au traitement de 4.500 1. En 1702, il reçoit des lettres de noblesse. Il est donc, dès cette époque, un des premiers dans sa profession, car le roi n'ennoblit que les hommes auxquels il réserve une place auprès de lui. En 1708, enfin, à la mort de Mansart, il hérite du poste de Premier Archi- tecte, avec un traitement supérieur à 25.000 1. Cette carrière heureuse dans les Bâtiments se double naturellement d'une carrière académique brillante. Dès 1687, de Cotte est direc- teur de l'Académie d'architecture; le 7 mars 1699, l'Acadé- mie de peinture et de sculpture le reçoit au titre de conseil- ler amateur, et le 30 juin 1704, elle le choisit comme vice- protecteur.
L'artisan de cette fortune rapide est évidemment Jules- Hardouin Mansart. De Cotte a trop peu construit encore en 1708 pour que ses œuvres personnelles aient assuré son succès. Il a presque uniquement travaillé sous les ordres de Mansart, dont il est l'adjoint officiel, dont il interprète les plans, et qu'il décharge des soucis d'exécution. C'est ainsi qu'il a conduit pour son maître les travaux de l'église des
XIV INTRODUCTION
Invalides et de la chapelle de Versailles, qu'il a surveillé l'exé- cution d'un premier projet du Vœu de Louis XIII à Notre- Dame et qu'il a fait le voyage de Lyon pour mettre au point les dessins de la place Louis-le-Grand... Implacable pour ses ennemis, Mansart est au contraire très fidèle à ses amis. S'il poursuit longtemps de son inimitié Noël Coypel, dont la renommée, presque rivale de la sienne, inquiète son orgueil, Louis Dorigny, dont le père s'est moqué jadis de François Mansart, et Joseph Parrocel, qui l'a fait arrêter un jour, par des exempts, en plein Versailles, il protège avec une sin- gulière constance le peintre Charles de La Fosse, il lui donne un appartement dans son hôtel, et tente — en vain d'ailleurs — de lui confier la décoration complète de l'église des Invalides et de la chapelle de Versailles. L'amitié qu'il porte à Robert de Cotte est aussi vive et plus efficace. Il assure à son élève une carrière brillante, et le fait entrer dans sa famille en lui donnant en mariage Catherine Bodin, sœur d'Anne Bodin, sa propre femme.
Les relations de Jules-Hardouin Mansart et de Robert de Cotte ne sont pas connues en détail ; mais on devine aisé- ment les qualités — et les défauts — de l'élève qui durent séduire le maître. Si de Cotte n'a fait preuve, dans aucune de ses constructions, du génie qu'en dépit de Saint-Simon il faut bien reconnaître à Mansart, il a souvent fait œuvre d'artiste agréable, et toujours de praticien expert : « Il était « doué, dit d'Argenville, d'une imagination facile, vive, et « réglée par un jugement sain et un travail assidu... On « trouverait dans ses ouvrages l'élégance jointe à l'exacti- « tude des règles dont les anciens nous ont laissé des « modèles "... » De plus, ses qualités d'homme étaient très
i. D'Argenville, Vie des fameux architectes, 1787, in-8, p. 417-418.
INTRODUCTION XV
séduisantes : dans son portrait, par Rigaud, ses traits sont fins, son regard intelligent et clair, son geste élégant, son costume très seyant. Beau causeur, il avait la répartie prompte et adroite : il se concilia l'amitié des plus grands seigneurs, qui le traitaient sur un pied d'égalité. Enfin il était fort audacieux et — ce qui dut surtout charmer Man- sart, spéculateur avisé, — fort adroit en affaires : il achetait sans cesse des terrains, faisait bâtir et revendait1. Plusieurs de ses spéculations nous sont connues en détail.
Les constructions originales de Robert de Cotte, presque toutes postérieures à la mort de Mansart, sont très nom- breuses. En combinant les renseignements donnés par Lance et par Bauchal dans leurs dictionnaires des archi- tectes français, et par M. Charles Lucas dans son article de la Grande Encyclopédie sur R. de Cotte, on en dresse une liste à peu près complète. On remarque d'abord — en con- sultant cette liste — que de Cotte a fort peu travaillé pour Louis XIV et pour Louis XV, quoiqu'il ait porté le titre de Premier Architecte pendant vingt-sept ans. Les Bâtiments royaux ne furent pas très actifs de son vivant : le duc d'An- tin s'en désintéressait, et les fonds manquaient souvent même pour entretenir les palais. A défaut d'édifices officiels, de Cotte construisit à Paris plusieurs hôtels pour des par- ticuliers, l'hôtel d'Estrée, rue de Grenelle-Saint-Germain, par exemple, l'hôtel de Lude, rue du Bac, l'hôtel de Meulan, près des Capucines, et l'hôtel de Bourbon-Condé, plus tard hôtel du Maine, qui réalise si parfaitement la distribution nouvelle qu'il sert encore aujourd'hui de type du style Régence.
i. Nous connaissons plusieurs des maisons qu'il posséda dans Paris et qu'il n'habita certainement jamais. Voy. Lefeuve, passim. Une de ses spéculations a été contée en détail par M. Ponsonhaile, La Maison de R. de Cotte, Réunions des Sociétés des Beaux-Arts des départements, 1901, p. 508.
XVI INTRODUCTION
Mais c'est en province et à l'étranger, surtout, que de Cotte travailla activement. En province, il dessina des plans pour trois évêchés, Châlons, Verdun, Strasbourg. A Orléans, il travailla à la reconstruction de la cathédrale et rebâtit l'église Bonne-Nouvelle. Le marquis de Grammont l'em- ploya à son château de Besançon, l'évêque de Metz à Fres- cati, la municipalité de Lyon à la décoration de la place
Bellecour A l'étranger, ses titres officiels lui donnaient
une grande autorité auprès des souverains, des seigneurs et des prélats qui faisaient bâtir, et qui, en Allemagne, en Espagne, en Italie même, recherchaient presque tous des architectes français au début du xvme siècle. L'électeur de Cologne lui confia la direction effective des travaux du palais de Bonn et lui demanda des plans pour ses maisons de Brûhl, de Poppelsdorf, de Godesberg, et pour le sémi- naire archiépiscopal de Cologne. Le prince de La Tour et Taxis, l'électeur de Bavière, le comte de Zinzendorf peut-être, l'occupèrent également. Il travailla pour le palais royal, pour le Buen Retiro de Madrid, et Victor-Amédée II de Savoie lui soumit les plans de reconstruction du château de la Vénerie, et de restauration du château de Rivoli.
Plusieurs de ces œuvres — peu relativement — ont été étudiées, mais l'histoire de Robert de Cotte lui-même a rarement profité des monographies qui ont été consacrées à ses travaux, aussi la vie de l'architecte, sauf sa vie officielle, est très mal connue. Nous avons, au contraire, quelques détails précis sur sa mort. Un acte de décès, publié par M. Herluison \ nous apprend qu'il mourut le 14 juillet 1735, à Passy, et qu'il fut enterré, le 16 juillet, dans une chapelle de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Ses deux fils, Jules-
1. H. Herluison, Actes d'état civil d'artistes français, Orléans, 1873, iri-8, p. 89.
INTRODUCTION XVII
Robert et Jean-Armand, et son petit-fils, Julien-François de Cotte, assistèrent aux obsèques, et signèrent sur le registre de la paroisse. Les Extraits du Journal desreligieux Barnabites des- servant ïéglise de Passy1 nous indiquent, de plus, que les moines veillèrent le corps, nuit et jour, dans l'espoir d'une gratification, et qu'ils le transportèrent eux-mêmes à Saint- Germain-l'Auxerrois, le 16 juillet, à huit heures du soir.
Des parents qui signèrent aux obsèques, retenons seule- ment ici Jules-Robert de Cotte, qui suivit la tradition fami- liale et se consacra à l'architecture \ Contrôleur des Bâti- ments du roi d'abord, et, à ce titre, directeur des Gobelins, Jules-Robert fut nommé, le 25 janvier 17 10, conseiller ama- teur de l'Académie de peinture. En 171 1, il entra à l'Aca- démie d'architecture, et, à la mort de son père, prit le titre d'intendant général des Bâtiments du roi. Il fut aussi direc- teur des Monnaies et Médailles. D'Argenville juge très sévèrement son œuvre : « Il présida à l'exécution des plans « du Château d'eau, du portail de la Charité et de celui de « Saint-Roch, dit-il. Sans doute que si notre architecte « (Robert de Cotte le père) eut lui-même conduit ces « ouvrages, on ne verroit pas, dans le premier, l'ordre « dorique associé avec le rustique; dans le second, des pro-
1. Publiés dans le Bulletin de la Société historique d'Auteuil et de Passy, t. 1 (1892 94), p. 194.
2. On possède quelques renseignements sur la descendance de R. de Cotte. Son second fils, Jean-Armand, fut prêtre, docteur en Sorbonne, chanoine de l'église de Paris, abbé des abbayes de Saint-Seurin et de Lonlay, et grand vicaire de l'évê- ché de Verdun. Une fille de R. de Cotte épousa le procureur général Gilbert des Voisins. — Jules-Robert eut au moins deux enfants : un fils, Julien-François, et une fille, Catherine-Suzanne, qui épousa Etienne Le Peletier. Le président de Cotte était-il de la famille de l'architecte ? En tous cas, il s'intéressait à l'architecture puisque Natoire écrit à Antoine Duchêne : « Vous pourrez voir chez M. de Cotte, le président, les derniers volumes de Piranèse où il a traité la manière dont con- struisaient les anciens Romains. » Archives de l'Art français, t. II, p. 298 : Corres- pondance de Natoire avec Duchêne.
Inventaire de R. de Cette. b
XVIII INTRODUCTION
« portions altérées, une ordonnance négligée et des orne- ce ments contraires au caractère de la chose; dans le troi- « sième enfin, un ordre dorique employé avec tant de « négligence que sans les ornements de son entablement on « le prendrait pour un ordre corinthien, et un corinthien « aussi pauvre que mal exécuté, le tout accompagné d'or- « nements mesquins et d'une distribution peu heureuse '. » Jules-Robert de Cotte paraît avoir été, en effet, un très médiocre artiste. Il n'imagina aucune œuvre originale et compromit les constructions auxquelles il collabora. S'il n'avait occupé, grâce au crédit de son père, des charges officielles importantes, son nom serait sans doute tout à fait oublié.
Puisque Robert de Cotte est un des apôtres de la distri- bution nouvelle des appartements au début du xvme siècle, et qu'il contribua grandement aussi au rajeunissement de la décoration, en mettant les glaces à la mode dans les salons et dans les boudoirs 2, une étude approfondie de sa vie et de son œuvre apportera certainement une contribution importante à l'histoire de l'architecture française. Un des éléments essentiels de cette étude sera la mise en œuvre méthodique, la consultation minutieuse des Papiers du cabinet de l'architecte conservés à la Bibliothèque natio- nale, et dont nous donnons ici l'inventaire.
Ce fonds précieux a été acheté, en 1811, par l'Etat, à la famille de Cotte, non à la mort de Jules-Robert, comme le croyait Duplessis 3 — Jules-Robert était mort depuis, en 1 767,
1. D'Argenville, Vie des fameux architectes, 1787, in-8, p. 419.
2. D'Argenville et Patte lui attribuent tous deux cette innovation.
3. Ga\ette des Beaux-Arts, 1™ partie, t. VII, p. 140. G. Duplessis, Le Cabinet du roi, son origine et ses dévelobpements successifs.
INTRODUCTION XIX
— mais, sans doute, à celle de son fils Julien-François. Il est composé de documents manuscrits, de quelques pièces imprimées, de plans et de croquis \ L'ensemble fut d'abord attribué au Cabinet des Estampes, mais le respect des fonds n'était pas la première vertu des bibliothécaires au début du xixe siècle, et, dès 1815, la collection fut dispersée. Tandis qu'une partie des manuscrits — la plus importante — res- tait avec les dessins et les plans au Cabinet des Estampes, l'autre était envoyée au département des Manuscrits, et un certain nombre d'imprimés passait au département des Imprimés. Cette distribution, absolument arbitraire en apparence, sembla sans doute rigoureusement logique aux bibliothécaires et aux archivistes contemporains. En prin- cipe, dans leur pensée, les plans et les croquis seuls devaient rester au Cabinet des Estampes, tandis que tous les manu- scrits et tous les imprimés entreraient dans leurs départe- ments normaux. Mais ils prirent la peine de parcourir les documents, et s'aperçurent que presque tous les plans devenaient incompréhensibles si on les séparait des manu- scrits annexes, et que bien des manuscrits étaient avant tout des commentaires des plans. Ils se résignèrent alors à laisser aux Estampes les papiers, manuscrits ou imprimés, qui parurent utiles à l'explication des plans. Malheureusement leur lecture avait été hâtive, leur choix fut arbitraire; ils commirent de grosses erreurs et séparèrent des pièces qui se complétaient : une partie des papiers relatifs à l'évêché de Verdun, par exemple, resta au Cabinet des Estampes, l'autre passa aux Manuscrits.
Non contents de disperser les documents d'archives, ils éparpillèrent encore les croquis et les plans. S'ils firent grâce
1 . On y trouve aussi de très rares estampes.
XX INTRODUCTION
à quelques recueils tels que le Dôme des Invalides, les Eglises d'Italie, le Buen Retiro de Bonn, etc., dont l'intérêt cependant eût dû les mettre en garde contre les fautes qu'ils allaient commettre, ils classèrent la plupart des pièces dans la collec- tion Topographie, où il est souvent difficile, parfois impos- sible, de les retrouver.
Voici comment se répartissent actuellement les papiers du fonds de Cotte à la Bibliothèque nationale. Le Cabinet des Estampes possède six cartons de manuscrits, petit in- folio, reliés en rouge, portés au catalogue sous le titre : Devis, mémoires, etc., relatifs aux travaux de R. de Cotte, et cotés : Hd 135 à Hd 135e ; les recueils de plans et de dessins suivants : Architecture (Ha 18, in-folio), Architecture du palais de Bonn (Ha 19, in-folio), Buen Retira (Ha 20, cart. max.), Dôme des Invalides (Hc 14 et Hc 14a, 2 vol. cart. max.), Églises d'Italie (Vf 7 in-folio), Etudes et dessins d'architecture (Hd 11, in-folio); enfin des centaines de plans et de croquis répartis dans la Topographie1. Au département des Manu- scrits, on trouve d'abord deux recueils reliés, in-folio, (fr. 7801 et 9447), exclusivement composés de papiers divers provenant du fonds de Cotte, puis deux petits carnets in-8 (fr. 14663-14664), consacrés au voyage d'Italie accom- pli par l'architecte 2. Enfin, nous avons retrouvé tout récem- ment aux archives de l'Administration de la Bibliothèque, deux petits in-folio consacrés à l'hôtel de Xevers et à la Bibliothèque royale, conservés jusqu'en 1862 au Cabinet des Estampes, et qui n'étaient plus portés sur aucun inventaire.
1. Quelques pièces manuscrites ont été classées également dans la Topographie, parce qu'elles commentaient très exactement un plan, ou parce qu'elles étaient écrites sur la feuille même d'un plan.
2. La lettre de R. de Cotte, conservée aux Manuscrits dans le recueil du fonds français n° 3291, n'est pas entrée à la Bibliothèque avec les papiers de R. de Cotte.
INTRODUCTION XXI
Les papiers remis aux Imprimés en 1815 sont les moins importants de la collection : ils font presque toujours double emploi avec des pièces conservées dans d'autres séries de la Bibliothèque.
Tous les plans, croquis et groupes de papiers manuscrits ou imprimés du cabinet de Cotte ont été inventoriés — avant leur entrée à la Bibliothèque, sans doute, — dans un registre petit in-folio, relié en vélin blanc : Inventaire manuscrit des papiers et dessins de R. de Cotte, que l'on peut consulter au Cabinet des Estampes (Ye 36). C'est ce répertoire, si som- maire soit-il pour les manuscrits, qui a permis à quelques chercheurs de mettre le fonds à contribution, au xixe siècle. Chaque pièce — ou groupe de pièces, — y est accom- pagnée de deux numéros, l'un à l'encre noire, l'autre à l'encre rouge. Le premier n'a plus aucune valeur : il se réfé- rait à un classement des papiers en trente-six portefeuilles, antérieur à 181 1 ; le second, au contraire, est très important. Reporté sur les plans, sur les croquis sur la première feuille, au moins, de toutes les liasses de documents manuscrits ou imprimés, il signe toutes les pièces de la Bibliothèque Nationale provenant du cabinet de R. de Cotte. C'est grâce à lui que les plans dispersés dans la Topographie peuvent être souvent encore identifiés.
Les érudits du xixe siècle n'ont tiré en réalité qu'un assez médiocre profit des papiers de Robert de Cotte. Duplessis cependant signalait déjà l'intérêt de la collection dans un article sur le Cabinet des Estampes ', et Destailleur, quelques années plus tard, l'analysait dans ses Notices sur quelques artistes français2. Destailleur a donné un premier
1. Galette des Beaux- Arts, ire partie, t. VII, p. 140.
2. Destailleur, Notices sur quelques artistes français, Paris, 1863, in-8, p. 2i2etsuiv.
XXII INTRODUCTION
essai d'inventaire que je tiens à signaler ici. Il énumère les principales liasses de manuscrits conservées aux Estampes dans les cartons Hd 135 à Hd 1 35e ; il analyse les princi- paux recueils de plans ; c'est grâce à ses indications que nous avons pu retrouver les papiers relatifs à l'hôtel de Nevers dont nous parlions tout à l'heure ; mais il ignore, ou il néglige, tous les papiers conservés au Cabinet des Manu- scrits.
De tous les érudits français du xixe siècle, c'est Dussieux qui a tiré le parti le plus intelligent des papiers de Robert de Cotte. Il a très exactement déterminé, d'après eux, la place de l'architecte parmi ses contemporains et l'impor- tance de ses travaux à l'étranger ' ; mais il n'a consulté, semble-t-il, comme Destailleur, que le fonds du Cabinet des Estampes. Louis Paris, au contraire, n'a connu que les documents des Manuscrits; il en a publié plusieurs; mais, faute d'avoir étudié la collection complète, il a commis quelques erreurs que nous relèverons en note, chemin fai- sant. Dans ces dernières années, plusieurs chercheurs ont mis à contribution les papiers de R. de Cotte pour l'étude particulière de différents édifices : M. Abel Lefranc en a fait état dans son Histoire du Collège de France, M. Henry Jouin dans son Coysevox, M. Gustave Brière dans son étude sur le Mausolée du Maréchal d'Harcourt (Revue d'histoire moderne et contemporaine, année 1899, p. 169 et suiv.), M. Pon- sonhaile dans son article sur La Maison de Robert de Cotte (Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements, 1901, p. 508). Et ce ne sont là ni tous les érudits, ni toutes les monographies qu'il faudrait citer pour être complet. Je signalerai seulement encore l'excellente étude d'un écrivain
1. Dussieux, Les Artistes français à l'étranger, 3e éd., 1876, p. 116 et suiv.
INTRODUCTION XXIII
allemand, M. Renard, intitulée : Die Bautcn der Kurfursten Joseph Clemens und Clemens August von Kôln, publiée, en 1896, dans les Jahrbùchem des Vereins von Alterthumsfreunden im Rbeinland (Bonn). Ce travail est essentiellement une mise en œuvre du fonds de Cotte. Son auteur a mieux compris que la plupart des érudits français la valeur des papiers de l'architecte et le parti qu'on en pouvait tirer. Presque toujours, les documents de la Bibliothèque natio- nale doivent être complétés par des pièces empruntées à d'autres collections. C'est ainsi que M. Renard a trouvé aux archives de Dûsseldorf plusieurs manuscrits apparte- nant à la même série que les lettres, les devis et les rap- ports du Cabinet des Estampes relatifs aux travaux exécu- tés pour l'électeur de Cologne, Joseph-Clément.
Les papiers de la Bibliothèque nationale ne fourniraient pas tous les éléments nécessaires à une histoire de Robert de Cotte et de son œuvre. L'architecte ne conservait pas métho- diquement tous ses dossiers; nous possédons même rare- ment des séries complètes : les lettres de l'évêque de Châ- lons qui nous restent, par exemple, étaient certainement précédées d'une correspondance déjà longue; de plus, nous n'avons guère que des rapports, des devis et des lettres adressés à de Cotte. Les papiers émanant directement de lui ne sont pas tous définitivement perdus d'ailleurs : on en retrouverait un grand nombre en dépouillant minutieuse- ment les principaux dépôts d'archives de France et de l'étran- ger : les Archives nationales, les Archives de Verdun, de Francfort et de Dûsseldorf, entre autres, en possèdent. Seuls, les édifices construits à Paris, pour des particuliers, risquent d'être toujours mal connus. De Cotte surveillait lui-même ses chantiers de Paris, il n'échangeait pas à leur sujet de correspondance avec les conducteurs, les entrepreneurs ou
XXIV INTRODUCTION
les clients; il ne gardait pas même, le plus souvent, un double de leurs plans.
Cependant les documents acquis par l'État, en 1811, sont extrêmement précieux : on y recueille une somme importante de renseignements très divers. Les carnets de notes (Ms. fr. 14663-14664) nous apprennent, par exemple, que Robert de Cotte fit le voyage d'Italie, en 1690 probablement. L'archi- tecte visita religieusement tous les monuments, et, selon la vieille tradition, il les mesura. D'ailleurs, pas un souvenir pittoresque dans les notes qu'il rapporte, pas une exclama- tion d'enthousiasme, pas un témoignage d'admiration fer- vente ! On garde, après avoir lu ses petites pages couvertes d'une écriture serrée, l'impression qu'il accomplit sage- ment un exercice scolaire, mais qu'il n'a pas ardemment désiré voir l'Italie et qu'il ne subit pas le charme de Florence et de Rome.
Les historiens de Paris tireront un grand profit des manu- scrits relatifs aux égouts et aux canaux de la capitale dont l'histoire est encore assez obscure. On sait qu'avant les grands travaux qui assainirent Paris au milieu du xvme siècle, bien des projets furent proposés à la municipalité, mais on n'en sait pas davantage. Plusieurs de ces plans furent élaborés entre 1708 et 1735. De Cotte, qui connaissait de tous les travaux de voirie comme Premier Architecte du roi, dut les étudier; il ne les fit pas exécuter, faute d'argent, peut-être, mais il en garda le texte dans ses portefeuilles.
Presque toujours incomplets, les documents relatifs à des monuments construits par l'architecte, en province ou à l'étranger, permettent cependant de rétablir, le plus sou- vent, l'histoire des édifices ; ils nous apprennent aussi com- ment un architecte parisien procédait, au début du xvme siècle, pour travailler au loin. Parfois, quand le client
INTRODUCTION XXV
était un personnage, le bâtiment considérable et la distance pas trop longue, de Cotte allait sur les lieux visiter le ter- rain avant de se mettre à l'œuvre. Le plus souvent, il se faisait envoyer un relevé exact de l'emplacement à bâtir, dessinait ses projets et les soumettait au client avec lequel il correspondait toujours directement. Les plans définitive- ment adoptés, il envoyait sur place un de ses élèves pour surveiller les entrepreneurs et régler les difficultés d'exécu- tion inattendues : c'est ainsi qu'on trouve Guillain, puis Jossenay à Verdun, Benoît de Fortier, puis Hauberat à Bonn, Meusnier à Châlons, Carlier à Châlons et à Madrid ', Le Chevalier à Strasbourg.
Les manuscrits de Robert de Cotte apportent enfin une contribution très importante à l'histoire des idées esthé- tiques aux xviie et xvme siècles, et permettent de corriger plusieurs erreurs graves accréditées en France, au xixe siècle, par les apôtres du moyen-âge. Viollet-le-Duc et ses con- temporains ont prêté aux hommes de la Renaissance et à leurs successeurs de la haine et du mépris pour l'art des siècles précédents, et nous les avons cru trop aveuglément. En réalité, si le xvne et le xvme siècle ne portent pas une admiration fervente aux monuments gothiques et romans, ils ne les détestent pas non plus. Quand Félibien écrit dans la préface de son Recueil historique de la vie et des ouvrages des plus célèbres architectes : « L'on trouvera moins « d'architectes dans le troisième livre que dans le précé- « dent, et on ne doit pas en être surpris, puisqu'il ne con- « tient que des siècles si pleins d'ignorance et de barbarie « qu'ils semblaient destinés à la destruction générale des « sciences et des beaux-arts 2 » ; il ne songe pas aux siècles du
i . A Madrid, de Cotte envoie aussi son propre fils. 2. Édition de 1706, Amsterdam, in-12, Préface.
XXVI INTRODUCTION
moyen-âge, mais à la période de décadence réelle, ou plutôt de transformation, de chaos, qui va du Ve au xie siècle. Il n'a pas de dédain pour le gothique : « On remarque, « écrit-il, deux sortes de bâtiments gothiques, savoir d'an- « ciens et de modernes. Les plus anciens (entendez les édi- « fices romans) n'ont rien de recommandable que leur « solidité et leur grandeur. Pour les modernes (entendez « les édifices gothiques proprement dits), ils sont d'un « goût si opposé à celui des anciens gothiques qu'on peut « dire que ceux qui les ont faits ont passé dans un aussi « grand excès de délicatesse que les autres avaient fait « dans une extrême pesanteur et grossièreté1. » Ce juge- ment n'est peut-être pas très profond, mais il n'est pas non plus bien sévère. Au reste, si les hommes de la Renaissance et leurs successeurs avaient poursuivi les monuments romans et gothiques de la haine qu'on leur prête, notre admirable collection d'églises du moyen-âge n'existerait plus. On a beaucoup construit en France aux xvie, xvne et xvme siècles; les rois, les nobles, les chapitres dépensaient avec prodigalité pour les bâtiments ; les architectes étaient nom- breux ; ils abattaient volontiers un édifice pour le bâtir sur nouveaux plans : cependant, le nombre de monuments du moyen-âge volontairement détruits est relativement res- treint.
S'ils avaient proscrit, même en paroles, les procédés et les formes gothiques, les artistes des trois derniers siècles de l'an- cien régime auraient été d'ailleurs en contradiction avec eux- mêmes. Malgré leur culture exclusivement gréco-latine, ils n'ont jamais abandonné complètement le système construc- tif du moyen-âge. Ils emploient encore l'arc-boutant comme
i. Edition de 1706, Amsterdam, in- 12, Préface.
INTRODUCTION XXVII
moyen de butée, à la chapelle de Versailles, par exemple; on a noté déjà que Saint-Roch et Saint-Sulpice « ne sont « autre chose que des églises gothiques, bâties par des pro- « cédés plus coûteux, et revêtues d'ornements empruntés à « l'art classique \ »
Les édifices gothiques ont été si peu condamnés après l'avènement de la Renaissance qu'aux xvne et xvme siècles les artistes ont souvent tenté de les restaurer dans leur style original. On en trouve des témoignages dans les papiers de Robert de Cotte. L'architecte reconstruisit en style ogival le portail de la cathédrale d'Orléans, et, s'il proposa un dessin néo-grec pour les deux tours, le chapitre n'accepta pas son projet et fit exécuter celui de Blondel, dans la manière gothique. Quand de Cotte dut, en collaboration avec Mansart, rebâtir l'église de l'abbaye de Poissy, détruite de fond en comble par un incendie, il ne songea pas plus que son beau-frère à substituer le style classique au style du moyen-âge. Il reconstruisit, ou plutôt il crut reconstruire, la vieille église telle qu'elle était avant le sinistre. Nous avons conservé ses plans et ses élévations ; sans doute on n'y retrouve plus ni la grâce, ni l'imprévu qui charment dans les édifices français antérieurs au xvie siècle; mais enfin de Cotte avait beau jeu pour proposer un plan nouveau : il ne l'a pas fait. L'église du monastère de Poissy a com- plètement disparu ; mais on peut admettre sans peine qu'elle n'était pas beaucoup moins gothique que Sainte- Clotilde de Paris ou le portail de Saint-Ouen de Rouen. En tous cas, l'histoire de sa reconstruction, qu'on peut suivre en détail dans les manuscrits et sur les plans du Cabi- net des Estampes, prouve qu'il ne faut pas accorder trop de
i. A. Choisy, Histoire de l'Architecture, Paris, s. d., in-8, t. II, p. 747.
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XXVIII
INTRODUCTION1
crédit aux historiens qui ont voulu nous faire croire à la haine des architectes de la Renaissance et de leurs succes- seurs pour le système constructif ogival et pour la décora- tion gothique.
L'inventaire analytique des manuscrits de Robert de Cotte, que nous donnons ici, facilitera, nous l'espérons, l'étude d'un assez grand nombre de questions biogra- phiques, artistiques ou historiques, et permettra de clas- ser définitivement les papiers du Cabinet des Estampes. Nous répondons, en le publiant, au vœu qu'exprimait, il y a quelques années, un très clairvoyant érudit, M. Maurice Tourneux. Dans le numéro du 20 octobre 1902 (col. 561) de V Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, M. Tour- neux écrivait en effet : « Le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale possède un certain nombre de manuscrits tels que les papiers de la famille de Cotte, une partie de ceux de P.-J. Mariette, le Journal de J.-G. Wille, divers ouvrages de Jules Renouvier, etc., mais, jusqu'à présent, aucun inventaire de ces richesses, si sommaire qu'il soit, n'a été publié. Les travailleurs auraient cependant grand intérêt à connaître la nature et l'étendue des documents dont la plupart d'entre eux ne peuvent parler que par ouï-dire, et il serait conforme à l'esprit actuel qui règne au Cabinet des Estampes de com- bler une lacune si regrettable. » Voici le plan que nous avons adopté dans notre travail. Les papiers sont divisés en quatre groupes : Paris, Provinces, Etranger, Divers. Dans ce dernier chapitre, nous avons réuni tous les documents étrangers aux constructions de Robert de Cotte ou aux projets qui lui furent soumis : la lettre autographe du cardinal de Bouillon (n° 833), par
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INTRODUCTION
XXIX
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exemple le Mémoire des dépenses que le roi a faites dans ses Bâti- ments depuis F année 1664 jusqu'en l'année 16 go inclusivement, établi par Marinier (n° 740), ou les inventaires et les comptes de l'administration des Bâtiments. Les pièces de chaque groupe sont classées dans l'ordre chronologique, les papiers non datés étant renvoyés à la fin \ Nous avons compris les manuscrits relatifs aux travaux de Jules-Robert de Cotte — il y en a un certain nombre au Cabinet des Estampes — dans la classification générale. Pour les retrouver sans peine, il suffira de se reporter à la table alphabétique, imprimée à la fin du volume : le nom de Robert de Cotte n'y est pas inscrit; celui de Jules-Robert de Cotte, au con- traire, y figure, avec l'indication de toutes les pages où on le rencontre.
Chaque article de l'inventaire est essentiellement com- posé d'un titre donnant le sujet de la pièce 2, et d'une ana- lyse du texte, aussi brève que possible, mais où trouvent place tous les noms propres de personnes ou de lieux con- tenus dans le document. Les plans et croquis (avec leur cote renvoyant à l'Inventaire Ye 36) sont énumérés après les articles auxquels ils se rapportent. Nous n'avons pas indiqué les recueils du Cabinet des Estampes où ils sont
1. Les pièces imprimées qui sont restées parmi les manuscrits du Cabinet des Estampes ont été comprises dans la classification générale. On trouvera seulement, après leur titre, l'indication : (Pièce imprim.).
2. Nous avons respecté aussi souvent que cela était possible, c'est-à-dire toutes les fois que cela ne nous entraînait pas à des longueurs ou a des répétitions, la forme même des phrases. Au contraire, nous n'avons reproduit l'orthographe ancienne que dans les citations entre guillemets. Beaucoup de documents sont l'œuvre d'artisans peu lettrés, dont les fautes d'orthographe n'offrent pas d'intérêt.
3. Il existe dans les papiers de Robert de Cotte un nombre important de plans qui ne se rapportent à aucun manuscrit. Avant seulement le dessein de dresser un Inventaire des Papiers manuscrits de l'architecte, nous n'avons tenu aucun compte de ces plans. On en trouvera la liste dans le Répertoire du Cabinet des Estampes, Ye 36.
XXVIII INTRODUCTION
crédit aux historiens qui ont voulu nous faire croire à la haine des architectes de la Renaissance et de leurs succes- seurs pour le système constructif ogival et pour la décora- tion gothique.
L'inventaire analytique des manuscrits de Robert de Cotte, que nous donnons ici, facilitera, nous l'espérons, l'étude d'un assez grand nombre de questions biogra- phiques, artistiques ou historiques, et permettra de clas- ser définitivement les papiers du Cabinet des Estampes. Nous répondons, en le publiant, au vœu qu'exprimait, il y a quelques années, un très clairvoyant érudit, M. Maurice Tourneux. Dans le numéro du 20 octobre 1902 (col. 561) de V Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, M. Tour- neux écrivait en effet : « Le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale possède un certain nombre de manuscrits tels que les papiers de la famille de Cotte, une partie de ceux de P.-J. Mariette, le Journal de J.-G. Wille, divers ouvrages de Jules Renouvier, etc., mais, jusqu'à présent, aucun inventaire de ces richesses, si sommaire qu'il soit, n'a été publié. Les travailleurs auraient cependant grand intérêt à connaître la nature et l'étendue des documents dont la plupart d'entre eux ne peuvent parler que par ouï-dire, et il serait conforme à l'esprit actuel qui règne au Cabinet des Estampes de com- bler une lacune si regrettable. » Voici le plan que nous avons adopté dans notre travail. Les papiers sont divisés en quatre groupes : Paris, Provinces, Etranger, Divers. Dans ce dernier chapitre, nous avons réuni tous les documents étrangers aux constructions de Robert de Cotte ou aux projets qui lui furent soumis : la lettre autographe du cardinal de Bouillon (n° 833), par
INTRODUCTION XXIX
exemple le Mémoire des dépenses que le roi a faites dans ses Bâti- ments depuis l'année 1664 jusqu'en l'année 1690 inclusivement, établi par Marinier (n° 740), ou les inventaires et les comptes de l'administration des Bâtiments. Les pièces de chaque groupe sont classées dans l'ordre chronologique, les papiers non datés étant renvoyés à la fin '. Nous avons compris les manuscrits relatifs aux travaux de Jules-Robert de Cotte — il y en a un certain nombre au Cabinet des Estampes — dans la classification générale. Pour les retrouver sans peine, il suffira de se reporter à la table alphabétique, imprimée à la fin du volume : le nom de Robert de Cotte n'y est pas inscrit; celui de Jules-Robert de Cotte, au con- traire, y figure, avec l'indication de toutes les pages où on le rencontre.
Chaque article de l'inventaire est essentiellement com- posé d'un titre donnant le sujet de la pièce 2, et d'une ana- lyse du texte, aussi brève que possible, mais où trouvent place tous les noms propres de personnes ou de lieux con- tenus dans le document. Les plans et croquis (avec leur cote renvoyant à l'Inventaire Ye 36) sont énumérés après les articles auxquels ils se rapportent. Nous n'avons pas indiqué les recueils du Cabinet des Estampes où ils sont
1. Les pièces imprimées qui sont restées parmi les manuscrits du Cabinet des Estampes ont été comprises dans la classification générale. On trouvera seulement, après leur titre, l'indication : (Pièce imprim.).
2. Nous avons respecté aussi souvent que cela était possible, c'est-à-dire toutes les fois que cela ne nous entraînait pas à des longueurs ou à des répétitions, la forme même des phrases. Au contraire, nous n'avons reproduit l'orthographe ancienne que dans les citations entre guillemets. Beaucoup de documents sont l'œuvre d'artisans peu lettrés, dont les fautes d'orthographe n'offrent pas d'intérêt.
3 . Il existe dans les papiers de Robert de Cotte un nombre important de plans qui ne se rapportent à aucun manuscrit. Ayant seulement le dessein de dresser un Inventaire des Papiers manuscrits de l'architecte, nous n'avons tenu aucun compte de ces plans. On en trouvera la liste dans le Répertoire du Cabinet des Estampes, Ye 36.
XXX INTRODUCTION
conservés; ces références auraient été très vite inutiles, puisque presque tous ces plans ont été répartis dans la Topographie et que l'augmentation constante de cette collection les expose sans cesse à changer de volumes. D'ailleurs toutes les pièces versées dans la Topographie ne peuvent plus être retrouvées. Les relieurs ont souvent rogné les plans trop grands pour entrer dans les formats adoptés; le précieux numéro d'inventaire à l'encre rouge, que por- taient à l'origine tous les papiers du cabinet de R. de Cotte, n'ont pas été respectés, et les pièces, privées de tout signe distinctif, ne peuvent plus être identifiées.
Dans les notes qui accompagnent un certain nombre d'articles, on ne trouvera pas un commentaire méthodique et minutieux des pièces, mais seulement les explications indispensables à la clarté des analyses et les renseignements recueillis un peu au hasard, chemin faisant. Commenter tous les manuscrits, c'eût été réunir presque tous les éléments nécessaires à un ouvrage complet sur Robert de Cotte, et nous n'avons voulu apporter qu'une contribution plus modeste à la biographie de l'architecte et à l'histoire de l'ar- chitecture au début du xvine siècle.
Nous avons pu mener ce travail à bonne fin grâce à l'amicale collaboration des conservateurs du Cabinet des Estampes, de Georges Riat, d'abord, mort trop tôt cet été, et à la mémoire duquel nous rendons ici un dernier hom- mage, de M. Henri Bouchot, dont la bienveillance éclairée ne nous a jamais fait défaut, de MM. Courboin, Guibert et Moureau, qui nous ont souvent guidé dans une maison qui leur est familière et où notre inexpérience aurait risqué de se perdre sans eux.
Nous avons adopté quelques abréviations :
Les chiffres [I], [II], [III], [IV], [V], [VI] désignent les six portefeuilles de papiers de Robert de Cotte conservés au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale sous les cotes Hd 135, Hd 13a, Hd 135b, Hd 135c, Hd 135c!, Hd 135e.
Les indications [Ms. 7801], [Ms. 9447], [Ms. 14663], [Ms. 14664] représentent les cotes des manuscrits de Robert de Cotte conservés au Cabinet des Manuscrits.
La lettre : p., suivie d'un chiffre, p. 223, par exemple, donne la page du manu- scrit où se trouve la pièce analysée, et la lettre p., suivie de deux chiffres, p. 195-203, par exemple, les pages où commence et où finit la pièce analysée.
Les chiffres entre guillemets (1386) par exemple, donnent la cote à l'encre rouge que portent presque tous les papiers de Robert de Cotte, et qui correspond à la cote du répertoire manuscrit (Ye 36) conservé aux Estampes.
On lira donc l'abréviation [V] (1709) : Cabinet des Estampes, Cinquième porte- feuille (Hd 1 3 >d), pièce 1709; et l'abréviation [Ms. 7801, p. 221-222] (1386): Cabinet des Manuscrits, Manuscrit français 7801, pages 221-222, pièce 1386.
INVENTAIRE
DES
PAPIERS DE ROBERT DE COTTE
ET DE
JULES-ROBERT DE COTTE
PARIS
Collèges de Tréguier, de Cambrai, royal de France.
1. Contrat d'union du collège de Tréguier au collège royal de France ; du 28 juin 1610 [Ms. 7801, p. 221-222] (1386).
Le collège de Tréguier consent à être uni au collège royal à con- dition d'y être logé et de recevoir, en attendant la reconstruction des bâtiments, une indemnité de 400 1. par an pour le principal, le procureur et les boursiers.
Note. Toutes les pièces concernant les collèges de Tréguier, de Cambrai et le col- lège royal ont été mises à contribution par M. A. Lefranc, Histoire du Collège de France, 1893, in-8, chapitre VII, où sont étudiées (p. 238 à 241) les querelles des trois Collèges aux xvne et xvme siècles.
2. Contrat d'union du collège de Cambrai au collège royal de France. Avril 1612 [Ms. 7801. p. 215-216 et de 226 à 229] (1386).
Les principales conditions sont : le roi donnera 1.600 ou 2.000 francs pour 4 à 500 toises de terrain; il indemnisera les boutiquiers, libraires et locataires du collège s'il rompt leurs baux; les gens du collège continueront à loger dans la maison tant que la démolition des derniers bâtiments ne sera pas nécessaire. Quand ils
Inventaire de R. de Cotte. I
2 COLLEGES DE TREGUIER, DE CAMBRAI, ROYAL DE FRANCE
devront quitter les lieux, ils recevront une indemnité de 60 1. par tête et par an, et le principal une indemnité de 150 1.
Plans 1381. Ancien plan du collège de Cambrai. — 1382. Plan en grand du rez-de-chaussée dudit collège avec changements et augmentations de bâtiments. — 1383. Autre plan dudit collège, savoir rez-de-chaussée, premier et second étage suivant les augmentations. — 1384. Élévation de la façade dudit collège sur la rue. — 1385. Profil dudit bâtiment.
3. Arrêt du Conseil d'État relatif au collège de Tréguier et au collège royal. 27 février 1630 [Ms. 7801, p. 212-213] (1386).
i° Le principal et deux boursiers de Tréguier seront logés dans les bâtiments construits au collège royal. 2° Le portier du collège royal doit recevoir chez lui les lecteurs royaux quand ils ont des leçons à faire. 30 A cet effet on bâtira un petit logement et entre- sol où demeurera le portier.
4. Autre exemplaire de la même pièce [Ms. 7801. p. 219] (1386).
5. Mémoire concernant le collège royal de France, fondé le 28 juin 1610 aux lieux et places des collèges de Tréguier et Cambrai (de la fin du XVII* siècle peut-être) [Ms. 7801, p. 214] (1386).
Suivant le plan qui se trouve à la surintendance, à Versailles, le collège doit être composé d'un grand corps de logis entre deux pavillons. L'aile gauche, bâtie à la place du collège de Tréguier, doit servir de bibliothèque au roi, la moitié du grand bâtiment de logement au principal et boursiers du collège de Tréguier, l'autre moitié aux officiers et boursiers du collège de Cambrai, l'aile droite, en bas de chapelle, au premier de lieu d'expérience pour les lecteurs royaux. Sur la place de Cambrai on bâtira des boutiques au profit du roi.
6. Mémoire relatif au nouveau plan du collège de France, par rapport au collège de Tréguier uni audit collège royal [Ms. 7801, p. 224-225] (1386).
L'ancien plan donnait aux collèges de Tréguier et de Cambrai le grand corps d'hôtel et réservait les ailes au collège et à la biblio- thèque royale. Le nouveau plan inverse l'ordre. Dans ces conditions,
COLLEGES DE TREGUIER, DE CAMBRAI, ROYAL DE FRANCE 3
le collège de Tréguier demande l'aile gauche pour un grand nombre de raisons qu'énumère le mémoire. Pour la distribution des lieux, il faudrait consulter les officiers du collège.
7. Mémoire que le principal, le procureur et les boursiers du collège de Tréguier uni au collège royal de France, fournissent à M. de Cotte, intendant des bâtiments du roi [Ms. 7801, p. 217-218] (1386).
Ce mémoire demande l'exécution des clauses du contrat du 28 juin 16 10 et des conclusions de l'arrêt du Conseil d'État du 27 février 1630 : le roi avait donné à Mansart l'ordre d'exécuter le contrat de 1610; l'architecte cherchait des fonds pour y parvenir quand il mourut. L'exécution de l'arrêt de 1630 est très légitime. Toute la partie du collège royal terminée est bâtie sur l'emplace- ment du collège de Tréguier. Les professeurs royaux n'ont aucun droit d'y loger. Les gens du collège de Tréguier abandonneraient même les 400 1. qui leur reviennent sur les fonds des bâtiments si on leur laissait tout ce qui est bâti du collège royal à l'exception des classes des lecteurs royaux. Ils consentent à l'échange de la terre à condition de pouvoir construire en face de la place de Cambrai les maisons qu'ils doivent rebâtir pour élargir la rue Saint-Jean-de- Latran.
8. Mémoire du collège de Cambrai au duc d'Antin pour obtenir que la salle du collège de Cambrai ne soit pas réparée au profit des gens de droit [Ms. 7801, p. 238-239] (1386).
Si cependant les gens de droit arrivaient à obtenir cette salle du roi, il faut qu'ils s'engagent, avant d'y toucher pour la reconstruire, à donner au collège un dédommagement qui est précisé.
9. Mémoire pour justifier que la salle de l'École de droit, qui dépendait ci-devant du collège de Cambrai, appartient au roi [Ms. 7801, p. 232-233] (1386).
D'après les stipulations du contrat de 16 12, le roi a le droit de faire abattre les bâtiments selon les besoins, sans autorisation. Il paye annuellement 180 1. pour le logement de trois boursiers que
4 COLLÈGES DE TREGULER, DE CAMBRAI, ROYAL DE FRANCE
l'on suppose ne pouvoir être logés au collège. Comme le collège en compte six, trois seulement ont droit au logement avec le procureur, le principal et le chapelain. Le reste des bâtiments est au roi qui peut sans consentement nouveau et sans indemnité faire abattre les bâtiments au-dessus de la salle de Cambrai.
10. Mémoire pour le collège de Cambrai [Ms. 7801, p. 234-235] (1386).
Le duc d'Antin prétend que le collège touche indûment 180 1. pour trois boursiers censés habiter en ville et qui logent en réalité au collège. C'est vrai; mais l'indemnité n'en est pas moins due puisque le corps de bâtiments qu'ils devaient habiter a été détruit. Le pro- cureur et le principal ont dû leur céder leur logement. — Les boutiques que loue le collège n'appartiennent pas au roi. Elles ont été construites à l'aide d'aliénations de rentes. D'après l'acte de 1612, le collège devait continuer à jouir de la salle que « ces mes- sieurs du droit » riches cependant et possédant des écoles rue Saint- Jean-de-Beauvais, ont usurpé sans droit. — Le roi doit au collège 20 ans d'arrérages. Il doit faire les réparations et ne les fait pas. Suit l'énumération et l'emploi des revenus du collège de Cambrai.
11. Mémoire résumant les réclamations du collège de Cambrai et du collège de Tréguier [Ms. 7801, p. 241] (1386).
12. Brouillon de devis des ouvrages de maçonnerie pour la construction du collège royal [Ms. 7801, p. 230-231] (1386;.
Note. Malgré les devis, aucun travail ne fut exécuté à la fin du xvne et au début du xviiic siècle. Voy. Lefranc, op. cit., chap. VII.
13. Mémoire des imprimeurs royaux au duc dAntin relatif à leur loge- ment au collège de France [Ms. 7801, p. 240] (1386).
Ils ont été logés au collège dès François Ier. Par complaisance, ils ont prêté leur local aux marchands libraires qui se le sont appro- prié. Il a fallu trois ordres successifs de Louis XIV pour les déloger, mais les imprimeurs n'ont pas repris la place. Les libraires intriguent auprès du Régent pour l'obtenir de nouveau ; mais les imprimeurs ordinaires de Sa Majesté rappellent que le collège est
CONSTRUCTION DU LOUVRE 5
destiné aux écoles publiques, aux professeurs royaux et aux impri- meurs royaux.
14. Mémoire pour les imprimeurs et libraires de Paris relatif à leur logement au collège royal de France [Ms. 7801, p. 242-243] (1386).
En 16 17, ils obtinrent un logement au collège royal pour leurs assemblées et la visite des livres entrant à Paris. Cette grâce, plu- sieurs fois renouvelée, fut supprimée en 1673 quand le nombre des professeurs du collège fut augmenté. Ils continuèrent leurs assem- blées et visites dans la grande et ancienne salle du collège de Cambrai jusqu'à ce que les professeurs de droit les en aient délogés, en 1679. On leur promit alors un autre logement, mais les guerres firent oublier la promesse. Ils sont contraints, depuis ce temps, de louer une maison. Comme il est question d'achever le collège de France, ils font observer qu'il sera de toute justice de leur accorder un local dans les nouveaux bâtiments. Pendant les guerres, ils ont dû emprunter pour subvenir aux besoins de l'Etat : ils font gratuite- ment la police des livres, ce qui les contraint à de lourdes dépenses.
Construction du Louvre.
15. Déclaration du roi du 4 janvier 1624 sur la construction de son châ- teau du Louvre [Ms. 7801, p. 9-11] (1433).
A l'avenir, il ne pourra plus être construit de maisons sur les terrains compris dans les plans du Louvre établis sous Henri IL Les vieux bâtiments ne pourront être rétablis, ni ceux qui sont com- mencés achevés sans le commandement exprès du roi. Des trésoriers seront désignés pour dresser un procès-verbal des bâtiments exis- tants sur l'emplacement desdits plans.
16. Arrêt du Conseil d'État du 20 août 1667, relatif à l'achèvement du Louvre [Ms. 7801, p. 1, 2] (1433).
Il est défendu de construire de nouvelles maisons aux environs de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, rue des Fossés, sur le quai,
6 CONSTRUCTION DU LOUVRE
et depuis l'encoignure de la rue des Poulies, rue Saint-Honoré, jusqu'au monastère des Feuillants ; il est défendu aussi de réparer celles qui tombent en ruines et qui devront être vendues au roi après estimation d'experts.
17. Alignement et recoleraent opérés le 27 août 1697 entre Sa Majesté et le sieur et damoiselle Paulmier, par les architectes jurés François Doussot pour le roi et Jacques Mazière pour le sieur et damoiselle Paul- mier. d'un mur mitoyen séparant le magasin des marbres de Sa Majesté, rue Saint-Nicaise , d avec le principal corps de logis et la cour desdits sieur et damoiselle Paulmier [VI] (2389).
18. Soumission du sr Paulmier et de sa femme pour une écurie, remise de carrosse et petit corps de logis qu'ils ont fait construire au derrière de leur maison, rue Saint-Nicaise, le 12 septembre 1698 [VI] (2389).
Les bâtiments nouveaux n'ont pu être construits qu'avec l'autori- sation de Villacerf, la rue Saint-Nicaise étant comprise dans les terrains réservés au Louvre. L'autorisation a été accordée en échange de rengagement des propriétaires de n'exiger aucune indemnité nouvelle si le roi achetait leurs deux maisons.
Note. La rue Saint-Nicaise fut en effet expropriée en partie. On lit dans Saint- Victor, Tableau historique de Paris (1808-1810), t. I : « Une partie de cette rue a été démolie pour la construction de la galerie septentrionale du Louvre »
19. Copie de la soumission du sr Thouin pour une petite maison qu'il a fait construire au bureau des carrosses de la suite de la Cour, rue Saint-Nicaise, le 20 septembre 1698 [VI] (2389).
La rue Saint-Nicaise se trouvant comprise dans les plans d'achè- vement du Louvre, le sieur Thouin n'est autorisé à construire qu'à condition de s'engager à ne réclamer aucune indemnité pour le nouveau bâtiment si le roi venait à acheter sa maison.
20. État et estimation de plusieurs maisons appartenant au roi, à Paris, quartier du Louvre [V] (2183;.
Ces maisons sont situées sur le terrain prévu pour l'achèvement du Louvre. Il y en a quatre rue Saint-Vincent, évaluées à 18.000 1.,
TUILERIES ET CHAMPS-ELYSEES 7
n.ooo 1., 14.000 h, 5.000 1.; deux rue Saint-Honoré, évaluées à 5.000 et 8.000 1.; trois rue du Chantre, évaluées à 12.000 l.s 8.000 1., 6.000 1.; deux rue Froidmanteau, évaluées à 6.000 1. et 4.000 1.; une rue de Beauvais, évaluée à 3.000 1.; cinq rue Champ- fleury, évaluées à 4.000 1., 10.000 1., 3.000 1., 6.000 1., 3.000 1.; une au bout du cul-de-sac des Prêtres de l'Oratoire, évaluée à 40.000 1.; une rue du Coq, évaluée à 9.000 1. — Les noms des locataires, les charges et impositions qui grèvent les maisons sont indiqués.
Note. Le plan auquel se rapportait cette pièce et que signalent des notes margi- nales n'est pas dans les papiers de R. de Cotte.
21. Extrait de l'estimation des maisons appartenant au roi dans l'en- ceinte du dessin du Louvre, louées au profit de Sa Majesté [V] (2183).
Estimation de trois maisons rue du Chantre, une rue Froidman- teau, deux, rue Saint-Honoré, une rue Saint- Vincent. Des prix (sans doute de location) sont marqués dans les marges, au crayon. Les locataires sont Coysevox, Legrand, la veuve Touvelle, Cassin, Vivien, Lereiste, Roze serrurier.
Tuileries et Champs-Elysées.
22. Arrêt du Conseil d'État du 10 février 1664, relatif aux maisons adossées aux murs du palais des Tuileries et aux bâtiments faits sur les murs desdits palais et jardins, et sur l'alignement du gros pavillon du côté de la grande écurie [Ms. 7801, p. 3 et 4] (1433).
Les propriétaires devront démolir leurs bâtiments et retirer leurs matériaux dans le délai d'un mois à dater de la signification de l'ar- rêt, le roi voulant parfaire son palais, et l'autorisation de bâtir n'ayant été accordée qu'à condition de rendre la place en cas de continuation dudit palais. — A la fin de la pièce, signification de l'arrêt au sieur Mitton, conseiller du roi, trésorier de l'extraordi- naire des guerres, en son domicile, dans la maison dont il est propriétaire sur l'alignement du gros pavillon.
8 TUILERIES ET CHAMPS-ELYSEES
23. Mémoire pour accompagner le plan du palais des Tuileries. Le 8 novembre 1700 [VI] (non num.).
24. État des baraques qui sont établies dans la place du Carrousel, à Paris, avec le nom de ceux qui les occupent et ce qu'ils payent [VI] (2383).
Le total du produit annuel de ces baraques est de 664 1. 8 s. — A la fin de la pièce, on lit : « Je donne à M. l'abbée Boiseau (?) pour distributions à mes gens de livrées, les mêmes baraques que M. le duc d'Antin avait accordez aux siens pour en recevoir les loyers à commencer du premier janvier 1737. — Le cardinal Fleury. »
25. Arrêt du Conseil d'État du 14 juillet 1667, relatif à l'estimation des terrains, derrière le palais des Tuileries, jusquà Chaillot [Ms. 7801, p. 7 et 8] (1433).
Cette estimation est ordonnée, les propriétaires n'ayant pas représenté les titres en vertu desquels ils jouissent des terres et les baux faits depuis 15 ans, malgré l'arrêt du 28 avril.
26. Arrêt du Conseil d'État du 24 août 1667, relatif aux terres sises derrière le jardin des Tuileries jusqu'à la montagne de Chaillot et depuis le bout du cours la Reine jusqu'au Roule [Ms. 7801, p. 5 et 6] (1433).
Défense aux propriétaires , détenteurs ou fermiers de labourer et ensemencer lesdites terres, le roi ayant résolu de les planter d'ave- nues d'arbres pour l'embellissement des Tuileries et ayant enjoint déjà, par arrêt des 28 avril et 16 juillet 1667, à tous les détenteurs de représenter leurs titres.
27. Procès-verbal d'arpentage et estimation des maisons, marais et autres héritages que le roi veut acquérir pour l'augmentation des plants d'arbres des Champs-Elysées [V] (1617).
Assistaient aux opérations Robert de Cotte, Hennin, La Motte, Gabriel, Mollet, Desgotz, intendants et contrôleurs généraux des Bâtiments, assistés de Delépine, architecte expert, et de Dubois, géographe et arpenteur ordinaire du roi. Le prix d'expropriation, les indemnités aux locataires sont prévus.
TUILERIES ET CHAMPS-ELYSEES 9
Plans 161 5. Plans du cours la Reine et des Champs-Elysées, avec partie du faubourg Saint-Honoié. — 1616. Autre plan idem, coté et chiffré. — 2353. Plan d'un projet de place à l'entrée des Champs-Elysées. — 2354 à 56. Plans et éléva- tions de l'entrée des Champs-Elysées. — 2357-2358. Plans généraux des Tuileries et des Champs-Elysées. — 2359. Élévation d'un autre projet pour l'entrée des Champs-Elysées. — 2379. Plan d'une partie de la ville de Paris du côté des Champs-Elysées.
Notes. Les Champs-Elysées ou Grand Cours furent pour la première fois plantés d'arbres en 1670. Ils se régularisèrent petit à petit. En 1723, d'Antin les fit replan- ter presque complètement ainsi que le cours la Reine où « il fit la cérémonie de replanter lui-même le premier de ces arbres et attendit que les autres le fussent, ce qui fut exécuté en trois heures de temps. » Ces acquisitions de maisons se rap- portent certainement à tout le plan que le duc avait entrepris de réaliser dans ce coin de Paris auquel il s'intéressait particulièrement. Comme on le verra par la pièce suivante, les plans exécutés par d'Antin avaient été déjà conçus par Colbert quand il planta d'ormes le Grand Cours.
28. Procès-verbal d'arpentage et d'estimation des terres, prés et marais, maisons que le roi veut acquérir pour l'augmentation des plants d'arbres des Champ-Élysées, et ce, depuis le cours la Reine jusqu'au grand égout de Chaillot, suivant l'arrêt du Conseil d'Etat du Roi du quatorze juillet mil six cent soixante sept, sous Monsieur le Marquis de Colbert [V] (1617).
Les terres appartenant à 15 propriétaires ont une superficie de 65 arpents 15 perches et sont estimées 139.435 1- Etaient présents aux opérations Robert de Cotte et Lassurance, de Cotte fils, de La Motte, Gabriel, Mollet, Desgotz, intendants et contrôleurs géné- raux des Bâtiments, de Lespée, expert, et Jacques Dubois, géo- graphe et arpenteur ordinaire des Bâtiments. A la fin de la pièce, « Récapitulations des quantitez et évaluations des sommes conte- nues en cest Estât » .
29. Autre procès-verbal d'arpentage et d'estimation de terres en face du jardin et du palais des Tuileries et Champs-Elysées [V] (1617).
Assistaient aux opérations Robert de Cotte, Delauvergne, de La Motte, Gabriel, Mollet, Desgotz, intendants et contrôleurs généraux des Bâtiments, assistés de Matis, géographe et arpenteur ordinaire des Bâtiments. Les terres appartiennent à 19 propriétaires et sont évaluées à 91.937 1. A la fin de la pièce : « Récapitulation des sommes... »
10 PONT ROYAL
30. Extrait des terres de plusieurs particuliers à prendre dans les Champs-Elysées [V] (1617).
Composé d'articles pris dans les deux pièces précédentes et con- cernant les terres de 17 propriétaires, évaluées à 148.393 1.
31. Procès-verbal de visite, d'arpentage et d'évaluation par R. de Cotte et de l'Espine d'une maison appartenant à l'hôpital des Enfants trouvés, située faubourg Saint-Honoré et rue de l'Abreuvoir, au devant des allées des Champs-Elysées. Du 15 mars 1717 [V] (1617).
La superficie est de 85 toises environ; l'évaluation de 7.430 1. est rectifiée en marge 7.810 1.
Note. La pièce 29 indique pour la valeur de cette maison 8.173 1-
32. Acte de location consentie par le sieur J.-L. Duplessis, valet de chambre du duc d'Antin à Thomas Trophi, pâtissier du duc d'Orléans, d'une place attenante à la maison de Trophi à l'entrée des Champs-Elysées, pour y faire planter des arbres et en disposer pendant neuf ans moyennant 225 1. l'an [VI] (non num.).
Le bail sera annulé si le roi reprend la terre pendant ce temps. La propriété des arbres et autres ajustements et accommodements qu'il aura apportés restera naturellement au locataire. En marge on lit : « Le bail résilié du jour de la mort du sieur Duplessis. »
Pont Royal.
33. Devis des ouvrages nécessaires pour la construction du pont de pierre que le roi a ordonné de faire sur la rivière de Seine, à Paris, vis-à- vis le milieu du gros du pavillon du bout du palais des Tuileries, suivant les plans et élévations qui en ont été faits par l'ordre de Sa Majesté MDCLXXXV (Pièce imprimée) [II] (941).
Notes manuscrites dont l'écriture semble de R. de Cotte. Les plus importantes indiquent les prix des différentes parties de la construc- tion. Une note finale accorde au sieur Gabriel l'entreprise du pont, soit pour une somme globale de 677.000 L, soit, au détail, selon la
PLACE DAUPHINE II
qualité des matériaux et de l'exécution. Dans le cas du prix global, une somme de 30.000 1. sera défalquée en tout ou en partie si l'on supprime les pilotis ou si on n'en met que quelques-uns.
Plans 940. Trois différents projets pour le Pont Royal à Paris, — 942-43. Autre dessin pour le même pont.
Notes. Le Pont Royal remplaça en 1685 le pont de bois, dit pont Rouge en raison de sa couleur et enlevé en 1684 par les glaces. Mansart et Gabriel dirigèrent d'abord les travaux. Ce Gabriel, Jacques II, fils de Maurice, né en 1637, fut architecte du roi et contrôleur général des Bâtiments de Sa Majesté, arts et manu- factures de France. Il construisit Choisy avec Fr. Mansart pour la Grande Mademoiselle et mourut en 1697 (Lance, Dict. des architectes, I, p. 281-282). Devant les difficultés que l'on rencontra dans la construction du pont on fit venir de Maestricht le frère François Romain qui, en 1684, avait construit le pont de Maestricht et qui réussit le Pont Royal.
Place Dauphine.
34. Ordre du roi enjoignant aux propriétaires des maisons de la place Dauphine, depuis le Pont Neuf jusqu'à la porte Neuve du Palais, rue de Harlay, et d'un quai à l'autre, de laisser le porteur lever des plans, visiter leurs maisons et de lui montrer leurs baux. Fait à Versailles le 13 juin 1685 [VI] (2564).
Plans 1754. Projet pour une place vis-à-vis le cheval de bronze du Pont Neuf où est figuré un plan de piédestal. — 2564. Plan de la place Dauphine.
35. Noms des propriétaires à qui appartiennent les maisons de la place Dauphine [VI] (2564).
36. Noms des propriétaires et des maisons sises tant sur le quai des Morfondus qu'à gauche en entrant dans la place Dauphine, au côté du Pont Neuf [VI] (2564).
37. État des maisons qu'il convient de démolir pour faire l'ouverture de la place Dauphine, suivant le dessin présenté à Mgr de Louvois [VI] (2564).
Il faut abattre 20 maisons, 10 de chaque côté, quai des Orfèvres, des Morfondus ou place Dauphine. Elles valent Tune dans l'autre 30.000 1. Le total est donc de 600.000 1. Détail desdites maisons.
12 CANAL SAINT-MAUR
38. Mémoire des maisons à abattre, tant dans la place Dauphine et rue de Harlay que sur le quai des Orfèvres et celui des Morfondus pour faire une place, vis-à-vis le cheval de bronze [VI] (2564).
Description des maisons et indication de leur valeur.
Canal Saint-Maur.
39. Acte de société fondée entre Raphaël de la Bordasle d'Anglure, Ange Le Normant, conseiller secrétaire du roi. greffier en chef du grand conseil. Jean Parayre. aussi conseiller secrétaire du roi. Perrotin de Beaumont, aussi conseiller secrétaire du roi, conservateur des hypo- thèques, Clair Adam, aussi conseiller secrétaire du roi, Thibault Cadot, conseiller du roi en sa Cour des Monnaies, Robert de Cotte, architecte ordinaire des Bâtiments de Sa Majesté, et Nicolas Bardou. conseiller du roi, receveur des amandes et épices des juridictions royales de Baillac l'Isle et Rabastin. à l'effet d'entreprendre l'exécution d'un canal depuis Saint-Maur jusqu'à Paris. Du 12 janvier 1690 [II] (750).
Cet acte donne des détails sur le canal, sur le profit qu'on en peut tirer et les conditions de l'association.
40. Mémorial contenant l'explication des facultés et avantages que le canal navigable proposé à faire (de Saint-Maur à Paris) causera à la ville de Paris, à la France et à toute l'Europe, et sur lequel Mémoire les patentes du privilège demandé à Sa Majesté doivent être dressées et con- tenir leur substance, à l'effet d'être imprimées à l'édification du public et du commerce général... [II] (750).
Entre autres choses, il faut relever dans ce mémoire le projet d'établissement de fontaines d'eau pure prise au canal et communi- quant avec les maisons, ce qui dispensera de boire l'eau de Seine polluée, l'emploi de ladite eau au nettoyage des rues, l'idée de créer de grands dépôts de marchandises et de grands hôtels qui don- neront beaucoup d'activité au commerce, comme à Dantzig, Lubeck, Brème, etc. Chaque nation aurait son hôtel et son magasin.
41. Mémoire relatif à l'utilité du canal de Saint-Maur à Paris, aux con- ditions dans lesquelles on peut l'entreprendre, aux profits que l'on peut en tirer [II] (750).
LES INVALIDES 1}
Les Invalides.
42. Énumération et prix des chapiteaux de l'église des Invalides (com- mandes de 1691) [V] (1709).
Il y a 65 chapiteaux pilastres réglés à 60 1. et 8 chapiteaux colonnes réglés à 120 1. Les autres chapiteaux pilastres ont été réglés à 55 1. Les 32 chapiteaux corinthiens des chapelles ont été payés 160 1. pièce.
Plans 1670. Plan général de l'hôtel royal des Invalides. — 1671. Plan de l'église dudit hôtel avec un projet de quatre pavillons et deux ailes circulaires avec galeries formant une cour pour arriver à ladite église. — 1672. Élévation en perspective dudit projet. — 1673. Plan en grand de ladite église coté. — 1674-75. Autre plan de ladite église où sont marqués les compartiments du pavé de marbre. — 1676. Plan de ladite église, au-dessus du premier ordre d'architec- ture. — 1677. Autre plan idem. — 1678. Plan des fondations de l'église des Invalides. — 1679. P'an de ladite église et du dôme. — 1680. Élévation d'une partie du dôme. — 1681. Plan particulier de la partie du dôme. — 1682. Plan du maître-autel, coté. — 1683 à 1685. Différents plans du dôme de ladite église.
— 1686-87. Plan du logement des Pères de Saint-Lazare aud. hôtel des Invalides.
— 1688-89. Plan du rez-de-chaussée et du premier étage. — 1690. Coupe de la charpente dudit dôme. — 1691. Coupe dudit dôme sur sa longueur. — 1692. Coupe idem sur sa largeur. — 1693. Coupe d'une des chapelles de ladite église.
— 1694. Autre coupe idem. — 1695. Élévation de la lanterne dudit dôme. — 1696. Élévation de la croix au-dessus de ladite lanterne. — 1697. Dessin des orgues de ladite église. — 1698. Élévation de ladite église par un des côtés. — 1699. Dessin des fers des croisées pour la face. — 1700. Profil desdits fers. — 1701 à 1706. Dessins différents pour les' grandes croisées de ladite église des Invalides.
— 1707. Dessins de quatorze figures posées dans les chapelles de ladite église avec le nom des sculpteurs qui les ont travaillés et le mémoire des marbres employés à cet effet. — 1708. Dessin de différents bas-reliefs pour ledit dôme (ce numéro se compose de 28 pièces). — 171 1. Dessin de la figure du roi sur un piédestal pour être placé dans la cour de l'hôtel des Invalides. — 1714. Plans des bou- cheries dudit hôtel. — 1715- Profils desdites boucheries. — 1716-1717. Plan général dudit hôtel et de ses environs, avec nouvelles rues de la Grenouillère et du Pré aux Clercs et l'état d'arpentage à ce sujet. — 1719 a 1721. Autre plan idem sur lequel est un projet de jour pour communiquer de la chaussée du bout du jardin des Tuileries à la rue faubourg Saint-Germain.
Note. Voir numéros 68, 73, 86. Pour tous les papiers des Invalides, voir J. Guiffrey, Comptes des bâtiments du Roi sous le règne de Louis XI F, t. III et IV passim.
14 LES INVALIDES
43. 1° Liste des sculpteurs chargés d'une médaille et d'un intervalle de mosaïque au piédestal du dôme des Invalides, à 500 1. chaque. 2° Liste des sculpteurs chargés des panaches du dôme, à 1.000 1. [VJ (1709).
Notes. Les médailles représentent Clovis, Dagobert, Pépin le Bref, Charlemagne, Louis le Débonnaire, Charles le Chauve, Philippe-Auguste, saint Louis, Louis XII, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV.
44. Devis de Mazeline pour un des groupes de patriarches des angles extérieurs de la grande église des Invalides. Du 19 juillet 1698 [V] (1709).
Il demande 1.200 1., non compris le modèle, la pierre et la pose.
45. Devis d'Hurrelle pour le même travail : 20 juillet 1698 [V] (1709). Il demande 1.200 1.
46. Devis de Van Clève pour le même travail [V] (1709).
Il demande 1.600 1. pour le groupe de David recevant l'épée des mains d'Abimélec et de Gédéon, haut de 16 pieds avec attri- buts, modèle, pierre et pose non compris.
47. Devis de Flamen pour le même travail [V] (1709). Il demande 1.500 1.
48. Devis de Coustou pour le même travail. 22 juillet 1698 [V] (1709).
Il demande 1.500 1. y compris le modèle mais sans la pierre et la pose.
49. Devis de Slodtz pour le même travail [V] (1709). Il demande 1.600 1. y compris le modèle.
50. Devis de Poultier pour le même travail [V] (1709) Il demande 1.600 1.
51. Devis de Raon pour le même travail [V] (1709. Il demande 1.600 1.
LES INVALIDES 15
52. Devis de Dedieu pour le même travail. Le 22 juillet 1698 [V] (1709). Il demande 2.000 1.
53. Devis de Granier pour le même travail [V] (1709). Il demande 2.000 1.
54. Devis de Vigier pour le même travail [V] (1709). Il demande 2.000 1.
55. Devis de Legros pour le même travail [V] (1709). Il demande 2.100 1.
56. Devis de Jouvenet pour le même travail. Le 25 juillet 1698 [V] (1709). Il demande 2.000 1.
57. Devis de Prou pour le même travail [V] (1709). Il demande 1.800 1.
58. Devis de Huilot pour le même travail [V] (1709). Il demande 1.650 1.
59. Devis de Barrois pour le même travail [V] (1709). Il demande 1.500 1.
60. Extrait des prix donnés par les sculpteurs pour chacun des quatre groupes de pierre de Saint-Leu représentant des patriarches, pour mettre aux quatre angles, en dehors de la grande église des Invalides, par le haut. Le roi fournira la pierre, la posage et les échafauds [VJ (1709).
61. Billet de [nom illisible] à M. Desgodets [V] (1709).
La pierre a été fournie aux sculpteurs travaillant aux Invalides.
62. État du cube des marbres de blanc veiné de bleu turquoise qu'il faut pour la construction du piédestal de la figure pédestre de Louis XIV aux Invalides [V] (1713).
Le total s'élève à 87.725 1.
l6 LES INVALIDES
Note. Cette statue ne fut jamais élevée. — Pour les plans et dessins, voir n° 42. Sur un dessin (n° 171 1) au-dessous d'une inscription illisible on lit 1724, ce qui date ce devis et les trois suivants.
63. Devis des sculptures de bronze nécessaires au piédestal de la statue pédestre de Louis XIV dans la cour des Invalides [V] (1713).
Ces sculptures se composent de deux armoiries du roi avec déco- rations, de quatre consoles sous la corniche avec des têtes, de chutes de laurier et de festons, de quatre encoignures enveloppées d'une grande feuille d'acanthe, avec des rouleaux et rinceaux de chaque côté, de deux figures représentant des Vertus héroïques avec leurs attributs. Le devis s'élève à 82.000 1.
64. Mémoire ou devis de ce que coûteront les ouvrages de sculpture en bronze faits pour le service du roi par Guillaume Coustou, sculpteur ordi- naire du roi [V] (1713).
Ces ouvrages de bronze doivent servir de monument au piédes- tal d'une figure pédestre de Louis XIV, qui doit être posée aux Invalides. Coustou demande 1 14.000 1.
Noie. On se souvient que Coustou exécuta le même travail pour la statue de Louis XIV, place Vendôme, dont le piédestal était resté sans décoration depuis 1699 (voy. Boislisle, La place des Victoires et la place Vendôme, Nogent-le-Rotrou, 1899, in-8).
65. Détail de la dépense à faire pour le piédestal de la figure pédestre de Louis XIV que le roi désire faire placer dans la grande cour de l'hôtel royal des Invalides [V] (1712).
La maçonnerie, les substructions et le transport de la statue de Versailles à Paris reviennent à 14.932 1., les marbres blancs veinés de bleu turquin pour la construction du piédestal y compris la taille et la pose à 83.725 1., la sculpture en bronze à 88.000 1.
Note. Le prix du transport de la statue de Versailles à Paris indique que la statue existait déjà.
LES INVALIDES 17
Pièces qui se trouvent dans le Recueil : de Cotte, Dôme des Invalides,
t. II — Estampes (Hc 14 a).
66. Mémoire des marbres blancs statuaires qui sont nécessaires pour les quatorze figures des chapelles du dôme de l'hôtel royal des Invalides (1707).
Dans la chapelle de la Vierge : la Vierge ; dans la chapelle oppo- sée : sainte Thérèse ; dans la chapelle saint Augustin : saint Augustin, saint Alype, sainte Monique ; dans la chapelle saint Jérôme : saint Jérôme, sainte Eustochie, sainte Paule ; dans la chapelle saint Gré- goire : saint Grégoire, sainte Emilienne, sainte Sylvie.
Note. Pour les dessins, voir n° 42.
67. Commande à Bonvallet, Sainte-Marie, Varin le Jeune de douze dessus de croisées, à 35 1. chaque [p. 18 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 169 1. — De Villacerf.
Note. Cette commande et les suivantes sont en marge ou au verso des dessins même.
68. Commande à Boutet, Du Four et Dedieu de la sculpture de vingt- quatre chapiteaux, à 155 1. pièce [p. 18 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
69. Commande à Cornu de la sculpture des ornements de dix arcs doubleaux, six en pierre tendre, quatre en pierre dure, à 550 1. pièce [p. 18 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
70. Commande à Guyot et aux deux Mazière de quarante-huit consoles, à raison de 12 1. pièce [p. 18 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
71. Commande à Magnière, Lespingola, Legros. Dedieu d'un des quatre Évangélistes des panaches, à raison de 1.800 1. pièce [p. 19 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf. Inventaire de R. de Cotte.
l8 LES INVALIDES
72. Commande à Hurtrel, Poultier, Legros, Cornu, Granier, Rayol d'un, et à Mazière l'aîné de deux Pères de l'Église, à 400 1. pièce [p. 19 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
73. Commande à Jouvenet l'aîné, Varin, Langlois, de la sculpture de soixante-cinq chapiteaux réduits, à 60 1. chaque [p. 21 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
74. Commande à Rayol de deux dessus du grand vitrail, à raison de 750 1. pièce [p. 22 recto] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
75. Commande à Mazeline des deux dessus du vitrail du sanctuaire, à 400 1. chaque [p. 23 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 169 1. — De Villacerf.
76. Commande à Flamand des sculptures du fond du sanctuaire, pour 800 1. [p. 23 verso] (1708;.
A Versailles, le Ier juin 1690. — De Villacerf.
77. Commande à Doisy et Goy de la sculpture des armes du roi sur la grande porte du dedans de l'église pour 690 1. [p. 24 verso] (1708;.
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
78. Commande à Legros et à Lespingola de trois, à Granier d'une des quatre niches entre les colonnes, sous les tribunes, servant de passage aux chapelles, pour 850 1. pièce [p. 25 verso] (1708;.
« Les sculpteurs ne toucheront point aux figures du milieu sans un ordre exprès de M. Girardon qui réglera la chose avec M. Mansard. » A Versailles, le 30 janvier 1691. De Villacerf.
79. Commande à Van Clève et à Magnière de deux, à Slodtz, Legros, Lespingola, Hurtrel d'un des huit bas-reliefs de l'église au dessus de la porte des chapelles, à raison de 1.200 1. pièce [p. 26 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
LES INVALIDES 19
80. Commande à André et à Carlier de huit dessous de plafonds et de la clef pendante en forme de cul de lampe au passage des chapelles, à raison de 90 1. pièce [27 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
81. Devis de Boutet et Guyot pour les sculptures des petites calottes en pierre dure des petites chapelles [28 recto] (1708).
Prix de chaque calotte, 648 1., l'architecture, les modèles et les échafauds à la charge du roi.
82. Commande à Chauveau et Goupy, Le Grand et Briquet, Taupin et Lalande, Maubeuge et Hanard des corniches des quatre chapelles, sous la conduite de Jouvenet l'ainé qui donnera les modèles [29 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
83. Rectification à la commande précédente [p. 30 verso] (1708).
84. Commande à Raon, Coustou, Jolly et Flamand de trois chacun et à Martin et Poultier de chacun deux des seize dessous des croisées des chapelles, à 400 1. pièce [p. 31 recto] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
85. Commande à Barrois de seize des dessus de vitraux, à raison de 751. chaque [p. 31 verso] (1708).
A Versailles le 30 janvier 169 1. — De Villacerf.
86. Commande à Drouilly, Dedieu, Jouvenet l'aîné et Boutet de six des vingt-quatre chapiteaux réduits des chapelles, à raison de 160 1. par cha- piteau [p. 32 verso] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
87. Commande à Doisy et Lefébure de quatre dessus de porte au der- rière des tribunes, à 450 1. [p. 33 recto] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 1691. — De Villacerf.
20 L OBSERVATOIRE
88. Commande à Leîébure et Rousselet de cinq, à Prous-Bourderel (?) et Renard de deux des douze dessus de niche des chapelles, à 450 1. chaque [p. 36 recto] (1708).
A Versailles, le 30 janvier 169 1. — De Villacerf.
89. Description de la nouvelle église des Invalides ]Ms, 7801, p. 12 à 35]
(1710).
Signée J. F. F. De 22 pages.
Note. C'est le texte manuscrit de l'édition de 1702 de la Description des Inva- lides de Félibien. Le manuscrit de l'édition de 1706, signé J.-J. Félibien, de 45 feuillets, se trouve à la bibliothèque de Rouen. Ms. 334.
90. État d'arpentage des maisons, jardins, clos, terres, prés et marais de plusieurs héritages, sis au pourtour de l'hôtel royal des Invalides jusqu'à la rivière, pour servir au projet des rues de Bourgogne, de Bour- bon, de l'Université et de Babylone et des avenues proposées au pourtour dudit hôtel depuis la rivière jusqu'à la rue de Sèvres, mesuré par Dubois arpenteur du Roi, à raison de 18 pieds pour perche et 100 perches pour arpent. Le tout coté et chiffré suivant la carte qui en a été faite T] (1717).
Le total général du terrain arpenté est de 54 arpents 27 perches f.
91. Arrêt du Conseil d'État concernant les nouveaux plants d'arbres des environs des Invalides, du 26 mars 1720. (Pièce imprimée) [V]
(1718).
92. Autre exemplaire de la même pièce [V] (1718).
93. Autre exemplaire de la même pièce [V] (1718).
L'Observatoire.
94. Explication des lettres marquées sur le plan souterrain, derrière l'Observatoire, fait par le sieur Roze en janvier 1691 [V] (1723).
Plans 1722. Plan des carrières sous le bâtiment de l'Observatoire. — 1731-32. Plan des routes au-dessous du ciel des carrières et plan des fondations des bâti- ments de l'Observatoire.
l'observatoire 2 1
Notes. On lit dans les notes de Cl. Perrault, recueillies par Ch. Perrault et publiées par P. Clément, Lettres, instructions, mémoires de Colbert, t. V, p. 515, en note : « La résolution de bâtir l'Observatoire sur un terrain proche de la fausse porte Saint-Jacques ne fut pas plutôt prise qu'il se trouva une grande difficulté à son exécution. Le terrain était creux par-dessous par de grandes carrières... Cependant, comme il n'y allait que de la dépense de remplir ces carrières de maçonnerie aux endroits où l'édifice serait planté, on passa outre : on trouva même que cette rencontre était heureuse parce que cela donnerait des lieux sou- terrains où l'on pourrait faire plusieurs expériences pour la physique et la mathé- matique. »
95. Mémoire pour l'eau qui entre au petit regard de l'acqueduc d'Ar- cueil dans le clos de l'Observatoire, suivant le plan ci-joint. 22 mars 1694 [V] (1726).
A la fin on lit : « Il serait nécessaire dans quelque temps qu'il y aura moins d'eau d'oster les sables et bourbes en quelques endroits en dedans du clos de l'Observatoire pour donner à cette eau plus d'écoullement. Ce 22 mars 1694. D'Orbay. »
Plan 1725. Plan de la masse dudit bâtiment. (Ce titre est faux. Le plan 1725 se rapporte bien à cette pièce. Il est signé d'Orbay et daté du 22 mars 1694.)
Notes. Le clos de l'Observatoire était sans doute le terrain limité par le mur de clôture construit sur l'ordre de Colbert en 1668 (voy. C. Wolf, Histoire de V Observatoire de Paris, de sa fondation à 1J93, Paris, 1902, in-8, p. 10).
96. Mémoire pour accompagner le plan des logements de l'Observatoire en mai 1745 [V] (1733).
Plans (se rapportant en général à l'Observatoire) 1724. Plan du terrain de l'Observatoire avant la construction dudit bâtiment. — 1727. Plan général de l'Observatoire et de ses environs. — 1728-29. Plan idem avec les murs de clôture.
— 1730. Élévation et perspective de l'Observatoire. — 1734. Premier plan du rez-de-chaussée, plus bas que la grande terrasse. — 173 5. Second plan du rez-de- chaussée, au droit de la grande terrasse. — 1736. Troisième plan du grand étage.
— 1737. Quatrième plan au droit de la terrasse au-dessus du bâtiment idem. — 1738. Profil dudit bâtiment, coupé du midi au septentrion. — 1739. Profil de deux tours du couchant au levant. — 1740. Profil par le milieu du septentrion au midi. — 1741. Profil dudit bâtiment, coupé de la tour du levant à celle du couchant. — 1742. Élévation dudit bâtiment du côté du septentrion. — 1743. Elévation dudit bâtiment du côté du levant. — 1744- Élévation idem du côté du midi. — 2708. Plan général de l'Observatoire.
Note. Nous n'avons pu retrouver à quel plan en particulier se rapporte la pièce 96.
22 MAITRE-AUTEL DE SAINT-JEAN-EN-GREVE
Maître-autel de Saint-Jean-en-Grève.
97. Devis des ouvrages de maçonnerie pour la construction de l'autel de Saint-Jean-en-Grève que Messieurs les Marguilliers veulent faire bâtir suivant les dessins qui en ont été faits par M. de Cotte, intendant des Bâtiments du roi et architecte de Sa Majesté. 1700 [II] (520).
Les travaux sont minutieusement énumérés mais le prix est laissé en blanc. En marge on lit 4.400 1.
Plans 519. Plan et élévation du maître-autel de Saint-Jean-en-Grève à Paris. — 520. Profil dudit autel.
Notes. Quoiqu'on lise sur le plan 519 l'indication suivante signée de Mansart : « J'ay veu et examiné le présent dessein pour le maistre autel de la paroisse de Saint-Jean-en-Grève que j'ay trouvé bien pour estre exécuté. Fait à Paris, ce vingt septième juillet 1700, » ce maître -autel ne fut cependant pas exécuté sur les plans de R. de Cotte, mais en 1724 sur ceux de Blondel. — L'église Saint-Jean, d'abord chapelle baptismale de la paroisse Saint-Gervais, fut érigée en paroisse en 121 2, et agrandie en 1255, 1326 et 1735. Supprimée en 1790, elle fut en partie démolie quelques années plus tard.
98. Devis des ouvrages de sculpture et marbre pour le maître autel de Saint-Jean-en-Grève que Messieurs les Marguilliers désirent faire con- struire suivant les dessins de M. de Cotte... [II] (520).
Les travaux sont énumérés et les prix indiqués en marge au crayon.
99. Devis des sculptures de marbre pour le maître autel de Saint-Jean- en-Grève [II] (520).
Le total s'élève à 6.794 !■
Quartier Saint-Germain-des- Vrês et projets pour l'hôtel des Mousquetaires.
100. Arrêt du Conseil d'État du roi relatif au quartier Saint-Germain- des-Prés et au quai de la Grenouillère, 18 octobre 1704. (Pièce imprimée.) [IIIJ (1044).
QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRES 23
Le rempart planté d'arbres destiné à former la nouvelle enceinte de Paris au quartier Saint-Germain-des-Prés sera continué en ligne droite depuis la rivière jusqu'à la rencontre au point milieu de la rue de Varennes. Le quai de la Grenouillère sera continué en ligne droite de 10 toises de large depuis le pont Royal jusqu'à la rencontre du rempart.
PLins 2648. Plan du quai de la Grenouillère et des rues avoisinantes. — 2663- 64. Plan du quai de la Grenouillère et des rues avoisinantes.
Notes. Après la construction du Pont Royal, on fit une refonte complète du quartier du bord de l'eau, rive gauche, entre le pont des Saints-Pères et l'extré- mité de la rue de Bourbon, comme le montrent les pièces suivantes. Boucher d'Orsay était à ce moment prévôt des marchands : c'est alors que le quai prit le nom de quai d'Orsay. — Cet arrêt a été réimprimé en partie dans Duplomb : La rue du Bac, 1894, in-8, p. 98.
101. Arrêt du Conseil d'État qui ordonne la perfection du quartier Saint- Germain-des-Prés, la construction du quai d'Orsay, de l'hôtel des Mousque- taires de la première compagnie de garde de Sa Majesté, l'ouverture des rues de Bourgogne et autres, remparts et plants d'arbres depuis la rue de Varennes jusqu'à celle du Cherche-Midi, la construction de fontaines en différents endroits et l'imposition de contributions sur les propriétaires des maisons du faubourg Saint-Germain, tant pour la partie des dépenses à faire que pour être déchargés de la contribution à l'entretien et usten- siles du nouvel hôtel des Mousquetaires. Du 23 août 1707. (Pièce impri- mée) [III] (1044).
Notes. C'est au moment de la refonte du quartier qu'on songea à reconstruire l'hôtel des Mousquetaires. Piganiol {Description de Paris, éd. de 1742, VII, p. 296), rapporte les incidents et les difficultés que souleva ce projet. Pour comprendre les pièces suivantes, il faut reproduire ici toutes les indications qu'il donne, malgré leur longueur :
« Dans cette même rue (rue de Beaune) est aussi YHôtel de la première Compa- gnie des Mousquetaires du Roi, bâti dans l'endroit ci-devant nommé la Halle Barbier et isolé entre les rues de Beaune, de Verneuil, du Bac et de Bourbon. Cet hôtel se trouvoit en si mauvais état que sur la représentation du Prévôt des Mar- chands et des Échevins de la Ville de Paris il intervint un Arrêt du Conseil d'État du Roi, du 7 Août 1707, par lequel Sa Majesté ordonna qu'il seroit construit un nouvel Hôtel pour le logement de ladite compagnie, sur le Quai d'Orsay, près le Pont Royal, en face de la rivière de Seine. Les difficultez qui se trouvaient à faire l'acquisition du terrein firent suspendre ce dessein. Cependant la caducité de l'Hôtel ayant augmenté à un point de dépérissement, Sa Majesté, par Arrêt de son Conseil du 21 May 171 5, permit au Prévôt des Marchands et Échevins de la Ville
24 HÔTEL DES MOUSQUETAIRES
de Paris d'emprunter jusqu'à la somme de deux cens mille livres, pour être employée aux réparations dudit Hôtel, à quoi l'on a travaillé depuis sans avoir fait aucun emprunt. Enfin, sur ce qu'on s'est apperçu que toutes ces réparations deviendraient inutiles, à cause que toutes les fondations, les voûtes des caves et partie des gros murs, planchers et combles que l'on s'étoit proposé de pouvoir conserver se trou- voient totalement ruinez et hors d'état de servir, lesdits sieurs Prévôt des Mar- chands et Échevins firent leurs remontrances au Roi et à S. A. R. Monseigneur le duc d'Orléans, Régent du Royaume, et indiquèrent une place dans le même quartier , même rue et même aspect que celle ordonnée par le feu Roi pour bâtir à neuf ce nouvel Hôtel. Sur ces remontrances, S. A. R. donna ses ordres par écrit au duc d'Antin, Surintendant des Bâtimens du roi, d'en faire l'acquisition pour dans la suite y faire bâtir le nouvel Hôtel des Mousquetaires. Ce fut en consé- quence de ces ordres que le duc d'Antin acheta de Jean-Jacques Descombeaux, Prêtre, Docteur en Théologie de la Faculté de Paris, etc., une place située à Paris, rue de Bourgogne, et sur le Quay d'Orsay, contenant en superficie cinq mille deux cens quatre-vingt-seize toises, à raison de 50 livres la toise superficielle. Le con- trat en fut passé en l'Hôtel du Duc d'Antin, le 31 d'octobre de l'an 1717. Ce con- trat de vente fut approuvé, confirmé et homologué par Lettres Patentes du Roi, données à Paris le 12 février 17 18 et registrées au Parlement le 19 mars de la même année. Par ces Lettres, le Roi ordonna aussi qu'il serait incessamment pro- cédé à la vente et adjudication des bâtimens de l'ancien hôtel des Mousquetaires de la première Compagnie, appelé ci devant Halle Barbier, au Bureau et par-devant le Prévôt des Marchands et Échevins de la Ville de Paris, au plus offrant et dernier enchérisseur, en la forme et manière accoutumée, avec pouvoir à ceux qui en seront adjudicataires d'y établir un marché public avec douze étaux de boucherie et des échoppes et étalages convenables pour en jouir à l'instar des autres marchez et étaux de la Ville de Paris, suivant le tarif qui en a été arrêté au Conseil, etc.
Sur ce qu'il fut représenté au Roi que dans l'obligation où l'on avoit été d'assu- jétir à ladite place le plan que Sa Majesté avoit pour lors ordonné de dresser dudit Hôtel, il ne se trouvoit pas encore assez de profondeur pour distribuer tant de bâtiments, cours et écuries, avec les proportions convenables aux différens usages auxquels ils sont destinez, Sa Majesté ordonna, au mois de juillet 1719, aux sieurs de Cotte et Beausire, ses Architectes, d'en faire un nouveau plan. Ce plan ayant été fait et approuvé du Roi, les deux Architectes que je viens de nommer repré- sentèrent à Sa Majesté qu'il ne pouvoit s'exécuter qu'en l'étendant vers l'Occident et en prenant des places appartenantes à la Duchesse Douairière de Bourbon que l'on pourroit échanger avec d'autres appartenantes à Sa Majesté au même lieu. Le Roi, par Arrêt de son Conseil d'Etat du 10 Août 17 19, ordonna que lesdites places seraient toisées et estimées par les deux architectes ci-dessus nommez, les- quels trouvèrent que trois mille trente trois toises appartenantes à Madame la Duchesse dévoient nécessairement entrer dans l'emplacement dudit Hôtel et les estimèrent cent cinquante-un mille cinq cens cinquante livres à 50 livres la toise. Ils firent pareillement toiser une place appartenante au Roi, inutile au dessein dudit Hôtel , suivant le nouveau plan , contenant trois mille trois cens douze toises qu'ils estimèrent cent quatre-vingt-dix-huit mille sept cens vingt livres, à raison de soixante livres la toise, et conclurent que pour rendre cet échange égal Madame
QUARTIER SAIXT-GERMAIN-DES-PRES 25
la Duchesse Douairière de Bourbon devrait au Roi la somme de quarante-six mille sept cens quatre vingt deux livres. Le Roi, étant en son Conseil, ordonna que le plan seroit exécuté et approuva et homologua l'échange réglé par lesdits Architectes par Arrêt du conseil d'État tenu à Paris le premier de Septembre 17 19 et par ses Lettres Patentes données à Paris le 2 de Septembre et enregistrées au Parlement le 6 du même mois de la même année. Tous ces beaux projets n'ont point eu d'exé- cution. On a tellement restauré l'ancien Hôtel qu'on l'a presque rebâti à neuf et on n'a plus pensé à en bâtir un à la Grenouillère, ni aux autres changements qui dévoient en être la suite. »
102. Autre exemplaire de la même pièce [III] (1044).
103. Arrêt du Conseil d'État relatif à la reconstruction de l'hôtel des Mousquetaires. Du 23 août 1707 ; suivi de lettres patentes enregistrées le 2 mars 1708. (Pièce imprimée) [III] (1044).
Messieurs les Prévôts des Marchands et Echevins de la ville de Paris pourront emprunter cinq cent mille livres à constitution de rente au denier dix-huit, et affecter au payement du principal et des arrérages tous les biens et revenus de ladite Ville, et, par préférence, le double droit attribué aux offices d'inspecteurs, visiteurs et con- trôleurs des boissons créés par édit du mois d'octobre 1705, réunis au corps de la Ville, et, en outre, établir une halle et marché publics sur l'emplacement de l'ancien hôtel des Mousquetaires de la pre- mière compagnie de la garde de sa Majesté qui sera démoli au moven de la construction d'un nouvel hôtel et déchargé et affranchi des droits de lots, ventes et indemnités qui pourraient être préten- dus par les seigneurs en la censure desquels est ledit emplacement et des droits d'amortissement envers Sa Majesté.
Plans (se rapportant à la construction de l'hôtel des Mousquetaires) 1030. Plan gravé de l'ancien hôtel des Mousquetaires du Faubourg Saint-Germain tel qu'il était anciennement. — 2482-83. Plans généraux de l'hôtel des Mousquetaires, faubourg Saint-Germain. — 1031-32. Projets pour la reconstruction dudit hôtel. — 1033. Plan dudit hôtel suivant l'exécution, savoir rez-de-chaussée, premier, second et troisième étage. — 1034. Partie du plan en grand dudit hôtel idem. — 1035. Partie d'élévation dudit hôtel suivant l'ancien et le nouveau bâtiment. — 2644 à 2647. Plans et élévations de l'hôtel des Mousquetaires, rue du Bac. — 2484-85. Détails pour l'hôtel des Mousquetaires, faubourg Saint-Germain.
2é HÔTEL DES MOUSQUETAIRES
104. Arrêt du Conseil d État du 9 octobre 1708, relatif à la reconstruc- tion de l'hôtel des Mousquetaires. (Pièce imprimée) [III] (1044).
L'arrêt du 23 août 1707 est modifié en ce que le double droit attribué aux offices d'inspecteurs, visiteurs et contrôleurs des bois- sons est remplacé par le droit simple pour donner confiance aux prê- teurs. Le double droit n'appartient pas à la Ville; le roi le lui a accordé quelques années, mais il doit disparaître.
105. Effectif de la compagnie de Mousquetaires qui doit occuper le nouvel hôtel [III] (1044).
1 capitaine lieutenant, 2 sous-lieutenants, 2 enseignes, 2 cor- nettes, 8 maréchaux de logis, 4 brigadiers et 16 sous-brigadiers compris dans les 150 mousquetaires, 6 tambours, 4 hautbois. L'ar- murier, le chirurgien, le maréchal ferrant sont rayés.
106. Mémoire sur les omissions qui se sont faites pour le logement des Mousquetaires dans le plan qui a été présenté à Monsieur Mansart pour être paraphé [III] (1044).
Ces omissions sont les logements des tambours et hautbois, de l'armurier, une forge, un magasin pour les fusils, un logement pour le chirurgien et une pièce où il puisse raser les mousquetaires et exercer son métier. Il faudrait donner aux logements deux pieds de plus de profondeur et revenir sur le refus d'installer des auberges dans l'hôtel, car les mousquetaires seraient contraints de prendre leurs repas en ville.
107. Lettre du marquis de Vins (?) à Mansart [III] (1044).
Accompagnant le mémoire précédent et priant Mansart de le prendre en considération. Au dos, on lit : « A M. de Cotte pour m'en parler. »
108. Description de la distribution de l'hôtel des Mousquetaires du roi de la rue de Charenton [Topog. de Paris, XIIe arrondissement, 48e quartier] (1037).
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Plans 2480-81. Plans généraux de l'hôtel des Mousquetaires, faubourg Saint- Antoine. — 1037. Projet des plans pour l'hôtel des Mousquetaires du faubourg Saint-Antoine, savoir, rez-de-chaussée et premier étage avec les élévations et pro- fils. — 1038. Plan particulier d'une écurie pour les chevaux malades dudit hôtel.
— 1039. Élévation de la façade de l'hôtel des Mousquetaires du faubourg Saint- Antoine tel qu'il est. — 1040. Élévation d'un des côtés du bâtiment dudit hôtel.
— 1041. Elévation des écuries dudit hôtel.
Notes. L'hôtel des Mousquetaires du faubourg Saint-Antoine fut construit rue de Charenton. Il avait été bâti, en 1701, aux frais de la Ville. C'est, dit Piganiol (Descrip. de Paris, t. IV, p. 474), un des plus grands bâtiments de la Ville : on y pouvait loger 1.000 à 1.200 personnes. En 1779, le roi ordonna, à la demande du cardinal de Rohan, que les Quinze-Vingt y fussent transférés (Saint-Victor, Tableau historique de Paris, 1 808-181 1, t. II, p. 699).
109. Comparaison des dimensions et de la distribution de l'hôtel des Mousquetaires Saint-Antoine et du nouvel hôtel des Mousquetaires Saint- Germain [III] (1044).
L'hôtel des Mousquetaires Saint-Antoine est un peu plus grand, 4.836 toises contre 3.797. La distribution est la même : mais au fau bourg Saint-Germain, on a supprimé dans les plans 18 anti- chambres d'officiers. Voici l'énumération des locaux prévus fau- bourg Saint-Germain : 140 chambres de maîtres, 135 chambres de valets, 1 chapelle, 2 salles de billard, 1 pavillon d'entrée, 2 auberges, 2 cabinets de commodité à chaque étage, la cour de l'hôtel, la cour des exercices, les écuries pour 301 chevaux, des logements pour l'armurier, le sellier, le maréchal.
110. Énumération des locaux indispensables dans le plan du nouvel hôtel des Mousquetaires [III] (1044).
Une écurie pour 300 chevaux, des greniers pour le foin, la paille, l'avoine, etc., des écuries pour les chevaux des gradés, un logement pour le concierge, un pour le maréchal, un pour le sellier, un pour l'armurier, un pour le cordonnier, quatre auberges, un magasin, quatre bureaux, deux grandes salles d'exercices et de billard, une prison haute pour mousquetaires, une prison basse pour valets, un corps de gardes au dessus de la prison haute, une chapelle.
28 HÔTEL DES MOUSQUETAIRES
111. Devis des dépenses relatives au loyer des échoppes occupées par les Mousquetaires, dans la halle Barbier [III] (1044).
Noie. On appelait cet emplacement halle Barbier (comme l'a déjà indiqué le texte de Piganiol, pièce n° ioi) parce que le contrôleur général des forêts de l'Ile de France, Barbier, qui possédait ces terrains, provenant du parc de l'hôtel de la reine Marguerite, les avait transformés en une halle entourée de 26 maisons ou échoppes. Cette halle était encore connue sous le nom de halle du Pré aux Clercs.
112. Arrêt du Conseil d'État du 21 mai 1715 relatif à la reconstruc- tion de l'hôtel des Mousquetaires, suivi de lettres patentes du 15 avril 1716. (Pièce imprimée) [III] (1044).
Les prévôt des marchands et échevins pourront emprunter, à cons- titution de rente au denier 20, la somme de 200.000 1. à prendre sur les 321.714 1. qui restent à consommer des 500.000 1. dont l'em- prunt a été accordé par arrêt du Conseil et lettres patentes des 23 août et 8 octobre 1707, sur les droits des inspecteurs des bois- sons pour les réparations de l'hôtel des Mousquetaires.
Note. Il n'est pas encore question d'abandonner la construction du nouvel hôtel, mais l'ancien, situé entre les rues de Bourbon, du Bac, de Verneuil et de Beaune, est dans un état de délabrement qui exige des réparations immédiates.
113. Arrêt du Conseil d'État et lettres patentes du 1er décembre 1715 relatifs au rempart du quartier Saint-Germain [III] (1044).
Ordonnant la continuation du nouveau rempart.
114. Arrêt du Conseil d'État du 10 janvier 1716 dispensant la ville de faire construire l'hôtel des Mousquetaires. (Pièce imprimée) [III] (1044).
Les prévôt et échevins sont dispensés de faire construire l'hôtel des Mousquetaires, à charge de payer les deniers provenant de l'em- prunt de 200.000 1. que l'arrêt du 21 mai 171 5 a autorisé, ainsi que les réparations faites à l'ancien hôtel et de les achever, à charge aussi de payer les réparations de l'hôtel des Mousquetaires Saint- Antoine. Les arrêts des 18 octobre 1704, 23 août 1707, 21 mai et Ier décembre 17 15 concernant le quartier Saint-Germain restent exécutoires pour tous les articles que celui-ci n'abroge pas. — Les
QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRES 29
échevins pourront disposer des terres achetées pour la construction de l'hôtel, à charge d'employer l'argent provenant des ventes au remboursement des rentes constituées lors de l'emprunt d'acquisi- tion. Les échevins sont aussi dispensés d'ouvrir une rue en face de l'hôtel des Mousquetaires du faubourg Saint-Antoine.
115. Rapport de visite des bâtiments et écuries de l'hôtel des Mousque- taires du quartier Saint-Germain, fait par l'architecte Beausire le 25 novembre 1716, en présence de Trudaine, prévôt des marchands, du procureur du roi, accompagné du greffier de l'Hôtel de Ville, du capitaine lieutenant commandant la première compagnie de Mousquetaires, d'Arta- gnan, et de Robert de Cotte [III] (1044).
Depuis le rapport du 19 mars 171 5, l'encoignure de l'hôtel, du côté de la rue de Beaune, a été reconstruite et on reconstruit l'en- coignure du côté de la rue du Bac. Pour tout le reste, l'état de délabrement et de caducité a augmenté. La réparation ou recon- struction de l'hôtel sur place monterait à 400.000 1.
116. Arrêt du Conseil d'État relatif à la rue de Bourgogne. Du 15 mars 1717. (Pièce imprimée) [III] (1044).
La largeur de la rue de Bourgogne, au bout de celle de Bourbon, est fixée à 5 toises depuis le quai d'Orsay jusqu'à la rue de Varennes.
117. Mémoire sommaire sur la dernière visite faite aux bâtiments de la grande écurie des Mousquetaires de la première Compagnie du quartier Saint-Germain le 23 avril 1717 et autres jours suivants [III] (1044).
Cette visite a été faite pour vérifier des solives à changer. On a constaté, à cette occasion, l'état déplorable des différentes poutres et la fragilité de la charpente du comble. D'autres procès-verbaux indiquent le mauvais état des bâtiments qu'il a fallu étayer et qui sont presque partout inhabitables.
118. Arrêt du Conseil d'État du 13 décembre 1717 relatif à la recon- struction de l'hôtel des Mousquetaires. (Pièce imprimée) [III] (1044).
30 HOTEL DES MOUSQUETAIRE
Permettant à la Ville de vendre les bâtiments et emplacements de l'ancien hôtel des Mousquetaires du quartier Saint-Germain.
119. Arrêt du Conseil d'État du 20 décembre 1717 relatif à l'alignement du quai d'Orsay. (Pièce imprimée) [III] (1044).
Conformément à l'arrêt du 18 octobre 1704 les maisons du quai d'Orsay, en vue des Tuileries, ne pourront être bâties que suivant les plans agréés par le roi et les alignements donnés par la Ville.
120 Estimation du vieil hôtel des Mousquetaires du faubourg Saint- Germain en l'état présent. 1717 [III] (1044).
1.120 toises de place en superficie, à 100 1. la toise = 112.000 1. 327 toises de superficie de vieux bâtiments sur les quatre rues, à 300 1. la toise superficielle, à cause de la caducité = 98.100 1. Les écuries... autour et dans la cour étant de nulle valeur 12.000 1. Total 222.100 1.
121. Autre estimation de l'hôtel des Mousquetaires en l'état présent. 1717 [III] (1044).
1.120 toises de place faisant face sur quatre rues, par estimation à 150 1. la toise = 178.000 1. — 327 toises de superficie des bâti- ments faisant face sur quatre rues, estimées, en l'état qu'elles sont, à 400 1. la toise superficielle, 131.6001.; les écuries : 15.000 1. Total : 346.000 1.
122. Brouillon incomplet d'un rapport de R. de Cotte relatif à l'achat des terrains pour l'hôtel des Mousquetaires [III] (1044).
Après avoir acquis une partie des terrains fort coûteux et mal commodes près du Pont Royal, après avoir réparé à grands frais, et toujours sans succès, les anciennes constructions, on a trouvé près de la Seine, au bout de la rue de Bourbon, un terrain favo- rable qu'il est nécessaire d'acquérir sur-le-champ. — Sur la même pièce, fragments de brouillons de lettres de R. de Cotte relatifs à l'achat des terrains.
QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRES 31
Plan 1036. Plan d'un projet pour la construction d'un nouvel hôtel des Mous- quetaires à placer au Pré aux Clercs, signé de M. le duc d'Orléans.
123. Mémoire pour la construction d'un nouvel hôtel pour les Mousque- taires dans le faubourg Saint-Germain [III] (1044).
Les fonds nécessaires doivent d'abord être fournis par la vente de l'ancien hôtel. Le moyen de vendre cet hôtel est d'indiquer aux acheteurs les ressources qu'ils en peuvent tirer. On peut diviser le terrain en 34 maisons d'un revenu de 34.000 1., les 12 étaux de bouchers se loueraient 6.000 1. et la place du marché rapportera 4.000 1. D'autre part, pour mettre les lieux en état, les acquéreurs dépenseront environ 150.000 1. Ils auront comme charge le paye- ment d'une rente hypothécaire sur l'hôtel de 1.820 1. (on leur tiendra compte du capital, soit 36.400 1. dans le prix de vente). Si l'on déduit des revenus de l'hôtel ces 1.820 1. et les intérêts des 150.000 1. de mise en état, reste un revenu net de 30.580 1. Par conséquent, en comptant les choses au denier vingt, on peut vendre l'hôtel à 611.600 1., mais on ne le donnera à ce prix qu'à condi- tion que les acquéreurs payent en trois années et entrent en jouis- sance la quatrième seulement, époque où le nouvel hôtel sera achevé.
124. Lettres patentes sur arrêt, données à Paris le 12 février 1718, relatives à l'achat d'un terrain pour la construction de l'hôtel des Mous- quetaires. Registrées au Parlement le 19 mars 1718. (Pièce imprimée) [III]
(1044).
Portant confirmation et homologation du contrat du 31 octobre 17 17 relatif à la vente d'une place pour la construction d'un nouvel hôtel des Mousquetaires et à l'établissement du marché de la halle Barbier, avec le tarif des droits à percevoir dans ledit marché.
125. Autre exemplaire de la même pièce. (Pièce imprimée) [III] (1044). Muni d'une couverture portant le titre.
126. Extrait des registres du Conseil d'État du 10 août 1719 relatif à l'achat d'un terrain pour la construction de l'hôtel des Mousquetaires [III] (1044).
32 HOTEL DES MOUSQUETAIRES
De Cotte et Beausire sont nommés pour examiner, toiser et estimer les terrains appartenant au roi et à la duchesse douairière de Bourbon qui se trouvent sur l'emplacement où l'on doit con- struire le nouvel hôtel des Mousquetaires.
Plans 1020 à 1022. Deux plans de l'emplacement appartenant à S. A. S. Madame la Duchesse, avec projets en masse. — 1023. Plan au crayon d'un projet pour ledit emplacement. — 1024. Autre plan au crayon idem. — 1025 Autre plan au crayon idem. — 1026 Autre projet pour ledit emplacement, lavé en rouge. — 1027. Autre projet idem. — 1028. Autre projet idem. — 1029. Autre projet idem.
Note. C'est sur ces terrains que la duchesse fît commencer, en 1722, la construc- tion du palais Bourbon par Lassurance et Gabriel père sur les plans de Cardini.
127. Procès-verbal de la visite faite par Robert de Cotte et Jean Beau- sire le 14 août 1719 et jours suivants à l'emplacement où doit se con- struire le nouvel hôtel des Mousquetaires [III] (1044).
Ils constatent la nécessité d'exproprier des terrains appartenant à la duchesse douairière de Bourbon, font l'estimation de ces ter- rains, de ceux que le roi veut lui donner et règlent les conditions de l'échange. Signé de Cotte, Beausire et le métreur Aubert.
128. Autre exemplaire (non signé) de la même pièce [III] (1044).
129. Brouillon de la même pièce suivi du plan d'un arrêt prescrivant l'exécution du projet de R. de Cotte et Beausire [IIIJ (1044).
Après l'échange des terrains, c'est la duchesse qui sera redevable au roi de 47.070 1.
130. Extrait des registres du Conseil d'État du £« septembre 1719 rela- tif aux terrains destinés à l'hôtel des Mousquetaires [III] (1044).
L'échange des terrains avec la duchesse de Bourbon est prescrit. Le brouillon de cette pièce se trouve à la pièce précédente.
131. Devis et conditions des ouvrages de maçonnerie pour la construc- tion de l'hôtel des Mousquetaires de la première compagnie que le roi désire faire bâtir au faubourg Saint-Germain, à Paris, au bout et en face de la rue de l'Université, suivant les dessins qui ont été réglés par Son
QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRES 33
Altesse Royale Mgr le duc d'Orléans... faits par Monsieur de Cotte... sui- vant les ordres de Mgr le duc d'Antin 1719. (Pièce imprimée) [III] (1044).
Ce devis se divise en 3 parties : i° qualité des matériaux; 2° description des constructions à exécuter; 30 énumération des travaux en 62 articles.
132. Devis fourni par le sieur Roquet, entrepreneur pour les travaux de maçonnerie de l'hôtel des Mousquetaires [III] (1044).
133. Extrait des travaux de maçonnerie à faire à l'hôtel des Mousque- taires [III] (1044).
Fragment de devis sans nom d'entrepreneur.
134. Extrait en total des prix qui ont été donnés par les entrepreneurs pour l'hôtel des Mousquetaires le 15 février 1720 [III] (1044).
Dorbay, 1. 391. 93 5 1.; Roquet, 1. 291. 785 1.; Dusable, 1.096.739 1.; Couvert, 1. 157.054 1.; Legout, 1. 158.486 1.; Dufour, 1. 186. 165 1.; Le Monceux, 1. 149. 652 1.; Bourdet, 1. 165.052 1.
135. Feuille de calculs, d'après le détail précédent, des prix totaux demandés par les différents entrepreneurs pour les travaux de l'hôtel des Mousquetaires [III] (1044).
136. Brouillon d'un tableau comparatif des prix demandés par les diffé- rents entrepreneurs pour les travaux de l'hôtel des Mousquetaires [III] (1044).
137. Copie au net du tableau précédent [III] (1044).
Au bas, on lit : « Adjugé à Du Sable ce 23 février 1720. »
138. Arrêt du Conseil d'État du 15 mars 1720 relatif à la reconstruction de l'hôtel des Mousquetaires [III] (2546).
Sur ce qui a été représenté par la Compagnie des Mousquetaires que le logement qu'elle occupe pour l'instant est le plus pratique
Inventaire de R. de Cotte. i
34 MANUFACTURE DES GLACES
pour elle, près du château, à proximité de son service et dans un centre où les frais de subsistance sont moindres qu'au bout du faubourg, et sur la demande qu'elle a faite au roi de le faire rebâtir sur place, ce qui sera d'une grosse économie, le Roi, nonobstant les arrêts précédents, ordonne à de Cotte et Beausire de lever un nou- veau pian de l'hôtel pour voir les agrandissements qu'on y peut faire et ordonne aussi que les emplacements acquis par contrat du Ier septembre 1719 seront revendus au profit du roi qui en emploiera l'argent à la reconstruction de l'ancien hôtel.
139. Arrêt du Conseil d'État relatif à la restauration de l'hôtel des Mousquetaires [III] (1044).
Les sommes qu'on tirerait de la vente de l'hôtel des Mousquetaires ne suffiraient pas à la construction d'un nouveau bâtiment; d'autre part la vente de l'emplacement acheté pour le nouvel hôtel, plus les 46.782 1. dus par la duchesse douairière de Bourbon suffiront par- faitement à la mise en état de l'ancien; aussi le roi ordonne cette remise en état et annule les arrêts des 23 août 1707, 10 janvier 171e, 13 décembre 17 17, 12 février 17 18, Ier septembre 1719, relatifs à la construction d'un nouvel hôtel et à la transformation de l'ancien en marché.
140. Lettres patentes du 18 février 1720 relatives à la continuation de la rue de Bourgogne. (Pièce imprimée; [III] (1044 .
La continuation de la rue de Bourgogne est ordonnée jusqu'à la rue Rousselet et celle des autres rues adjacentes jusqu'au nouveau rempart.
Manufacture des glaces.
141. Mémoire adressé à Robert de Cotte (non daté, mais de 1708) [Ms. 7801, p. 364] (583).
Les glaces de mauvaise qualité qui restent dans les magasins de la manufacture de glaces n'ont pas été fabriquées du temps où le
HOTEL DES POSTES 35
sieur La Pommeraye était associé à l'ancienne compagnie ; la com- pagnie actuelle en est bien responsable.
142. Lettre de M. Voysin à R. de Cotte du lundi 4 juin 1708 [Ms. 7801 . p. 365) (583).
Il demande à de Cotte d'accompagner MM. de Marillac, d'Agues- seau, le lieutenant civil et lui-même dans une visite à. la manufac- ture de glaces pour savoir si les plaintes des miroitiers sont fondées.
Note. Aux Archives nationales, O' 1990 (Manuf. des glaces, etc.) on trouve une pièce relative à l'affaire dont traitent ces deux documents. C'est une lettre des associés de la manufacture à Mansart, du i«r mars 1708, accompagnant un placet qui implore la protection du surintendant.
Hôtel des Postes.
143. Détail, en forme de devis, des ouvrages à faire à l'hôtel de Mgr le duc de Fleury, sis rue des Poulies, à Paris, pour le rétablissement des Postes (non daté mais de 1709) [VJ (2176).
Le total général des travaux à entreprendre s'élève à 48.390 1., qui se répartissent comme suit : le bâtiment sur aile, compris le grand escalier, 14.373 1- '■> l'aile où est la glacière, 15.551 1. ; le bâtiment du fond, 8.908 1.; le bâtiment des remises et escalier,
9Ô58 1.
Plans 2169 à 2171. Plans et profil de la maison du duc de Fleury, rue du Petit Bourbon. — 2172-73. Plan de la même maison avec quelques changements lavés en rouge. — 2174-75. Plan de la même maison avec plusieurs changements et agrandissements considérables lavés en rouge. — 2362-63. Plan de l'hôtel de Longueville.
Note. La rue qui va du quai de l'École à la rue Saint-Honoré est divisée en deux parties. La première, jusqu'à la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, s'appelle rue du Petit-Bourbon, la deuxième rue des Poulies (Piganiol, op. cit., II, 170). — L'hôtel dont il s'agit ici était situé rue des Poulies, en face de la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois. Il avait été bâti en 1581 par la duchesse de Longueville et fut réparé en 1709 pour le duc d'Antin {Saint-Victor, op. cit., I,
P- 370-
36 ÉGLISE DE LA SORBONNE
Église de la Sorbonne.
144. Devis des ouvrages de serrurerie qu'il convient faire pour la fer- meture du chœur de l'église de la Sorbonne, suivant le dessin de Mon- sieur de Cotte Le 7 juillet 1714 [I] (422).
François Caffin, qui donne ce devis, décrit minutieusement la grille qu'il s'engage à exécuter pour 16.500 1.
Plans 419 à 421. Dessins... d'une grille de fer pour la Sorbonne. Note. Cette grille ne fut sans doute jamais exécutée.
145. Lettre de A. Lemoyne à R. de Cotte. Du 21 juin 1715 [I] (422).
Le dernier dessin envoyé par de Cotte pour la grille du chœur de l'église de la Sorbonne convient, mais il soulève quelques diffi- cultés matérielles qu'on énumère. Si de Cotte a besoin d'autres éclaircissements, qu'il envoie la personne qui a levé le plan. Ces Messieurs de la Sorbonne lui seraient obligés de passer lui-même, lors de son prochain voyage à Paris.
Égouis et canaux de Paris.
146. Mémoire du sieur de Ressons, lieutenant général de l'artillerie du roi, au sujet d'un canal à creuser pour empêcher les débordements de la Marne et de la Seine (1714) ? [I] (393).
Ce mémoire propose de détourner la Marne à Gournay dans un canal qui traverserait les basses prairies de Chelles, les fonds de Gaigny, Villemonde, Tillemonde, Pantin où l'on creuserait un bassin. A cet endroit, le canal se séparerait en deux bras, l'un allant aux Fossés de la Bastille, l'autre empruntant le trajet del'égout jusqu'à la Savonnerie. Le mémoire expose tous les avantages du projet qu'on peut réaliser en un an à l'aide des troupes sur le point d'être congédiées.
ÉGOUTS ET CANAUX DE PARIS 37
Plans (se rapportant aux canaux et égouts). — 390. Plan de la ville et environs de Paris avec un projet de canal. — 391. Autre plan idem. — 392. Autre plan où est projeté un canal depuis la barrière du Temple, jusqu'auprès de la manufacture de la Savonnerie.
Notes. Des relevés du niveau des égouts qui se trouvent dans la même liasse (pièces 1 50 et 151) permettent de dater ce projet et les suivants de la même époque environ. — Voir au sujet des canaux projetés pour empêcher les crues de la Marne : De La Lande, Canaux de navigation, 1778, p. 264 et suiv. — Cette pièce et les sui- vantes concernent les égouts de Paris dont l'état était déplorable au début du xvine siècle : on ne pouvait séjourner dans le voisinage du grand égout, simple tranchée sans maçonnerie, sans pavés, creusée à travers des marais, encombrée d'immondices, sans pente, et dont les eaux refluaient parfois dans Paris. Il ne fut réellement remédié à cet état de choses qu'en 1737, quand Turgot fit construire un nouvel égout de 3 600 toises de long, depuis la rue du Calvaire jusqu'à la Savon- nerie, égout maçonné et parfaitement sain, où l'on fit couler, pour assurer le net- toyage, l'eau de l'acqueduc de Belleville, retenue dans un réservoir contenant 22.112 muids, et celle d'un puits de 17 pieds, qui était amenée au réservoir par un corps de pompes aspirantes et foulantes. Tous les projets et tentatives expo- sés ici indiquent qu'en 1714-1715 on se préoccupait déjà de la situation et qu'on voulait en même temps creuser à travers Paris une nouvelle voie navigable dont les droits de passage auraient payé tous les travaux. Aucun de ces projets ne fut exécuté. Cependant on fut obligé de faire des travaux provisoires, de détourner les égouts de la vieille rue du Temple et de la rue Saint-Denis qui ne trouvaient plus d'issue dans le grand égout et de les faire passer dans les fossés de la ville pour les faire aboutir à la Seine, au bastion de l'Arsenal. Le résultat fut d'infecter la rivière, qui devint noire d'ordures dans plus de la moitié de sa largeur, surtout par les temps d'orage. (Vov. Bonamy, Mémoires sur les acqueducs de Paris, dans Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. XXX (1764), p. 750, et De La Mare, Traité de la Police, t. IV, p. 408, 410, 411.)
147. Mémoire du sieur de Ressons, lieutenant général de l'artillerie du roi, relatif à un projet de canal d'importance moindre que le précédent, en cas qu'on n'en veuille pas faire la dépense [IJ (393).
Ce canal n'aurait que 2 toises de large et partirait de Gournay. Il assainirait complètement Paris mais n'empêcherait pas les inonda- tions de la Marne. On emploierait les troupes au travail.
148. Mémoire, par extraits, de plusieurs propositions faites à la Ville en différents temps, pour garantir Paris des inondations dans les déborde- ments, faire communiquer la Seine, de l'Arsenal à la Savonnerie, assurer le nettoyage des égouts et la navigation au dessus et au dessous de Paris [I] (393). '
38 ÉGOUTS ET CANAUX DE PARIS
Inachevé. Contient le résumé de la première proposition de Ressons.
149. Mémoire du sieur Thomas, ingénieur ordinaire du roi, qui propose d'élever en face de l'Arsenal une quantité d'eau de Seine suffisante pour assainir les égouts du Marais et autres qui se jettent dans la Seine au- dessus de l'Arsenal [I] (393).
Le sieur Thomas énumère les avantages de son projet. Si on doute de la réussite, il fera construire la machine élévatoire à ses frais et on ne la lui remboursera pas s'il échoue. Il propose aussi de construire cinq ou six abreuvoirs dans Paris pour le bien public.
150. Relevé des niveaux du pavé de l'égout allant de l'hôpital Saint- Louis à la Savonnerie en passant par le Marais. Du 11 mai 1714 [I] (393).
151. Relevé de différents nivellements à exécuter dans les égouts de Paris et des environs [IJ (393).
152. Observations pour servir d'addition à la requête que le sieur Bois- son, ingénieur du roi, a présentée à Sa Majesté pour la construction d'un canal, depuis l'Arsenal jusqu'à Chaillot, et aux mémoires qu'il a remis au Conseil (1723?) [Ms. 9447, p. 30 et suiv.] (1442).
Ce canal, dont la possibilité est reconnue, sera fort utile pour empêcher les crues, les inondations et nettoyer les égouts. La muni- cipalité a obtenu, par arrêt du 4 décembre 1720, l'autorisation de reconstruire le grand égout découvert qui va du rempart derrière le Calvaire au ponceau de Chaillot, d'y faire des embranchements, de le couvrir en partie, à condition que les dépenses, estimées à 2 mil- lions, soient supportées par les propriétaires des terrains qui y aboutissent. Si le sieur Boisson est autorisé à construire son canal, il se chargera de la reconstruction du grand égout, y fera tomber celui de la rue Saint-Louis et en construira un semblable à la droite du canal. Pour faciliter ses travaux, il demande la faculté d'acheter 50 perches de large de terrain sur toute la longueur du canal, aux conditions accordées par l'arrêt du 2 décembre 1720 à la municipalité pour l'achat de terres destinées à la construction
EGOUTS ET CANAUX DE PARIS 39
d'un nouveau quartier. Les frais s'élèveront à 8 millions environ. Pour les couvrir, le proposant demande l'autorisation de contracter un emprunt de 8 millions, hypothéqué sur les terrains achetés et les constructions. Pour le rémunérer de ses travaux, il aura droit au privilège de certains droits qui sont indiqués. Tous les travaux seront achevés en cinq ans.
153. Mémoire de la dépense pour la construction du canal du sieur Boisson autour de Paris [Ms. 9447, p. 35] (1442).
La dépense s'élève à 6.436.000 1. dont les intérêts au denier vingt montent à la somme de 321.800 1. par an, et la régie à 144.562 1. ce qui fait en tout, par année, la somme de 466.362 1., de sorte qu'il se trouve, déduction faite du surplus du revenu, rester 87.398 1. Cette somme, avec les intérêts, sera employée à rembourser les fonds empruntés dans le courant des 30 années que durera le Privilège.
154. Requête de Boisson, ingénieur du roi, à Mgr le contrôleur géné- ral [Ms. 9447, p. 34] (1442).
Il sait le moyen de construire les canaux, bassins, chaussées des étangs de manière à supprimer toute infiltration. Il peut réparer les anciens canaux sans les mettre à sec, et demande l'occasion d'en faire la preuve; son secret épargnera bien des dépenses au roi. En même temps il réclame une récompense.
155. Lettre de Boisson (peut-être au surintendant des Bâtiments) rela- tive à son projet de canal et à son procédé pour rendre les fonds de canaux imperméables. De Paris, le 18 février 1727 [Ms. 9447, p. 32] (1442).
Il a fait l'expérience de son procédé devant R. de Cotte en con- struisant dans sa cour un bassin retenant parfaitement l'eau. C'est sur le conseil de l'architecte qu'il écrit cette lettre. Il rappelle que ses plans du canal de Paris lui reviennent très chers. De Cotte ne les a cependant estimés qu'à 10.000 1. dont pas un sou n'a été payé. — Il se fait fort de construire son canal pourvu qu'on lui accorde les mêmes secours qu'aux constructeurs de l'aqueduc d'Ar-
40 EGOUTS ET CANAUX DE PARIS
cueil. Les experts ont évalué son projet beaucoup trop cher; il faut en nommer d'autres. Le feu duc d'Orléans lui avait fait espérer une forte récompense ; il n'espère pas moins de son correspondant. Depuis plus de 30 ans il se consacre à découvrir des secrets utiles à l'État
'Note. En haut de la lettre, à droite, on lit : A M. de Cotte, 19 février 1727. A. » Cet A est peut-être le monogramme de d'Antin.
156. Projet d'un canal navigable depuis l'Arsenal jusqu'à la Savonnerie au dessous de Paris, en le faisant passer par les Marais [Ms. 9447, p. 38 à 48] (1442).
La Ville gagnerait à ce canal : i° des avantages sanitaires, 2° des facilités pour le commerce, 30 une diminution des crues de la Seine, 40 la sécurité des bateaux pendant l'hiver, 50 une diminution, par suite du transit par canal, des charrettes qui encombrent Paris, 6° l'arrosage facile des jardins du Marais, 70 une augmentation de valeur des maisons riveraines, 8° l'impossibilité de franchir cet obstacle pour les fraudeurs des droits du roi, 90 une facilité d'éteindre les incendies, io° un accroissement de la quantité de glace disponible à Paris, il0 la faculté de construire sur les bords un abattoir central. Les détails techniques de la construction sont énumérés. Vient ensuite l'estimation de la dépense, soit plus de 18 millions. La Ville devrait faire les frais, à moins qu'on n'ait recours à une société par actions dont les intérêts seraient payés par la perception des droits. Au bout de 30 ans, le canal appartiendrait à la Ville.
Note. Ce projet n'est pas celui de Boisson (pièce n° 152 et suiv.). Sur le projet d'abattoir central qu'il prévoit, voir De La Lande, Canaux de navigation, 1778, in- folio, p. 270, et De La Mare, Traité de la Police, IV, 215, 221, 228, 258-284.
157. Nivellements pour la suppression de l'égout Saint-Louis au Marais et ses branches [II] (738).
r
Etat des rues et des maisons devant lesquelles il serait nécessaire de remuer le pavé pour donner écoulement aux eaux en supprimant le grand égout de Saint-Louis et ses branches.
EGOUTS ET CANAUX DE PARIS 41
Plan 737. Plan et profil de l'égout rue Saint-Louis au Marais, avec les détails de l'ouvrage.
Note. Il s'agit dé la rue Saint-Louis, entre la rue de l'Écharpe et la rue des Filles du Calvaire, aujourd'hui rue de Turenne. Elle s'appela d'abord rue de TEgout, parce qu'il y avait un égout sur l'emplacement qu'elle occupa, puis rue de TÉgout Couvert, parce qu'en 161 8 l'égout fut reconstruit et couvert. Nous ignorons à quelle occasion et à quelle date elle prit le nom de Saint-Louis.
158. Détail de deux toises courantes d'acqueduc de la rue Saint-Louis
[II] (738).
Brouillon du prix auquel montent 2 toises de travaux.
159. Mémoire du dommage que causera à la maison de M. Foucault, conseiller d'État, rue Neuve Saint-Paul, l'abaissement de 13 pouces du pavé devant la porte cochère [II] (738).
Entre autres choses il faudra abaisser de 1 3 pouces toute la cour et les communs, changer le seuil de la porte, remettre en sous- œuvre une assise de pierres de taille à la façade et à toute la maison, modifier le perron du grand escalier. La maison est neuve.
Note. Voyez dans De La Mare, Traite de la Police, t. IV, p. 273, les lettres patentes qui donnent gain de cause aux propriétaires du quartier dont nous avons ici les réclamations et qui ordonnent, le 28 février 17 18, la reconstruction à neuf de l'égout sous le pavé de la grande rue Saint-Louis au Marais.
160. Mémoire du dommage considérable que causera l'exécution du projet de supprimer le grand égout des Boucheries Saint-Paul pour faire passer par une pente ou ruisseau jusqu'à la rivière, au milieu de la rue Saint-Paul, toutes les immondices et infections [II] (738).
Relatif au dommage que causera le projet à la maison de Mme la comtesse d'Angennes et de M. de Cramaille, rue Saint-Paul, faisant l'encoignure de la rue des Barrées.
161. Mémoire du dommage que causera ledit projet aux maisons de M. de Balincourt, sises rue Saint-Paul et rue des Lions [II] (738).
162. Mémoire des inconvénients qui peuvent se rencontrer dans l'exécu- tion du projet concernant le grand égout des Boucheries Saint-Paul [II] (738).
42 TRAVAUX DE VOIRIE RUE GAILLON
Les travaux causeront une grande infection. Il faudra mettre des perrons à toutes les maisons de la rue Saint-Paul dont le sol sera abaissé de 2 pieds. Il faudra baisser également les voûtes des caves de toutes les maisons. Pendant 4 ou 5 ans, tout le quartier sera impraticable. Les rues Neuve-Saint-Paul et des Lions ne seront plus au même niveau. La batellerie souffrira des travaux
Note. Cette pièce semble une pétition des habitants menacés par les travaux. — Trudaine, qui y est plusieurs fois nommé, est Charles Trudaine, conseiller d'État, Prévôt des Marchands de Paris, destitué par le Régent comme trop « honnête homme ».
Travaux de voirie rue Gaillon.
163. Lettre du prévôt des marchands, Turgot, au contrôleur général. Du 31 mai 1740 [V] (2168).
L'égout de Gaillon, qui débouche rue Louis le Grand près le magasin des marbres du roi, vient d'être reconstruit plus droit et voûté dans toute sa longueur. Son tournant est engagé sous une petite place appartenant au roi, cédée jadis aux fermiers généraux pour y établir un bureau de barrière et louée à un cabaretier. Les travaux ont nécessité la démolition d'une partie d'un petit bâtiment sur la place. Le prévôt demande la permission, pour la Ville, de supprimer la pointe de cette place pour procurer un tournant et une entrée plus aérés à la rue Louis le Grand sur le rempart. La Ville se chargera de rétablir le bâtiment détruit. — En tête de la pièce, on lit : « A M. de Cotte pour qu'il m'en parle en me repré- sentant le plan entier du magasin. 2 juin 1740. »
Plan 2167. Plan de la place Louis le Grand.
Note. Il s'agit naturellement de Jules Robert de Cotte, le fils, Robert de Cotte étant mort en 1735.
164. Copie d'un mémoire du prévôt des marchands et des échevins de la ville de Paris relatif au même objet que la lettre précédente, suivie de la réponse [V] (2168).
ABBAYE-AU-BOIS — QUAIS ET PONTS 43
La suppression de la petite place est autorisée, mais l'étendue des travaux projetés par la municipalité est réduite.
Abbaye-au-Bois.
165. Lettre de Pontchartrain à Robert de Cotte. De Marly, le 9 juillet 1715 [II] (539).
Il l'avise du mauvais état de l'Abbaye-au-Bois, des démolitions qu'on y a faites et l'invite à visiter les lieux pour déterminer les réparations à faire.
Plans 539. Plan de l'Abbaye-au-Bois, faubourg Saint-Germain, à Paris.
Note. Il s'agit des bâtiments de l'Abbaye-au-Bois, 16, rue de Sèvres. Pontchar- train parle, dans cette lettre, du défaut d'un « lieu pour faire le service divin ». L'église ne fut commencée qu'en 17 18.
166. Lettre de Pontchartrain à R. de Cotte. De Marly, le 16 juillet 1715
[II] (539).
Il lui demande le plus tôt possible le procès-verbal de sa visite à l'Abbaye-au-Bois.
167. Récapitulation des sommes à quoi montent les ouvrages faits dans le monastère des Bernardines de l'Abbaye-au-Bois [II] (539).
Quais et ponts.
168. Devis des ouvrages de maçonnerie et charpenterie qu'il convient faire pour la reconstruction de la partie du mur, quai des Orfèvres, en l'étendue de la brèche qui est faite par la chute du Pont, au mois de jan- vier dernier, en quinze à seize toises de long environ, suivant les des- sins qui en ont été faits par le maître général des Bâtiments de la Ville, en exécution des ordres de Messieurs les prévôt des marchands et échevins de cette ville de Paris... Fait et présenté au Bureau de la Ville, ce huitième Juillet mil sept cent seize. (Pièce imprimée) [II] (741).
44 Q.UAIS ET PONTS
Plan 739-740. Plan et élévation d'une réparation faite au quai des Orfèvres à Paris, en l'année 17 16.
Note. La réparation fut exécutée par Beausire, architecte, maître général des Bâtiments du Roi et de la Ville, ainsi qu'en témoignent deux inscriptions du 8 juil- let 1716 au dos du plan et de l'élévation.
169. Brouillon d'un procès-verbal d'examen des murs qui forment la place au milieu du Pont-Neuf qui enferme la figure équestre de Henri IV. Le 3 juillet 1716 [I] (434).
Des dégradations menacent la solidité de l'éperon du Pont Xeuf. Les causes en sont indiquées ainsi que le moyen d'y remédier.
170. Autre exemplaire de la même pièce [I] (434).
171. Devis et conditions pour la construction du pont de bois à faire sur la rivière de Seine pour la communication de l'île Saint-Louis et de l'ile Notre-Dame à Paris, suivant les dessins de M. de Cotte II] (735).
Plans 731 à 734. Quatre dessins du pont de bois communiquant de l'île Saint-Louis à l'île Notre Dame à Paris (datés de 1717).
Notes. Au dos du dessin n° 731, on lit : « Tant que l'Ile Saint-Louis ne fut point couverte de maisons, il n'y eut point de pont pour communiquer à la cité. Mais il paraît qu'en 1634 il en existait un. Il fut fort endommagé dans l'hiver de 1709 et détruit l'année suivante. Ce ne fut qu'en 1787 qu'il fut rétabli. Il prit alors le nom de Pont Rouge parce qu'il était peint de cette couleur. On avait accordé un péage pour le construire. Les seuls piétons y passaient. »
172. Engagement de Gervais [mot Mis] Rennequin qui promet de con- struire en 1717 le pont de bois entre l'île Saint-Louis et l'île Notre-Dame, selon les plans de Robert de Cotte et les stipulations du devis. Du 2 mars 1717 [II] (735).
En paiement de son travail il touchera le péage pendant 12 ans, soit 1 liard par personne, 1 2 deniers par cavalier ou bête de charge accompagnée, 3 liards par chaise à porteurs, 12 deniers par char- rette à 2 roues. Il veillera à l'entretien du pont qu'il rendra en bon état. Si avant 12 ans un pont de pierre remplaçait le pont de bois il garderait en dédommagement les matériaux du pont de bois.
173. Arrêt de la Cour du Parlement du 5 septembre 1718 relatif à la reconstruction du Petit Pont (Pièce imprimée) [III] (non numér.).
QUAIS ET PONTS 45
On ne reconstruira pas les maisons incendiées sur le Petit Pont et qui sont énumérées, non plus que les échoppes longeant l'Hôtel Dieu. Les maisons qui pourront être rebâties sont spécifiées. Le Petit Pont sera reconstruit après l'hiver.
Notes. C'est le 27 avril 17 18 que brûla le Petit Pont. Piganiol décrit tout au long l'incendie et indique les causes du sinistre, Description de Paris, I, p. 118 et suiv.
174. Devis des ouvrages de maçonnerie, charpenterie, gros fer et plomb qu'il convient faire pour la reconstruction des trois arches du pont de pierre dans l'espace du bassin de la rivière, entre l'Hôtel Dieu et le Petit Chatelet et partie de leurs piles et culées au-dessous de l'eau, tant au sujet de l'incendie arrivé le 27 avril 1718 que de leur mauvais état par vétusté (Pièce imprimée) [III] (non numér.).
175. Extrait du toisé et détail des prix pour la reconstruction du Petit Pont [III] (non numér.).
Le total général des prix est de 93.365 1. 10 s.
176. Devis des ouvrages de maçonnerie, charpenterie, gros fer, plom- berie, fouille de terre et épuisement d'eau qu'il convient faire pour la construction à neuf d'un mur de quai depuis le devant du massif de la double rampe, au-dessous de la culée du Pont Neuf, dit de l'École, en la longueur de cent quinze toises ou environ, jusqu'au coude, au delà du Port au Blé, avec un abreuvoir au lieu de celui de Bourbon qui sera supprimé, et deux descentes en la rivière, et un terre plein au devant dudit mur de quai, pour soutenir les ports au Blé et aux Fruits, le tout suivant les plans, profils et élévations qui en ont été faits et les alignements donnés de l'ordre de messieurs le prévôt des marchands et échevins de cette ville de Paris par le sieur Beausire, conseiller architecte du Roi et de son académie... le tout construit des qualités et matériaux ci-après déclarés.
Le 3 février 1719. (Pièce imprimée) [III] (non numér.).
177. Devis des ouvrages à faire pour le quai du Louvre [III] (non numér.).
Incomplet. Indique les prix des épuisements d'eau et batardeaux, des pieux de bois et de tous les bois nécessaires, des toises cubes de mur du quai, des toises courantes de mur de cordon, des toises courantes de parapet, des bornes.
46 NOTRE-DAME DE PARIS
Notre-Dame de Paris.
178. Devis des ouvrages de marbre pour la chapelle de la Vierge dans l'église de Notre-Dame de Paris, que son Éminence Mgr le Cardinal de
Noailles veut faire construire suivant les dessins de M. de Cotte et
des constructions ci-après déclarées. Le 25 mars 1718 [II] (684).
Avis aux entrepreneurs, leur indiquant les travaux et les conditions des marchés à passer. Les marbres étant fournis, les travaux devront être exécutés pour 8.300 1. Les démolitions appar- tiendront à l'entrepreneur.
Plans 677-678. Deux différents dessins projetés pour la chapelle de la Sainte Vierge en [ladite] église (Notre-Dame). — 679-680. Deux différents dessins projetés pour la chapelle de la Sainte Vierge en ladite Eglise.
Note. Voy. pour cette pièce et les suivantes la décoration de la chapelle de la Vierge par le cardinal de Noailles, dans Piganiol, Description de Paris, 1. 1, p. 424 et suiv.
179. Devis, prix et qualité des ouvrages de marbre qu'il convient faire pour la construction de l'autel, coffre d'autel, lambris, marche et marche- pied de la Sainte Vierge à Notre-Dame de Paris [II] (684).
Le prix des marbres est de 8.750 l., celui de la façon de 7.000 1., celui des agrafes, barres de fer, crampons, etc., de 1.000 1.
180. Devis des ouvrages de bronze qui composent tout le tabernacle de la chapelle de la Vierge de Notre-Dame de Paris, fait par ordre de S. E. Mgr le Cardinal de Noailles et de M. de Cotte. A Paris, le 15 mai 1719 [II] (684).
Le total est de 5.510 1., auquel il faut ajouter 1.900 1. si le cardinal veut le dessus du tabernacle en bronze doré d'or moulu.
181. Devis des ouvrages destinés à la construction de la balustrade de fer qui doit orner la ceinture de la chapelle de la Vierge de l'église de Paris suivant les dessins faits par M. de Cotte... [II] (684).
NOTRE-DAME DE PARIS 47
182. Mémoire de ce qui a été fait et fourni de serrurerie pour S. E. Mgr le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris, au sujet de la construction de la chapelle de la Vierge dans Notre-Dame, par Osmont. maître serrurier [II] (684;.
Modéré par de Cotte le 14 mai 1719, à 1.599 1-
183. Mémoire des augmentations d'ouvrages de sculpture qui ont été faits à la chapelle de la Vierge de l'église de Paris, par ordre de S. E. Mgr le Cardinal de Noailles, au sujet du tabernacle et des groupes d'enfants, faites par Vassé, sculpteur dans l'année 1719 [II] (684).
184. Double d'un mémoire des ouvrages de sculpture faits par augmen- tation, par l'ordre de Monseigneur le Cardinal de Noailles, au sujet de la chapelle de la Vierge de l'église de Paris, par le sieur Vassé, sculpteur du roi pendant les années 1720-21-22 [II] (684).
Il s'agit de la Vierge déjà commencée par l'artiste, mais qu'il dut refaire, le Cardinal la voulant plus grande. Le total général porté par Vassé à 9.025 1. fut modéré le 27 août 1722 à 6.650 1.
185. Récapitulation des sommes dues à Vassé pour ses sculptures à la chapelle de la Vierge [II] (684).
Mémoire du 22 mars 17 18 : 20.000 1. Mémoire d'augmen- tation du 16 décembre 1720 : 7.620 1. Autre idem du 27 août 1722 : 6.650 1., dont il faut déduire : deux figures de saint Marcel et sainte Geneviève non faites : 2.600 1. ; le tabernacle du premier marché non fait : 1.550 1; la première figure de la Vierge non faite : 3.500 1. Reste un total de 26.620 1.
186. Récapitulation des changements faits au projet de la chapelle de la Vierge depuis le marché qui en a été réglé [II] (684).
Un chapiteau en marbre a été commandé en plus. Le couron- nement a été exhaussé de 4 pieds. Les ornements du socle d'en haut se font en métal au lieu de bois. Deux cartels nouveaux en bois, avec des ornements, ont été commandés. Au contraire, ont été supprimées deux figures et culs-de-lampe. Cela porte à 19.200 1. le total des sculptures de la chapelle de la Vierge.
48 NOTRE-DAME DE PARIS
187. Devis de la sculpture pour la chapelle qui fait symétrie à celle de la Vierge à l'église Notre-Dame de Paris, que S. E. Mgr le cardinal de Noailles veut faire construire suivant les dessins qu'elle en a réglé [II] (684).
Ce devis comprend 6 chapiteaux, le couronnement de l'autel,
2 groupes d'enfants, 2 vases, 18 médaillons, 2 cartels, 4 ornements dans les panneaux, 1 grand cadre de tableau, des ornements en bronze à l'attique, 2 consoles à l'attique, 2 torchères de bronze à
3 bobèches, 2 consoles d'angles du coffre de l'autel, 2 crédences, des ornements de socle. — Engagement de Frémin le 26 novembre 17 19 d'exécuter ces travaux pour 18.350 1.
Note. C'est de la chapelle Saint-Denis ou des Martyrs qu'il s'agit. Voy. Piganiol, Description de 'Paris, I, p. 48, pour cette pièce et les suivantes.
188. Même devis [II] (684).
Cayot s'engage à l'exécuter pour 16.820 1. — Le 27 novembre 1719.
189. Même devis [II] (684).
Bousseau et Lepautre s'engagent à l'exécuter pour 16.190 1. — Le 8 décembre 17 19.
190. Même devis [II] (684).
Les sculpteurs Hoffemant, Charpentier, Montheau s'engagent à l'exécuter moyennant 15.760 1. — Le 9 décembre 17 19. — La pièce se termine par un bon du cardinal de Noailles de 13.680 1. du 16 décembre 1719.
Note. Le sculpteur Charpentier, dont on trouve le nom ici, est-il Claude Char- pentier qui obtient le grand prix en 1698, et dont Bellier de la Chavignerie écrit, Dictionnaire des Artistes de l'Ecole française, I, p. 233 : « Charpentier mourut-il pen- dant son séjour à l'École de France, à Rome ? C'est ce que nous ignorons, n'ayant trouvé sur son compte aucune autre indication ? » ou bien René Charpentier, qui, selon les Comptes des Bâtiments du roi, travailla à Notre-Dame en 171 1 et à la cha- pelle de Versailles ? Et n'y aurait-il pas identité entre les deux artistes ? Les collabo- rateurs de Charpentier sont bien connus : ils sont employés à diverses reprises par
NOTRE-DAME DE PARIS 49
Louis XIV. (Voy. Comptes des Bâtiments du roi sous le régne de Louis XIV, publics par J.-J. Guiffrey, passim.)
191. Table comparative des prix demandés par Cayot, Frémin, Le Pautre et Bousseau, Charpentier, Hoffemant et Montheau pour les divers articles de sculpture de la chapelle qui fait symétrie à celle de la Vierge à l'église Notre Dame de Paris [II] (684).
192. Marché passé le 18 avril 1721, par Nicolas Coustou, pour l'exécu- tion de la statue de saint Denis, dans la chapelle des Martyrs, à Notre- Dame, qui fait symétrie à celle de la Vierge [II] (684).
Coustou se charge de tous les frais, de l'achat du marbre, de l'exécution de deux moulages en plâtre, de la mise en place, moyen- nant 6.000 1. dont les dates de paiement sont indiquées.
193. Mémoire des augmentations de la sculpture en bois faite à l'autel de Saint-Denis, dans l'église de Notre-Dame à Paris, par ordre de S. E. Mgr le Cardinal de Noailles , archevêque de Paris, et sur les des- sins de Monsieur de Cotte... par Charpentier et Montheau [II] (684).
Ce mémoire comprend uniquement des sculptures décoratives et des dorures qui sont détaillées. Le total, 2.572 1. 12 s. 6 d., est réduit par de Cotte à 1.944 1«
194. Devis des ouvrages de menuiserie qu'il convient faire pour la construction d'un retable d'autel et lambris au pourtour que Mgr le duc de Noailles veut faire faire dans une chapelle de Notre-Dame, vis-à-vis le sanctuaire, suivant les plans et dessins de Monsieur de Cotte... [II] (576).
Les travaux à exécuter sont décrits. Quelques prix seulement sont indiqués, en marge, presque tous au crayon.
Plans <>66 à 575. Plusieurs plans et autres dessins pour la chapelle de M. le Cardinal de Noailles dans l'église Notre-Dame de Paris.
-,-v
Notes. S'agit-il ici des chapelles Saint-Martin et Sainte-Anne, réunies en une seule, qui servait de sépulture à la famille de Noailles, et que le cardinal de Noailles fit décorer sous la direction de Boffrand ?
Inventaire de R. de Cotte. a
50 BIBLIOTHEQUE DU ROI
195. Devis et marché des ouvrages de menuiserie qu'il convient faire à la chapelle que désire faire construire Mgr le duc de Noailles en l'église de Notre Dame, suivant les plans, dessins et profils de Monsieur de Cotte... [II] (576).
Les prix sont indiqués. Le total s'élève à 3.600 1.
196. Devis des ouvrages de sculpture en bois qu'il convient faire à la chapelle de Mgr le duc de Noailles, à Notre-Dame, conformément au dessin de Monsieur de Cotte [II] (576).
Les prix sont indiqués. Le total est de 4.341 1. A la fin, un compte de détail relatif aux travaux de la chapelle.
197. Devis des ouvrages de serrurerie qu'il convient faire pour ladite chapelle [II] (576).
Il s'agit des portes de clôture avec leurs battants, serrures, ver- rous, etc., portant les armes de l'archevêque.
Note. De Cotte dirigea à Notre-Dame d'autres travaux auxquels ne se rap- portent aucun manuscrit, mais sur lesquels on peut consulter les plans et dessins suivants de l'ancien répertoire : n05 674 à 676, 681 à 683, 1581 à 1584, 1855 à 1863, 2210 et 221 1, 2220, 2268 à 2270.
198. État de ce qui doit être dessiné et gravé concernant le chœur de l'église Notre-Dame, par moi, Charles Nicolas Cochin. Le 12 août 1717
[II] (576).
i° Le plan géométral du chœur, 2° L'élévation perspective du fond du chœur, 30 Une façade en longueur, en deux morceaux, 40 Le fond où est l'autel et ce qui l'environne, 50 L'autel en particulier avec le tombeau, ornements, bas-reliefs, gravures et anges, 6° La façade d'entrée où sont les deux chapelles et la grille. Le prix con- venu est de 3.330 1.
Bibliothèque du Roi.
199. Projet d'installation de la Bibliothèque du Roi au Louvre [IV] (1517).
BIBLIOTHÈQUE DU ROI 51
Ce projet propose d'affecter à la bibliothèque une partie de la Grande Galerie du côté du Grand Salon.
Plans 15 13 à 15 16. Plusieurs projets pour placer la Bibliothèque du Roi au Louvre.
Notes. On lit dans l'Essai historique sur la Bibliothèque du Roi, par Le Prince, réimpression de Louis Paris, 1856, p. 75 : « Tant de richesses firent bientôt con- naître que les deux maisons de la rue Vivienne ne suffisaient plus pour contenir cette bibliothèque. M. l'abbé de Louvois se proposait alors de la transporter dans la grande gallerie du Louvre, mais l'arrivée de l'infante d'Espagne qui devait demeurer dans ce Palais dérangea ce projet. » — Il y eut d'autres projets de transfert de la bibliothèque royale dont on retrouve les plans dans les papiers de R. de Cotte : i° à la place Louis-le-Grand, plans i486 à 1503 ; 2° à l'hôtel de Nevers (ce qui fut fait), plans 1 504 à 1511.
200. Extrait de la dépense à faire pour la Bibliothèque du roi au Louvre pendant les années 1720, 1721, 1722 [IV] (1517).
Le devis s'élève à 620.000 1.
201. Fragment de devis concernant la Bibliothèque du Roi au Louvre
[IV] (1517).
Le total général s'élève à 671.120 1.
202. Devis des ouvrages de sculpture en plâtre et bois que le Roi désire faire faire à sa Bibliothèque au Louvre à Paris, suivant les des- sins qu'il a arrêtés, faits par M. de Cotte... [IV] (1517).
203. Récapitulation de la dépense à faire à la Bibliothèque du Roi au Louvre [IV] (1517).
Le total s'élève à 178.554 1. 11 s. 6.
204. Mémoire de Robert de Cotte sur la distribution de la Bibliothèque du Roi dans l'hôtel de Nevers, selon les indications à lui fournies par
l'abbé Bignon, suivi d'un devis des frais d'aménagement 1727
[Ms. 7801, p. 244 à 248] (non numér.).
Ces frais s'élèvent à 344.995 1. — On lit à la fin : « J'ay vu et examiné tous les plans et projets cy dessus dressés avec grand soin par Monsieur de Cotte sur les mémoires que je luy avais remis
52 EAUX DARCUEIL
après avoir fait les calculs de la quantité et hauteur des différents volumes de la Bibliothèque du Roy. Fait à Paris le 7 septembre 1727. — Signé : L'abbé Bignon. » — Et « Le projet me paraît le plus beau du monde et le plus sage, et la Bibliothèque du Roy est un objet si considérable et mérite tant d'attention que je voy qu'il n'y a point d'ouvrage plus pressé, d'autant que le plus difficile est fait par l'achat de la maison qui est des plus vastes de tout Paris. Fait à Paris le 8 de septembre 1727. — Signé : Le duc d'Antin. »
Plans 2335. Plan général de la bibliothèque du... — 2336. Plan des bâtiments de la Banque avant qu'on y ait placé la Bibliothèque du Roi, rez-de-chaussée, premier étage et combles. — 2337. Plan des bâtiments de la Bibliothèque du Roi avec un projet pour le salon des Globes, rez-de-chaussée et premier étage. — 2338. Plan des bâtiments de la Bibliothèque du Roi avec trois projets pour le salon des Globes, rez-de-chaussée et premier étage. — 2339. Plans des bâtiments de la Biblio- thèque du Roi avec un projet au crayon pour le Salon des Globes, rez-de-chaussée et premier étage. — 2340. Plans des bâtiments de la Bibliothèque du Roi avec un projet pour l'aile du Midi et l'aile de l'horloge, rez-de-chaussée et premier étage, en partie exécuté. — 2341. Plans des bâtiments de la Bibliothèque du Roi avec projets pour une aile à bâtir au midi et changements dans l'aile de l'horloge, rez- de-chaussée et premier étage (non exécuté). — 2342. Plan d'un projet général pour la Bibliothèque du Roi avec projet pour une aile à bâtir au midi et changements dans l'aile de l'horloge, rez-de-chaussée et premier étage (non exécuté). — 2342. Plan d'un projet général pour la Bibliothèque du Roi en portant les Bâtiments jus- qu'à la rue Vivienne, rez-de-chaussée et premier étage. — ■ 2343 à 2347. Elévation et coupes de différentes parties de la Bibliothèque du Roi. — 2348 à 2351. Détails pour les bâtiments de la Bibliothèque du Roi. — 2585 à 2588. Plans et projets pour la Bibliothèque du Roi.
Note. Ce mémoire a été publié dans le Carnet historique de Louis Paris, année 1857, tome III, p. 85 à 90. Un commentaire annonce à tort qu'il n'est pas accompagné de plans, parce que Louis Paris n'a pas connu les papiers de R. de Cotte conservés au Cabinet des Estampes.
Eaux d'Arcueil.
205. Mémoire concernant les eaux de Rungis et d'Arcueil (par de Francine, sans doute) ; 1724 [V] (2707).
Les sources appartenant au roi ont considérablement diminué depuis 17 19. En 1724, il n'arrive plus d'Arcueil que 18 pouces d'eau.
EAUX DARCUEIL 53
Avant l'entrée à Paris, on en distribue 2 pouces 4 lignes en cam- pagne. La ville prend | des eaux arrivant à l'Observatoire. Il n'entre donc dans le bassin du roi que 12 pouces d'eau. Le roi en distribue 108 lignes avant l'arrivée au Luxembourg. Restent donc n pouces f. Le palais du Luxembourg consomme 6 pouces |. On distrait 112 lignes avant la Croix du Trahoir où il n'arrive par consé- quent, en principe, que 5 pouces §. Malgré tous les soins du sieur de Francine, il n'arrive en réalité pas une goutte d'eau à la Croix de Trahoir. On a essayé de retrouver les fuites, mais sans succès. La faute en est à l'extrême profondeur où se trouvent les tuyaux du roi par suite de l'exhaussement des pavés. Le seul remède est de fouiller la conduite d'un bout à l'autre. Quand on le fera, il faudra continuer la voûte de l'acqueduc sur une longueur de 65 toises, exécuter sur la conduite quatre regards avec robinets qui permettront de limiter les recherches en cas d'accident. Ces travaux sont urgents.
Plans 2 187-2 188. Deux cartes des environs d'Arcueil et de Rungis avec les acqueducs pour lesdites eaux. — 2189 à 219g. Plans et élévations de plusieurs regards... pour les eaux d'Arcueil et leur distribution dans Paris. — 2700. Plan d'une partie du quartier de l'Observatoire et de la conduite des eaux d'Arcueil. — 2701. Plan général de la conduite des eaux d'Arcueil, depuis Rungis jusqu'à la place Saint-Michel. — 2702. Minute d'un plan général de cette même conduite. — 2703 à 2706. Plans de divers regards des eaux d'Arcueil.
Note. Les eaux qui alimentaient Paris étaient les eaux de la Seine montées par les machines du Pont Notre-Dame, les eaux du Pré Saint-Gervais, de Belleville et d'Arcueil ou Rungis. La construction de l'aqueduc d'Arcueil avait été terminée en 1624. Elle avait été commencée par Sully et aurait été abandonnée à la mort de Henri IV si Marie de Médicis n'en avait eu besoin pour le Luxembourg. La maçonnerie seule avait coûté près d'un million de livres. En 1656, on fit de nou- velles fouilles qui amenèrent au bassin de réception des eaux, à l'Observatoire, 84 pouces d'eau au lieu de 50. Voy. Bonamy, Mémoire sur les acqueducs de Paris, 1764. Les « intendants des eaux et fontaines des châteaux royaux » étaient depuis longtemps les Francini ou de Francine de Villepreux.
206. Mémoire pour servir à la connaissance des eaux d'Arcueil, à la distribution d'icelles, aux entretiens de l'acqueduc, regards et con- duites en plomb desdites eaux [V] (2200).
Le « grand quarré de Rungis » où les eaux prennent leur source est décrit, le débit, le chemin parcouru jusqu'à l'Observatoire sont
54 EAUX D ARCUEIL
indiqués. A l'Observatoire ces eaux sont divisées entre le roi qui en prend | et la ville qui en prend £. Le partage se fait dans deux bassins où les eaux sont jaugées. La distribution chez les particuliers est détaillée, puis les conditions d'entretien de l'acqueduc, dont la surveillance est confiée au sieur de Francine.
207. Autre exemplaire de la même pièce [V] (2200).
208. Note indiquant les travaux importants exécutés depuis le début du XVIIe siècle pour l'adduction des eaux de Rungis [V] (2200).
La première recherche est de 1612 et a été payée sur la ferme de 30 sols d'entrée par muid de vin. La deuxième est de 1655 et a été faite aux frais communs de la Ville et du sieur de Francini. Ces sources, augmentées de sources accessoires, amenaient, en 1676, 80 pouces d'eau au château d'eau. En 1671, suivant arrêt du 25 juillet, la ville fit une recherche qui donna l'eau du regard de Cachan. Un arrêt du 2 avril 1671 ordonne la création de 1 5 fontaines en différents endroits sur les eaux de Rungis.
209. Copie d'un arrêt du 3 juillet 1630 relatif aux eaux d'Arcueil [V] (2200).
La reine mère accorde aux Bénédictines du faubourg Saint-Ger- main | pouce d'eau sur les eaux de Rungis ; les Bénédictines feront les canaux à leurs frais.
210. Copie d'un arrêt du 16 juin 1631 relatif aux eaux d'Arcueil [V] (2200).
La reine mère accorde aux religieuses bénédictines de la congré- gation du Calvaire, au faubourg Saint-Germain-des-Prés, un demi- pouce d'eau qui sera prise à la décharge de la fontaine du grand parterre de son palais, sis audit faubourg.
211. Lettre du duc de Bouillon (au duc d'Antin ?). Du château de Navarre, le 7 novembre 1732 [V] (2200).
EAUX D ARCUEIL 5 5
Il doit recevoir 2 pouces f d'eau dans son hôtel, suivant acquisi- tion faite en 1656-1657. Tout l'été ses conduites ont été vides; presque tous les ans, il en est ainsi. Il a réclamé en vain à de Cotte. Son concierge a dû ouvrir les robinets d'un regard situé quai des Grands-Augustins et construit aux frais communs de l'hôtel de Conti et de l'hôtel de Bouillon. Le sieur Ballot, fontainier, les tenait obstinément fermés. Il demande une visite du regard commun aux hôtels de Conti et de Bouillon et de la cuvette de jauge de son hôtel. De plus, il désire que l'entrée du regard soit interdite au sieur Ballot, qui, de la sorte, ne pourra plus réserver l'eau pour ses amis.
212. Réponse, sous forme de note en deux articles, à la lettre du duc de Bouillon du 7 novembre 1732 [V] (2200).
i° Il est vrai que le duc a manqué d'eau, mais comme le roi, les grands seigneurs et les particuliers. Dans la visite qu'on vient de faire au regard de l'hôtel, on a constaté non seulement qu'il y avait de l'eau pour le moment, mais qu'il y en avait même 2 pouces § au lieu de 2 pouces f . Cette augmentation est due à la violation com- mise par le jardinier de l'hôtel de Bouillon d'un regard appartenant au roi, délit dont il devrait être sévèrement puni. En fait, les 2 pouces | d'eau que réclame le duc devraient être réduits des f par la seule raison que les sources ont diminué d'autant. — 2° Le regard du quai des Grands-Augustins, au coin de la rue Dauphine, n'a pas été construit à frais communs par l'hôtel de Conti et l'hôtel de Bouillon, mais il appartient au roi. Il a été construit en 1625, lors de l'établissement des eaux d'Arcueil, et la concession de l'hôtel de Bouillon n'est que de 1656-1657.
213. Mémoire relatif à la distribution des eaux d'Arcueil [V] (2307). Ce mémoire sert de légende à un des plans signalés pièce n° 205.
214. Brouillon de la pièce précédente [V] (2307).
5 6 PONT-NEUF — ÉGLISE SAINT-THOMAS — RUE DE L'ABREUVOIR
Pompe du Pont Neuf.
215. Copie du contrat pour la construction du bassin destiné à réser- ver les eaux de la Samaritaine ou pompe du Pont Neuf. Du 5 mars 1607 [V] (2037).
Eglise Saint-Thomas du Louvre.
216. Extrait des registres du chapitre de l'église royale, collégiale et paroissiale de Saint-Thomas du Louvre, à Paris, concernant des répara- tions. Le 2 septembre 1726 [IV] (1344).
A la suite d'accidents survenus par la chute de pierres sur les desservants et les fidèles, le chapitre a délégué, le 2 septembre 1726, MM. Auhert, doyen, et Baslin, chanoine, à M. de Cotte (l'église étant de fondation royale), pour le prier de visiter les lieux et de dresser procès-verbal.
Plans 1341 à 1343. Dessins faits pour le maître-autel de Saint-Thomas du Louvre.
Notes. Si des réparations furent exécutées à ce moment, elles ne suffirent pas à consolider l'église puisque Le Bœuf écrit, t. I, p. 54, que « la voûte ayant manqué, le 15 octobre 1739, il y eut plusieurs chanoines écrasés sous les ruines ». D'autre part, on lit dans Piganiol Description de Paris, 1742, t. II, p. 266, que le « Chapitre étant censé de fondation royale, cette qualité lui a mérité les bienfaits du roi Louis XV qui, sur les très humbles représentations de l'abbé Larcher, un des chanoines de cette église, lui a accordé la somme de cent cinquante mille livres pour être employée à rebâtir à neuf l'église Saint-Thomas, celle d'aujourd'hui menaçant ruine et étant même en péril menaçant. »
Ouverture de la rue de l'Abreuvoir.
217. Requête des curé, marguilliers, seigneurs et principaux habi- tants de la paroisse de Sainte-Marie-Magdelaine de la Ville l'Évêque, faubourg Saint-Honoré , à Paris, demandant que la rue de la Bonne Molue (?) ou de l'Abreuvoir soit rendue à la circulation, et réponse de Pierre Garlier, fermier général, à leur requête; 1729 [VI] (non numér.).
OUVERTURE DE LA RUE DE L ABREUVOIR 57
Les habitants ont fait paver et éclairer cette rue; les fermiers généraux l'ont fait fermer sans aucune formalité de justice. Il en résulte trois gros inconvénients : i° Un retard dans l'administration des sacrements aux habitants des Champs-Elysées, par suite du détour à faire; 2° Le cul-de-sac que forme la rue sert de repaire à tous les bandits et duellistes du quartier; 30 En cas d'incendie, on ne pourrait tirer d'eau de la Seine. — Pour empêcher la fraude, les fermiers généraux n'ont qu'à poser une barrière.
Pierre Carlier, fermier général, répond que, lors de la construc- tion du Pont Tournant des Tuileries, on démolit, entre autres mai- sons, le bureau de perception servant à la barrière du Cours. Le nouveau bureau se trouvant à éo toises de la rue de la Bonne Molue (?J, les fraudes pouvaient se commettre sur cet espace. Un arrêt du Conseil du 24 avril 17 17 autorisa les fermiers à con- struire un mur pour remédier à cet inconvénient : c'est ce mur que les habitants prétendent construit sans aucune formalité de justice. Personne ne s'est plaint alors. Les trois arguments invoqués par les habitants sont mauvais. Le détour pour arriver aux Champs-Elysées est presque nul. Les bandits pris dans un cul-de-sac sont bien plus vite capturés. En cas d'incendie on aura bien plus tôt fait de tirer trente seaux d'eau d'un puits voisin que d'aller à la Seine. Il faut donc laisser les choses en l'état. Tout changement amènerait des dépenses supplémentaires au roi et à Pierre Carlier.
218. Arrêt du Conseil d'État accordant l'ouverture de la rue de la Bonne Molue (?). Le 13 décembre 1729 [VI] (non numér.).
Vus les deux mémoires précédents, un mémoire de Tarlet, mar- brier du roi, qui prétend que les marbres du roi déposés aux Champs-Elysées auront à souffrir du percement de la rue, la réponse des habitants, les deux arrêts du Ier août 1716 et du 24 avril 17 17, l'avis du sieur Hérault, maître des requêtes, lieutenant général de police, à Paris, ouï le rapport de Le Peletier, conseiller d'Etat ordinaire et au Conseil Royal, le Conseil reçoit la demande des habitants, décide que la rue de la Bonne
58 HÔTEL D ARMAGNAC
Molue (?) sera ouverte sur les Champs-Etysées et qu'une barrière y sera construite aux frais des fermiers généraux.
Hôtel d* Armagnac.
219. État des bâtiments de l'hôtel d'Armagnac, sis à Paris, au Carrou- sel, près les Tuileries, appartenant au roi, et destinés pour le logement du Grand Écuyer, 1734 [VI] (2331).
Les fondations n'ont plus aucune valeur. Les voûtes des caves ont suivi l'inclinaison des murs, ainsi que deux piliers de pierre destinés à les soutenir. Les murs de face ne sont plus au même alignement. Les murs de refend sont crevassés dans toute leur hau- teur : on a dû étayer des planchers pour empêcher leur chute, étayer aussi la voûte du grand escalier. Les bois des combles sont pourris. Si la maison n'était pas soutenue de haut en bas, elle s'écroulerait.
Plans 2325 à 2327. Plan de l'hôtel du prince Charles, depuis hôtel de Brionne. — 2503. Plan de l'hôtel de Brionne, rez-de-chaussée, Ier et 2e étage. — 2504 à 2508. Élévations de l'hôtel de Brionne.
220. Début de brouillon du procès-verbal de la visite de l'hôtel d'Ar- magnac, situé à Paris, rue de l'Échelle, joignant le Palais des Tuileries, faite par Robert et Jules Robert de Cotte, le 28 novembre 1734, pour déterminer les réparations à effectuer [VI] (2331).
221. Détail des ouvrages à faire à l'hôtel d'Armagnac, à la place du Carrousel, à Paris [VI] (2331).
Le total du devis des réparations s'élève à 129.218 1.
222. Devis des ouvrages de maçonnerie pour la reconstruction de l'hô- tel qu'occupe le Grand Écuyer de France, vis-à-vis la rue de l'Échelle, à Paris, que le roi a ordonné de démolir, étant de nulle valeur et prêt à tomber, conformément au procès-verbal qui en a été dressé par Mon- sieur de Cotte, premier architecte du roi, et par Messieurs les Officiers des Bâtiments de Sa Majesté, en date du dix-huit novembre mil sept
MANUFACTURE DES GOBELINS 59
cent trente-quatre, lequel devis a été dressé par mond. sieur de Cotte, suivant les plans, profils et élévations qui en ont été par lui faits [VI] (2331).
Manufacture des Gobelins.
223. Lettre d'Orry à Jules Robert de Cotte, relative aux tapisseries des Gobelins pour le roi de Pologne [Ms. 7801, p. 325] (2259).
Il le prie de passer à Meudon pour estimer la tapisserie et les quatre portières que désire le roi, et lui en remettre un mémoire.
224. Ordre au sieur Cozette, concierge des Gobelins, de livrer au roi de Pologne les douze tentures des mois Lucas et les quatre portières de Diane [Ms. 7801, p. 330] (2259).
Note. Non daté, mais du 15 mars 1737.
225. Ordre au sieur Duvivier, inspecteur de la manufacture de la Savonnerie, de délivrer au roi de Pologne un tapis de trois aunes de large sur trois aunes six seize de haut. Du 24 avril 1737 [Ms. 7801, p. 352] (2259).
226. Ordre au sieur Duvivier, inspecteur de la manufacture royale de la Savonnerie, de délivrer au roi de Pologne six grandes feuilles de paravent, six moyennes, six petites, quatre grandes banquettes et douze tabourets [Ms. 7801, p. 353] (2259).
227. Ordre d'Orry à l'inspecteur de la manufacture de la Savonnerie de délivrer, pour le roi de Pologne, quatre banquettes semblables à celles qui ont déjà été livrées [Ms. 7801, p. 349] (2259).
228. Lettre de M. de Mesckeck, grand maréchal du roi de Pologne, à Jules Robert de Cotte. De Lunéville, le 4 avril 1737 [Ms. 7801, p. 362] (2259).
Il le prie de faire envoyer le tapis de la Savonnerie dont le roi n'avait pas voulu d'abord.
229. Copie de la lettre écrite à M. de Mesckeck le 10 avril 1737 [Ms. 7801, p. 361] (2259).
éO MANUFACTURE DES GOBELINS
Le sieur Pescheur, chargé de l'expédition à Lunéville des objets choisis par le roi de Pologne, tant aux Gobelins qu'à la Savonne- rie, les a fait partir. Seul, le tapis de la Savonnerie, dont n'a pas voulu le roi, n'a pas été joint au ballot. Si le roi le désirait, le total de ses commandes à la Savonnerie s'élèverait à 9.737 1. 11 s. Que M. de Mesckeck s'informe du mode de payement que le roi entend adopter.
230. Lettre de M. de Mesckeck à Jules Robert de Cotte. De Lunéville, le 15 avril 1737 [Hs. 7801, p. 360] (2259).
Il le prie de faire envoyer à Lunéville le tapis de la Savonnerie dont le roi avait paru ne pas vouloir d'abord, et qu'il prend au prix de 2.227 1- I0 s-> ce qui &** avec les ouvrages mentionnés au premier mémoire 9.737 1. us.
231. Copie de la lettre écrite le 30 avril 1737 à M. de Mesckeck, grand maréchal du roi de Pologne [Ms. 7801, p. 359] (2259).
Le tapis de la Savonnerie souhaité par le roi arrivera incessam- ment.
232. Copie de la lettre adressée le 18 juillet 1737 à M. de Mesckeck pour lui demander les 9737 1. dues au sieur Noinville pour travaux de la Savonnerie livrés au roi de Pologne [Ms. 7801, p. 358] (2259).
233. Lettre de M. de Mesckeck à Jules Robert de Cotte. De Lunéville, le 15 août 1737 [Ms. 7801, p. 356] (2259).
Le paiement des ouvrages des Gobelins et de la Savonnerie a été retardé par un voyage qu'il a dû faire en Allemagne.
234. Lettre de M. de Mesckeck à Jules Robert de Cotte. De Lunéville, le 17 août 1737 [Ms. 7801, p. 350] (2259).
Il lui demande de vouloir bien envoyer le plus vite possible quatre banquettes semblables à celles que son maître a déjà. Qu'il en dise le prix en même temps, pour qu'on le fasse payer sans retard. Les commandes précédentes doivent être complètement payées.
MANUFACTURE DES GOBELINS él
235. Lettre d'Orry à Jules Robert de Cotte. De Versailles, le 22 août 1737 [Ms. 7801, p. 348 j (2259).
Il l'autorise à fournir au roi de Pologne quatre banquettes de la manufacture de la Savonnerie.
236. Lettre de M. de Mesckeck à Jules Robert de Cotte. De Lunéville, le 9 décembre 1737 [Ms. 7801, p. 354] (2259).
Si le payement des quatre banquettes de la Savonnerie a été retardé, ce n'est pas par oubli, c'est faute d'occasion d'envoyer les fonds. Si de Cotte ne trouve pas l'occasion de se prévaloir de cette somme sur M. Retel, trésorier du roi Stanislas, on comprendra le mémoire, soit 1155 1., dans la première lettre de change sur Paris.
237. Copie de l'engagement d'Audran et de Monmerqué d'exécuter les douze Mois Lucas et quatre tentures de Diane moyennant 63.0521. 10 s., suivie d'un ordre à Cozette, concierge des Gobelins, de rendre le bon qui lui a été donné pour sa sûreté quand il a livré les pièces au roi de Pologne, aussitôt qu'Audran et Monmerqué auront achevé leur travail [Ms. 7801, p. 333-334] (2259).
Note. Il s'agit ici de Mathieu Monmerqué, chef d'atelier de basse lisse de 1730 à 1736, et de haute lisse de 1736 à 1749, et de Michel Audran, chef d'atelier de haute lisse, de 1733 à 1772.
238. Mémoire indiquant la valeur totale des douze Mois de Lucas [Ms. 7801, p. 331-332] (2259).
Ils valent 53.287 1. 10 s. Les quatre tapisseries de Diane valent 9.765 1., les transformations à accomplir valent 979 1. Total 64.031 1. 10 s. — Au dos, indication des accomptes donnés à Audran et Monmerqué pour l'exécution de ces pièces du 3 avril 1737 au 23 février 1740.
239. Mémoire des pièces des Mois de Lucas que le sieur Monmerqué a faites pour être remplacées dans les magasins du roi de la part du roi de Pologne [Ms. 7801, p. 327] (2259).
62 MANUFACTURE DES GOBELINS
Le prix de six Mois, y compris celui de deux portières, est de 29.305 1. 18 s. 6 d. — A la fin se trouve un reçu de Monmerqué pour la somme ci-dessus du 28 janvier 1741.
Note. Voir la pièce n° 238.
240. État de la dépense qu'il convient faire pour les changements des douze Mois de Lucas et des quatre portières de Diane [Ms. 7801, p. 329] (2259).
Ces changements consistent en transformations d'armes et de chiffres. Le total est de 979 1. qui furent payées à Audran le 6 avril
1737- Note. Voir pièce n° 238.
241. Mémoire des pièces des Mois de Lucas faites par le sieur Audran pour être remplacées dans les magasins du roi , de la part du roi de Pologne [Ms. 7801, p. 328] (2259).
Le prix total de six mois, y compris celui de deux portières est de 33.825 1. 16 s. 11 d. A la kfin se trouve un reçu d' Audran pour la même somme, du 28 janvier 1741.
Note. Voir la pièce n° 238.
242. Copie de l'engagement du sieur Noinville, maître tapissier de la manufacture royale de la Savonnerie, de faire les ouvrages de tapisserie contenus dans l'ordre remis au sieur Duvivier le lei avril 1737 [Ms. 7801, p. 347] (2259).
Ces ouvrages sont six grandes feuilles de paravent à 2. 3 78 1. 6 s. 3 d., six moyennes à 1.532 1. 13 s. 6 d., six petites à 1.082 1. 16 s. 3 d., quatre grandes banquettes à 1.155 1., douze tabourets à 1.361 1. 5. s. Total : 7.510 1. 1 s. (?)
243. Indication des dates de payement du mémoire précédent à M. de Noinville [Ms. 7801, p. 336] (2259).
244. Ordre de payement de 3.000 1. à Noinville, à compte de ses tra- vaux pour le roi de Pologne. Du 30 décembre 1737. — Signé : J. R. de Cotte [Ms. 7801, p. 337] (2259).
MANUFACTURE DES GOBELINS 63
245. Quittance de Noinville pour ladite somme. Du 10 janvier 1738 [Ms. 7801, p. 338] (2259).
246. Ordre de paiement de 2.000 1. à Noinville, à compte sur ses tra- vaux pour le roi de Pologne. Du 27 août 1738. — Signé : J. R. de Cotte [Ms. 7801, p. 340] (2259).
247. Quittance de Noinville pour ladite somme. Du 3 septembre 1738 [Ms. 7801, p. 341] (2259).
248. Ordre de paiement de 3.000 1. à Noinville, à compte sur ses travaux pour le roi de Pologne. Du 3 mars 1739. Signé J. R. de Cotte [Ms. 7801, p. 342] (2259).
249. Quittance de Noinville pour ladite somme. Du 3 mars 1739 [Ms. 7801, p. 343] (2259).
250. État des ouvrages reçus de M. de Noinville pour remplacer ceux que le roi de Pologne avait tirés du magasin de la manufacture royale de la Savonnerie suivant les ordres du roi. Le présent état fait et rempli le 28 août 1739 [Ms. 7801, p. 335] (2259).
Ces ouvrages se composent de six grandes feuilles de paravent, six moyennes, six petites, d'un tapis, de douze tabourets, huit grandes banquettes pour le prix total de 10.892 1. 11 s.
251. Ordre de paiement de 2.892 1. 11 s. à Noinville pour parfaire le prix de ses travaux pour le roi de Pologne. Du 6 septembre 1739. Signé J. R. de Cotte [Ms. 7801, p. 344] (2259).
252. Quittance de Noinville pour ladite somme. Du 6 septembre 1739 [Ms. 7801, p. 345] (2259).
253. Régie de la manufacture royale des Gobelins, telle qu'elle a tou- jours été administrée depuis Monsieur de Colbert jusqu'à présent, 1« décembre 1745 [Ms. 7801, p. 319 à 323] (2259).
La manufacture des Gobelins et de la Savonnerie a toujours été, depuis Colbert, sous le contrôle direct du surintendant des Bâtiments, sans que le premier architecte ni l'inspecteur général des bâtiment^
64 MANUFACTURE DES GOBELINS
puissent s'en mêler. Le contrôleur général du département de Paris dirige la manufacture sous le surintendant. Il a sous ses ordres un inspecteur qui garde en même temps les travaux, un concierge qui garde les tentures, quatre maîtres tapissiers (deux hautliciers, deux basliciers), un teinturier et des apprentis peintres, sculpteurs, orfèvres, graveurs, bijoutiers, vernisseurs, menuisiers, serruriers et un portier. Il y a en outre un chapelain attaché à la manufacture. Le rapport détermine le rôle de chaque fonctionnaire et les sommes affectées aux travaux. Les hautliciers ont 29.000 1. de fonds, les basliciers 2.000 1. chacun. La consommation des laines est de 3.000 à 3.500 1., celle des soies est de 4.000 1. à 5.000 1. Le teinturier touche 1.000 à 1.200 1., le maître de dessin 120 1. par semestre. Tous les ouvriers sont logés aux Gobelins. Neuf pensions de 200 1. sont réservées aux vieux ouvriers. Autrefois les maîtres tapissiers et les teinturiers touchaient 150 1. de pension comme commensaux du roi; cette distinction les attachait à leur devoir : il serait bon de la rétablir.
Note. Ce rapport est de Jules-Robert de Cotte, directeur de la manufacture, comme contrôleur général de Paris. — M. Gerspach, dans La Manufacture nationale des Gobe- lins, 1892, in-8,p. 241, où il publie la liste des directeurs des Gobelins, indique Robert de Cotte comme directeur, de 1709 à 1735, et Jules Robert, de 1735 à 1747. Or, dans ce rapport, Jules Robert écrit : « M. de Cotte, mon père, qui était premier architecte du Roy et qui dans l'interrègne de Monsieur Mansart à Monsieur le duc d'Antin avait fait le règlement des Bastimens du Roy par ordre de Sa Majesté, tel qu'il a cru le devoir faire et désirer pour luy même, ne s'est jamais cru autorisé à devenir non seulement l'ordonnateur de ces manufactures et il n'y a même jamais pensé, mais encore il n'a jamais donné d'ordres à qui que ce soit de ces manufactures... M. de Cotte, intendant et contrôleur des Bâtiments du Roy au département de Paris, affirme que du moment qu'il a été nommé par le Roy con- trôleur du département de Paris en 1709, Monsieur son père ne s'est jamais meslé directement ny indirectement de ces manufactures »
254. État général de toutes les dépenses qui ont été faites dans les manufactures des Gobelins et de la Savonnerie pendant l'année 1745 [Ms. 7801, p. 324] (2259).
Le total pour les Gobelins est de 75.831 1. 10 s. 5 d.; pour la Savon- nerie, de 21.890 1. 13 s. 10 d. Le total général, de 97.722 1. 4 s. 5 d.
EXPROPRIATION DE TERRAINS DERRIERE LA CHANCELLERIE 65
255. Fragment de compte relatif à la manufacture des Gobelins [Ms.7801, p. 326] (2259).
Expropriation de terrains derrière la Chancellerie.
256. Arrêt du Conseil d'État du 24 avril 1742 relatif à l'expropriation de terrains voisins du Luxembourg, appartenant aux sieurs Crozat et Castagnier [VI] (2312).
Les propriétaires de ces terrains situés entre la rue Neuve du Luxembourg et l'hôtel du Chancelier de France, ayant manifesté l'in- tention d'y élever des constructions, ce qui rendrait l'hôtel à peu près inhabitable, le roi veut savoir s'il convient d'acheter ces ter- rains. Jules Robert de Cotte est chargé d'en lever le plan. Provisoi- rement, toute construction est interdite aux propriétaires. Suit le procès-verbal de signification de l'arrêt à Crozat et Castagnier, le 15 février 1743.
Plans 2308 à 231 1. Plans des terrains avoisinant l'hôtel de la Chancellerie.
— 2313. Plan d'un petit bâtiment sur la rue Neuve du Luxembourg (c'est le Ier étage du n° 2477). — 2314. Plan d'un petit bâtiment occupé par M. de Cotte, sans doute à la Chancellerie. — 2315-16. Plan et élévation de la chambre de M. le chancelier. — 2317 à 2324. Plans et élévations d'un bâtiment à élever sur le terrain de M. de Tugny, derrière la Chancellerie, rue Neuve du Luxembourg.
— 2474 à 2476. Plan de l'hôtel de la Chancellerie, rez-de-chaussée, Ier et 2e étage.
— 2477. Plans du terrain avoisinant l'hôtel de la Chancellerie. — 2753. Plusieurs plans de l'hôtel de la Chancellerie.
Notes. Par Luxembourg, dans le titre, il faut entendre l'hôtel du Luxembourg sur l'emplacement duquel avait été percée, de 1720 à 1725, la rue Neuve du Luxembourg, après achat par des entrepreneurs à François Frédéric, duc de Piney Luxembourg. L'hôtel de la Chancellerie se trouvait place Louis le Grand, aujour- d'hui place Vendôme. Piganiol écrit à son sujet, Description de Paris, t. II, p. 403 : « Luillier, un des fermiers généraux, fit élever une autre belle maison en 1702, laquelle, en 1706, fut vendue à Paul Poisson Bourvalais. Celui-ci en a joui jus- qu'en 1717 que le Roi l'ayant prise en payement d'une partie de la taxe, à laquelle la Chambre de Justice avoit condamné ce Traitant, de même que la maison voisine qui appartenoit à un autre Traitant nommé Villemarec. De ces deux mai- sons on n'en fit qu'une, sur la porte de laquelle est un marbre noir avec cette inscription : Hôtel du Chancelier de France. »
257. Lettre de Trudaine à Jules Robert de Cotte. Du 17 février 1743 [VI] (2312).
Inventaire ât R. de Cotte. 5
66 EXPROPRIATION DE TERRAINS DERRIÈRE LA CHANCELLERIE
Il lui envoie l'arrêt du Conseil le chargeant de lever le plan des terrains voisins de la Chancellerie et le prie de venir se concerter avec lui sur les mesures à prendre.
Note. Il s'agit de Daniel-Charles Trudaine, conseiller d'État depuis 1734, qui devint intendant des finances et directeur des Ponts et Chaussées en 1744.
258. Procès-verbal de la visite faite par Jules Robert de Cotte, en vertu de l'arrêt précédent, aux terrains des sieurs Crozat et Castagnier [VI] (2312).
Les deux terrains réunis mesurent 890 toises £ qui, à raison de iéo 1. la toise, valent 142.440 1. Les constructions projetées auraient été fort préjudiciables à l'hôtel du chancelier. D'autre part, celui-ci manque de basse-cour, d'écurie, de remise, de cuisine, d'office, de cour pour le fumier. Il serait donc bon que le roi achète les terrains qui se trouvent « dans l'étendue » du jardin du chancelier, soit 563 toises 4 pieds 4 pouces de superficie qui valent 90.195 1. 11 s. 1 d.
259. Autre procès-verbal de Jules Robert de Cotte, relatif à la même visite [VI] (2312).
Variante dans les conclusions. Au lieu de conseiller l'achat de la partie du terrain qui se trouve dans l'étendue du jardin du chance- lier, de Cotte propose l'acquisition du tout. Le surplus, inutile à l'hôtel du chancelier, pourra être revendu pour le compte du roi, dont la dépense ne s'élèvera ainsi qu'à 90.240 1.
260. Autre procès-verbal de Jules Robert de Cotte relatif à la même visite. Le 1er avril 1743 [VI] (2312).
Variante dans les conclusions. De Cotte propose l'achat d'une bande de terrain bien plus petite, évaluée seulement à 33.360 1., mais, pour empêcher qu'à l'avenir les propriétaires ne projettent des constructions nuisibles à l'hôtel du chancelier, il demande que le roi leur impose l'obligation de ne construire, sur le terrain qui leur res- tera, à plus de 20 pieds de haut, et seulement des bâtiments qui ne
EXPROPRIATION DE TERRAINS DERRIERE LA CHANCELLERIE 6j
pourront être couverts que d'un toit à la française et ne prendront pas vue sur le jardin du chancelier.
Note. D'après le mémoire des sieurs Crozat et Castagnier (voy. pièce n<> 262), c'est ce procès-verbal qui fut définitivement adopté.
261. Estimation de deux places appartenant aux sieurs Crozat de Tugny et au sieur Castagnier, adossées au jardin de monsieur le Chancelier [VI] (2312).
Les terres, de 865 toises de superficie, valent 103.800 1. On pour- rait en revendre pour 71.300 1. Reste une dépense de 32.500 1. environ. Les frais ne seraient pas considérables, tandis qu'il fau- drait abandonner tout projet si on laissait les propriétaires construire librement.
262. Mémoire des sieurs Crozat et Castagnier relatif aux terrains situés entre le mur de clôture du jardin de la Chancellerie et la rue Neuve du Luxembourg dont le roi veut les exproprier [VI] (2312).
Ce mémoire rappelle et analyse l'arrêt du 24 avril 1742 et le rap- port de J. R. de Cotte relatif à la solution à intervenir. Ce rapport se divise en deux parties. De Cotte, dans la première, conseille l'achat d'une partie du terrain pour l'agrandissement du jardin de la Chancellerie. Mais est-ce bien la question posée par l'arrêt du 24 avril, puisque, ce terrain acheté, il faut encore imposer des ser- vitudes aux propriétaires ? Si l'intérêt du roi est d'augmenter ce jar- din, les propriétaires s'y soumettront, demandant seulement que les angles du terrain dont on les exproprie soient arrondis, car ils y trouveront commodité pour la construction de bâtiments qui n'ont rien à voir avec la Chancellerie. Quant à la seconde partie du rapport, elle propose une chose parfaitement injuste. Il est impossible que le roi, après avoir acheté le quart d'un terrain à des propriétaires, veuille rendre les trois autres quarts inutilisables en les grevant de lourdes servitudes. Si le roi avait voulu agir ainsi, il n'aurait eu besoin de l'avis d'aucun expert, car il aurait commis un acte arbitraire. Deux partis seuls sont raisonnables : que le roi achète tout le ter-
68 EXPROPRIATION DE TERRAINS DERRIERE LA CHANCELLERIE
rain, ou qu'il n'en achète que la partie faisant suite au jardin de la Chancellerie ; mais qu'il ne charge pas de servitudes des terres dont il ne veut pas et auxquelles il enlève ainsi toute valeur. Quelle que soit la solution à intervenir, les propriétaires demandent, dès main- tenant, levée de l'interdiction de bâtir dont l'arrêt du 24 avril 1742 a inutilement frappé toute une partie du terrain qui n'a rien à voir avec le jardin de la Chancellerie.
263. Lettre de Trudaine à Jules Robert de Cotte. Du 3 août 1743 [VI] (2312).
Il envoie à de Cotte le mémoire précédent pour qu'il en juge. Qu'il examine le plus vite possible la demande des intéressés de construire sur les terrains dont, dans aucun cas, les jardins de la Chancellerie ne peuvent être agrandis.
264. Réponse au mémoire présenté par les sieurs Crozat et Castagnier en observation sur le procès-verbal d'avis, en exécution de l'arrêt du Conseil du 24 avril 1742... [VI] (2312).
La demande que forment les propriétaires au sujet de l'arrondis- sement des angles du lot de terrain dont le roi veut les expro- prier peut leur être accordée sans peine. Quant à la suppres- sion des servitudes, de Cotte ne croit pas, pour les raisons exposées dans son procès-verbal, qu'elle soit possible. Aussi la seule solution qui contenterait tout le monde serait l'achat par le roi de la totalité du terrain à 120 1. la toise.
265. Lettre de Trudaine à Jules Robert de Cotte. De Paris, le 24 août 1743 [VI] (2312).
Le rapport de J. R. de Cotte ne répond pas au point principal du mémoire de Crozat et Castagnier qui est la demande de permis- sion provisoire, formulée par les deux propriétaires, de bâtir sur le terrain qui n'est pas dans l'alignement de celui du chancelier. Que l'architecte veuille bien examiner ce point et ajouter son avis au rapport que lui renvoie Trudaine.
EXPROPRIATION DE TERRAINS DERRIÈRE LA CHANCELLERIE 69
266. Second rapport de Jules Robert de Cotte sur le mémoire de Crozat et de Castagnier [VI] (2312).
De Cotte répète que la meilleure solution pour tout le monde est l'achat du terrain complet. On peut accorder aux propriétaires la levée de l'interdiction de construire sur les terrains qui ne sont pas en question.
267. Mémoire pour servir à l'acquisition des terrains à bâtir qui sont à l'extrémité du jardin de l'hôtel de la Chancellerie de Paris, ayant face sur la rue du Luxembourg [VI] (2312).
La superficie totale des terrains est de 1.078 toises 2 pieds, dont 706 toises 3 pieds au président Crozat de Tugny, et 371 toises
5 pieds à M. de Castagnier. Une partie est grevée de servitudes, soit 392 toises 1 pied 6 pouces qui ne peuvent servir qu'à des jardins et doivent être estimées éo 1. la toise environ; les 686 toises 6 pieds libres de charges valent 160 1. la toise, soit en tout 133.308 1.
6 s. 8 d. Si le roi ne veut acquérir que la partie qui continue le jardin de la Chancellerie, soit 564 toises 2 pouces, dont 360 toises libres de servitudes, la dépense sera de 69.443 1. 6 s. 8 d.
268. Lettre de Trudaine à Jules Robert de Cotte. Du 13 décembre 1743 [VI] (2312).
Comme on a accordé à MM. d'Auriac et de Tugny, mainlevée des défenses qui leur ont été faites de bâtir sur les emplacements qu'on n'a pas en vue pour l'agrandissement du jardin de la Chan- cellerie, il faut, dans l'arrêt concernant cette mainlevée, déterminer exactement les limites de ces emplacements. On ne peut le faire sans un plan qu'on annexera à la minute de l'arrêt. Trudaine envoie à de Cotte celui que M. de Tugny a fait lever. Qu'il veuille bien le vérifier, et, s'il y a lieu, le certifier véritable.
Note. Il n'a pas encore été question dans toutes ces pièces de M. d'Auriac. C'est sans doute un autre nom de M. de Castagnier.
269. Fragment de mémoire indiquant exactement les terrains sur les- quels le roi a permis aux sieurs Crozat et Castagnier de bâtir [VI] (2312).
70 COUVENT DE LA VILLE-L EVEQ.UE
270. Lettre de Le Norraant de Tournehera à Jules Robert de Cotte. De Versailles, le 28 septembre 1747 [Estampes. Topog., Paris, Va 234] (2478).
Le roi ayant consenti à l'acquisition du terrain derrière la Chan- cellerie, Gabriel et J. R. de Cotte sont chargés conjointement de l'estimation : comme Gabriel est obligé d'être à Choisy quand le roi y sera, il faut faire cette opération un jour de chasse.
PARIS — PIÈCES NON DATÉES
Couvent de la Ville-VEvêque.
271. Devis des ouvrages que S. A. S. Madame la princesse de Conti, première douairière , désire faire bâtir dans l'intérieur du couvent des dames bénédictines de la Ville-l'Évêque, endossés contre l'église, au dessus de l'oratoire de la petite chapelle et de la sacristie intérieure, contenant environ 7 toises 2 pieds de longueur compris l'escalier d'augment,... sur environ 13 pieds § de large, hors œuvre [IV] (1335).
« Les trois pièces destinées pour S. A. S. sont composées d'une antichambre qui conduit à une oratoire où il y a une tribune pour entendre le service divin et la troisième pièce servira de cabinet, et, au dernier palier de l'escalier, on entrera dans une pièce en saillie pour la chaise d'un côté, et de l'autre des lieux communs. »
Plans 1333. Plan de l'église et de partie du couvent des Bénédictines de la Ville- l'Évêque. — 1334- Élévation du bâtiment neuf dudit couvent.
Notes. Il s'agit du couvent des Bénédictines de la Ville-l'Évêque, fondé sous le titre de Notre-Dame de Grâce, le 12 avril 161 3, par Catherine et Marguerite d'Orléans Longueville. Voy. Piganiol, Description de Paris, t. II, p. 442 et suiv. La duchesse et princesse de Conti, première douairière, est Mlle de Blois, veuve, le 9 novembre 1685, de Louis Armand, prince de Conti.
272. État de la dépense à faire pour la tribune de S. A. S. Madame la princesse de Conti, première douairière au couvent de La Ville-l'Évêque [IV] (1335).
Le total s'élève à 7.240 1.
273. Autre exemplaire du même état [IV] (1335).
ÉGLISE DES GRANDS-AUGUSTINS — CHAPELLE DES CONDÉ 71
Église des Grands- Augustins.
274. Détail du projet pour l'église des Grands Augustins depuis le dedans œuvre du portail jusque, et y compris, les piliers de la croisée [VJ (1666).
Trois projets sont prévus. Le projet A, plus complet et plus détaillé ici que les deux autres, coûterait 747.000 1., en gros 800.000 1. Le projet B coûterait 678.000 1., en gros 700.000 1. Le projet C coûterait 660.000 1., en gros 700.000 1.
Plans 1657. Plan du couvent des Grands Augustins de Paris avec cinq différents projets pour l'église dudit couvent. — 1658. Autres plans et projets idem. — 1659-1660. Dessin d'une partie du chœur de ladite église et de la salle des Chevaliers du Saint-Esprit. — 1661 à 1663. Profils de l'église et des bâtiments dudit couvent. — 1664-1665. Profils et coupe pour les projets de ladite église. — 1666. Détail des projets pour ladite église.
Notes. On lit dans Piganiol, Description de Paris, 1742, t. VI, p. 170 : « ... Ce
fut Charles V qui eut la principale part à la construction de cette église Malgré
tant de soucis et de temps, on peut dire que cette église n'en est pas plus belle et qu'elle se ressent du mauvais goût du siècle où elle a été bâtie. On a formé plu- sieurs fois le dessein d'en faire bâtir une, en sa place, qui fût de meilleur goût et plus magnifique. Tout ce qu'il y a aujourd'hui d'habiles architectes en France ont donné à l'envi des desseins, mais jusqu'ici tous ces projets n'ont point eu d'exécu- tion. »
L'église des Grands Augustins fut en partie abattue lors de la suppression des ordres monastiques. Une vingtaine d'années plus tard, on acheva de la démolir pour bâtir à sa place le marché à la volaille et au gibier (Saint-Victor, III, p. 547).
275. Extrait du détail de l'église des Grands Augustins [V] (1666). Mêmes totaux que dans la pièce précédente.
Chapelle des Princes de Condé, à l'église des Jésuites.
276. Devis de l'ouvrage de marbre et bronze qu'il convient faire à l'une des arcades de la chapelle des sérénissimes Princes de Condé, en l'église royale des R. P. Jésuites de la rue Saint-Antoine où sont en dépôt les cœurs des sérénissimes Princes de Condé [IJ (248).
72 MAISON RUE DES VICTOIRES — HOTEL DE VILLEROY
Il s'agit du mausolée de M. le Prince. L'ouvrage se compose d'un groupe représentant la Vertu, du piédestal et du socle, d'un bas- relief représentant un sujet de batailles, de Victoires et différentes décorations moins importantes. Le devis s'élève à 30.000 1.
Plans 243 à 247. Plan de la chapelle des Princes de Condé dans l'église des Grands Jésuites, avec cinq différents dessins pour un mausolée de M. le Prince.
Note. Ce devis se rapporte sans doute au monument que le président Perrault fit élever à Henri de Bourbon, prince de Condé, et que décrit Piganiol, Description de Paris, 1742, t. IV, p. 381. Il est peu probable, quoique les dates semblent mieux s'accorder, qu'il s'agisse ici des travaux que fit exécuter, en 171 1, dans la chapelle, Louis-Henri, duc de Bourbon. C'est en 1663 que furent posés les Vertus et les bas-reliefs. En 171 1, Louis Henri fit simplement « incruster de différents marbres l'arbre qui perce sous le gros jambage du dôme, et fit mettre une figure d'ange au milieu de l'arc, de face, accompagnée d'une urne, de plusieurs ornements, le tout en bronze doré » (Piganiol, op. cit., t. IV, p. 383).
Maison n° 16 rue des Victoires.
277. Résumé d'un contrat d'échange passé entre M. Sonnier et M. Ber- quet (ou Bouquet), concernant la maison portant le n° 16 de la rue des Victoires [I] (418).
Le second cède la maison au premier moyennant 8.500 1., plus une rente de 50 1. au principal de 1.000 1.
Hôtel de Villeroy.
278. Détail des travaux de maçonnerie, charpenterie, couverture, plomb, menuiserie, serrurerie, sculpture, glaces, fers, peintures, etc., à exécuter à l'hôtel de Villeroy [II] (847).
Sur un feuillet détaché joint à cette pièce on lit : « Suivant le premier dessein, la dépense monte à 75.000 1., et suivant le second à 90.000 1. »
Plans 835. Plan de l'hôtel de Lesdiguières avec le jardin, prés de l'Arsenal. — 836. Plan des caves dudit hôtel. — 837. Plans du rez-de-chaussée, premier et
MAISON YVON — HOTELS DE PONTCHARTRAIN, DE BERINGHEN 73
second étage dudit hôtel. — 838. Plan d'une partie dudit hôtel avec projets. — 839 à 842. Autre partie de plans et autres projets. — 843 à 846. Profils et éléva- tion dudit hôtel.
Notes. L'hôtel de Villeroy, c'est l'hôtel de Lesdiguières, rue de la Cerisaye, bâti par Sébastien Zamet et qu'on appela le palais d'Amour parce que Henri IV y conduisait souvent ses maîtresses. A la mort de la duchesse de Beaufort, Fran- çois Bonne, duc de Lesdiguières, l'acheta aux enfants de Zamet. Sa postérité éteinte, l'hôtel passa aux Neuville-Villeroy, mais continua à s'appeler de Lesdi- guières. Piganiol note (pp. cit., éd. de 1742, t. IV, p. 34-35), qu'il fut vendu à des entrepreneurs pour y percer une rue allant de la rue de la Cerisaye à la rue Saint- Antoine. Cette rue ne fut percée qu'en 1765. Il ne peut s'agir ici de l'hôtel de Villeroy, rue de Varenne, dont Piganiol dit